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Bible & textes fondateurs (9)

Par Rolpoup :: mercredi 25 juin 2008 à 21:52 :: KT Adultes


 

 

 

 


 

 

9)               26 juin
            Le texte et le lecteur
 

 

 

 

 

Antiquité :

Trois sens des Écritures correspondant à la trichotomie corps-âme-esprit, et à différents plans de la création : matière physique, corporéité spirituelle, pure spiritualité // sens littéral, sens moral, sens allégorique. (Chez Philon d’Alexandrie, puis dans l’école chrétienne d’Alexandrie : Clément, Origène…)

Cf. Paul aux Galates — à propos de Sara et Agar : « Il y a là une allégorie; car ces femmes sont les deux alliances. » (Galates 4:24)

 

 

 

Moyen-Âge (cf. H. de Lubac, Exégèse médiévale, Les quatre sens de l’Écriture, Paris, Aubier, 1959-1961) :
Quatre sens des Écritures — le troisième sens est subdivisé :
1 : sens littéral,
2 : sens moral,
3 + 4 : sens allégorique, sens anagogique.

 

Exemple classique :
« La même Jérusalem pourra revêtir quatre acceptions différentes : au sens historique, elle sera la cité des Hébreux ; au sens allégorique, l’Église du Christ ; au sens anagogique, la cité céleste, 'qui est notre mère à tous' ; au sens tropologique (ou ‘moral’), l’âme humaine ». (Jean Cassien)

 

(Une doctrine des quatre sens — différente — est pratiquée dans la tradition juive pour l'étude de la Torah :

  • Pshat : littéral ;
  • Remez : allusif — littéralement : allusion ;
  • Drash : allégorique — littéralement : creuser, sonder, chercher ;
  • Sod — kabbale : mystique — littéralement : secret.)



Renaissance
(et Réforme) :
Insistance sur le sens naturel (ou littéral) contre les excès et l’arbitraire de l’habitude de tout lire en un sens qui n’est pas celui qui apparaît immédiatement.

Volonté de ‘retour’ au sens historique et à la recherche du contexte historique (jusqu’aux développements historico-critiques).

 

 

 

Approche contemporaine :

Insistance sur le rôle du lecteur d’un texte (de tout texte — ce qui s’applique aussi à la Bible).

Ex : Umberto Eco, Lector in fabula, le rôle du lecteur ou la coopération interprétative dans les textes narratifs, éd, Grasset et Fasquelle, (traduction française), 1985.

Cit. Mohamed Semlali (http://membres.lycos.fr/marocagreg/doss/culture/lector.php
) :

« Le texte, souligne Eco (p.61), tel qu’il apparaît dans sa surface (ou manifestation) linguistique, représente une chaîne d’artifices expressifs qui doivent être actualisés par le destinataire. » Le texte se présente effectivement comme une machine paresseuse, et comme un objet incomplet qui a besoin d’un lecteur pour deux raisons : 1- chaque texte fait référence à un code donné : il a besoin d’un lecteur ou d’un destinataire  qui a une compétence linguistique qui le rend capable d’actualiser ce texte. 2- le texte se distingue d’autres types d’expression par sa complexité, une complexité qu’il doit au tissu de non-dit qu’il renferme (non-dit au sens de non- manifesté au niveau de l’expression) : Ces non-dits doivent justement être actualisés par le lecteur. C’est pour ces deux raisons, affirme Umberto Eco (p.62) que « le texte, d’une façon plus manifeste que tout autre message, requiert des mouvements coopératifs actifs et conscients de la part du lecteur ». Cette coopération se manifeste déjà au niveau linguistique, des déictiques, des co-références, du contexte et du co-texte. Le texte exige un lecteur capable aussi d’élucider les présupposions de chaque énoncé. C’est que le texte, comme le définit encore une fois Eco « est un tissu d’espaces blancs, d’interstices à remplir et celui qui l’a émis prévoyait qu’ils seraient remplis et les a laissés en blanc pour deux raisons : d’abord parce qu’un texte est un mécanisme paresseux (ou économique) qui vit sur la plus-value de sens qui y est introduite par le destinataire ; ensuite- à mesure que le texte passe de la fonction didactique à la fonction esthétique, un texte veut laisser au lecteur l’initiative interprétative (…) un texte veut que quelqu’un l’aide à fonctionner » (p.63) Chaque texte d’ailleurs prévoit un Lecteur Modèle qui a les compétences nécessaires pour l’actualiser.

 

Eco critique, du reste, le modèle communicatif, notamment la notion de code partagé entre le destinateur et le destinataire du message. Il rappelle que la compétence du destinataire et celle de l’émetteur ne sont pas nécessairement identiques, d’autant plus que le code linguistique n’est pas suffisant à lui seul pour comprendre un message linguistique. Dans ce sens, le véritable garant de la coopération interprétative du lecteur se situe au sein du texte lui-même, dans la mesure où chaque texte renferme son propre mécanisme génératif. Cette réalité conditionne non seulement l’acte de lecture, mais aussi l’acte d’écriture : « générer un texte, affirme Eco (p.65), signifie mettre en œuvre une stratégie dont font partie les prévisions des mouvements de l’autre. » Dans le même sens, Eco ajoute (p.67) que l’auteur, lors de la composition de son texte, prévoit «  un Lecteur Modèle (…) capable d’agir interprétativement comme lui a agi générativement. » L’émetteur (ou l’auteur) d’un texte a besoin de prévoir son lecteur modèle non seulement pour satisfaire ses horizons d’attente, mais aussi quelques fois pour les décevoir. D’ailleurs, comme tient à le préciser Eco, prévoir le lecteur modèle ne signifie pas seulement, pour l’émetteur, en espérer l’existence, « cela signifie aussi, dit-il (p.68), agir sur le texte de façon à (…) construire [ce lecteur modèle]. Un texte repose donc, ajoute-t-il, sur une compétence mais, de plus, il contribue à la produire. »

 

[Parallèle avec : « ce que les rabbins appelleront le blanc du texte […,] censé contenir plus que le noir donc plus que l’écrit. L’implicite est plus puissant que l’explicite. » Y. Dalsace.  Cf. rencontre AJC Draguignan.]

 

Toujours en rapport avec le lecteur modèle, Umberto Eco distingue l’interprétation de l’utilisation du texte. En fait, le travail d’interprétation n’est vraiment possible que lorsque nous sommes devant un texte ouvert, c’est-à-dire, devant un texte qui permet diverses interprétations possibles : l ‘auteur de ce genre de textes fait en sorte que chaque interprétation rappelle d’autres, et que « s’établissent entre elles une relation non point d’exclusion , mais bien de renforcement mutuel. » […]

L’interprétation du texte ouvert suppose une « dialectique entre la stratégie de l’auteur et la réponse du lecteur modèle. » A partir de cela, il apparaît que chaque texte contient déjà en lui comme stratégie textuelle son lecteur modèle, mais aussi son auteur modèle, c’est-à-dire, l’auteur comme hypothèse interprétative. L’idée qu’on se fait de l’auteur du texte dirige effectivement notre propre interprétation […]. »

 

 


 

 

KT ados - Séance du 7 juin 2008

Par Rolpoup :: dimanche 01 juin 2008 à 7:42 :: KT Ados




Séance de clôture de l'année :

le samedi 7 juin à 15 h 00

au temple de Nice, av. Victor Hugo

Sortie du « Triangle » :





Roland Engel
Catherine Paira – Sylvain Piron

racontent la Bible
des conteurs, jouent, chantent et dansent Dieu

au son de leurs accordéons, psaltérions, flûtes, cornemuses, guitare, mélodica, ocarina et instruments divers…





KT ados - Séance du 31 mai 2008

Par Rolpoup :: samedi 24 mai 2008 à 12:04 :: KT Ados

 

 



 

Année 2007-2008

 

 

 

VII )  31 mai 2008 – « Appelés à être saints »

 

 

Lévitique 20, 8 : « Vous observerez mes règles, et vous les mettrez en pratique. Je suis l’Éternel, qui vous sanctifie. »

Jean 17, 17 : Jésus prie son Père en disant : « Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité. »

Ézéchiel 37, 26-28 :  « Je conclurai avec eux une alliance de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux; je les établirai, je les multiplierai et j’établirai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera parmi eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple, et les nations reconnaîtront que je suis l’Éternel qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d’eux. »

Matthieu 6, 9-13 :
Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié
,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons
aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous soumets pas à la tentation
mais délivre-nous du mal,
car c'est à toi qu'appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles.
Amen.


La sainteté est le fait de Dieu seul. Il est à part. Comme très spécial, très précieux. Digne de tout amour. Son nom est entouré d’un grand respect. Et le fait qu’il ait passé une Alliance avec nous, nous communique cette sainteté. Être chrétien, selon que l’on est entré dans l’Alliance lors de la première Pentecôte, est donc quelque chose de très spécial.

Comme était très spécial le fait d’être appelé à être le peuple de Dieu dans l’Exode ou dans le livre du Prophète Ézéchiel. Puisque Dieu nous sanctifie en nous donnant son Nom, nous sommes appelés être saints.

C’est-à-dire à recevoir le désir de lui plaire, d’obéir à ses préceptes, de vivre comme Jésus a vécu son temps terrestre.

La sainteté répond à la vocation de tout homme d’être proche du Christ — dans cette situation que l'on nomme « communion » avec lui.

C'est une chose impossible à l'homme mais pas à Dieu : tout au long de la Bible hébraïque, on retrouve l’affirmation que seul Dieu est saint. Et on trouve aussi la vocation du peuple à participer à sainteté. L'apôtre Paul parlera des saints pour désigner les chrétiens vivant dans telle ou telle ville.

La sainteté exprime l'état de communion avec Dieu, par la foi.

On est donc au-delà de la compréhension commune et populaire — où les saints sont ceux qui, comme le « Bon Larron » à qui le Christ dit "Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis", sont parvenus à la béatitude éternelle.


Excursus :
Très tôt dans l’histoire du christianisme on en est venu à l’idée que ces croyants parvenus au Paradis, auxquels on finira par réserver le titre de « saints », prient pour les hommes ici-bas (selon une compréhension courante de la communion des saints). Parmi les défunts, étaient réputés saints et vénérés les apôtres et les martyrs. Puis d'autres « saints », comme certains ascètes, seront vénérés plus tard. Petit à petit, la notion de « saint » s'est élargie, et de nombreuses personnalités locales dans l'Église primitive et parmi les populations nouvellement christianisées ont acquis la réputation de sainteté. Jusqu’à l’invention de la procédure de canonisation au XIIIe siècle, ce n’est pas la hiérarchie qui décide de la sainteté, mais la
vox populi
. Aujourd'hui, la reconnaissance officielle du statut de « saint » passe par l'inscription dans le calendrier de l'Église catholique (le « calendrier des saints »), appelé martyrologe. Tous ces « saints », qui n'ont pas forcément été officiellement reconnus ici-bas comme tel, sont fêtés ensemble le jour de la Toussaint. Les « saints » inscrits au calendrier sont ceux qui, pour l'Église catholique romaine, font l'objet d'un culte public (à l'instar de l'Église orthodoxe) dit « culte de dulie », lequel s'oppose au « culte de lâtrie » qui n'est dû qu'à Dieu. Dans le cas de Marie, une exception est admise, qui se nomme hyperdulie et qui se manifeste dans les sites d'apparition. Le protestantisme se distingue du reste du christianisme notamment par son refus du culte des « saints » (et de leurs reliques).


La Bible déclare sainte toute personne ayant reçu la sainteté de Dieu comme donnée au peuple que Dieu s’est allié, car tous sont pécheurs devant Dieu (cf. Hébreux 10.29 et Romains 3.10-18). Ce sens du mot saint — comme synonyme de chrétien — est le plus courant dans le protestantisme.

Le salut — et la sainteté — est dû à l'initiative de Dieu seul (sola gratia, sola fide, « par la grâce seule, par la foi seule »), ce qui implique que « Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent ». De ce fait, on s'abstient de déclarer quiconque saint. La sainteté est une vocation, un appel à recevoir ce qui nous a été donné : pour nous chrétiens, elle est dans le fait d’être porteur de ce nom de « chrétiens ».

Dans la reconnaissance que le culte n'est dû qu'à Dieu seul (Soli Deo gloria, « à Dieu seul la gloire »).



Et n’oubliez pas : le samedi 7 juin à 15 h 00
au temple de Nice, av. Victor Hugo
Sortie du « Triangle » :




 

 

 

Bible & textes fondateurs (8)

Par Rolpoup :: mercredi 21 mai 2008 à 11:19 :: KT Adultes


 

 

 

 


 

8)               22 mai
            Canon « protestant » vs « deutérocanoniques »
 

 

 

« L'antithèse entre « sola scriptura » et « l'Église et la tradition » apparaît au XVIème siècle, quand les réformateurs, s'insurgeant contre la profusion des traditiones humanae qui font obstacle au message du Christ, prônent un retour au cœur même de l'Évangile. En fait, il faut bien voir que c'est à cette époque seulement que commence véritablement à prendre forme la réflexion sur la tradition en tant que telle : l’intérêt de ce débat était resté, sauf exceptions, globalement inaperçu, ou plutôt la tradition n’apparaissait pas jusqu'alors comme un problème. Parce qu’il a suscité une prise de conscience, le « sola scriptura » des Réformateurs a ainsi poussé l’Église catholique à préciser et formaliser sa compréhension de la tradition.

Quelle est donc l’intention des réformateurs à cette époque ? Non pas de rejeter en bloc la tradition : il apparaît trop clairement que l’Évangile, pour nous parvenir, doit essentiellement nous être transmis, voire que l’Écriture est elle-même peut être comprise comme étant le fruit d'une tradition d'abord orale. Comme le souligne le théologien allemand Ebeling « le sola scriptura est si peu hostile à la tradition qu'il constitue au contraire par lui-même une certaine forme de principe de tradition ». Le but des réformateurs est donc plutôt de mettre en garde contre des excès, de discerner ce qui, dans la pratique de l’Église, est essentiel, et ce qui relève d’institutions humaines au fond secondaires. Il ne s’agit pas de répudier la tradition, mais de distinguer dans la foi ce qui est fondamental de ce qui ne l’est pas : il faut réaffirmer que la seule norme de la foi est l’Écriture.

C'est ainsi que la confession d'Augsbourg (luthérienne — et on pourrait dire, mutatis mutandis, l’équivalent des Confessions réformées, d’autant plus qu’elles sont souvent moins conciliatrices) ; la confession d'Augsbourg insiste sur les effets éventuellement pervers de la multiplication de traditions qui détournent l'attention du croyant de l'essentiel. Ce texte, rédigé en 1530 par Mélanchton, a une intention conciliatrice : il s'agit pour les défenseurs de Luther, d'éviter la rupture avec Rome. Les rédacteurs vont donc s'employer à montrer que leurs critiques ne font pas d'eux des hérétiques, mais conservent intact l'essentiel de la foi. Pour étayer sa critique de traditions qu'il juge envahissantes, Mélanchton élève ainsi une série de mise en gardes.

Tout d'abord, trop de tradition tue l'esprit. Évoquant la multiplication des rites, interdits alimentaires, consignes vestimentaires, jeûnes, etc., Mélanchton regrette que « de telles traditions ont aussi obscurci les commandements de Dieu ». Ensuite, « ces traditions ont fini par peser lourdement sur les consciences » : le croyant, effrayé par une profusion de rites parfois contradictoires, détourne craintivement son attention vers le respect scrupuleux de pratiques tout à fait secondaires à la foi. Au lieu d'apporter une foi rédemptrice, la tradition ainsi comprise entrave. Dans la confession d'Augsbourg, l'argumentation consiste précisément à montrer que les futurs réformés conservent intacts les principes de la foi, que les dissensions ne portent que sur des aspects inessentiels : « les dissensions et les querelles portent avant tout sur certaines traditions et sur certains abus ». Par conséquent, plaide Mélanchton, toujours dans une visée conciliatrice, « il serait équitable de la part des évêques de se montrer plus modérés, même s'il y avait chez nous quelque chose qui laisse à désirer en ce qui concerne les traditions ».


Dans cette première lecture, le principe de « sola scriptura » vise ainsi à revenir à l'essentiel, contre des rites qui obscurcissent la foi. Mais si l'établissement d'une telle hiérarchie entre l'Écriture et les traditions est possible, c'est en effet en vertu du principe fondamental que seule la foi justifie : l'observance de rites n'est pas le moyen pour le croyant de mériter son salut. L'attaque contre la tradition, abordée ainsi par le biais de la question de la justification, se fait alors beaucoup plus virulente : la tradition recèle le danger d'une perte du croyant dans la minutie d'un rituel, dans la conviction fausse que l'observance de la tradition pourrait justifier. A cet égard, l'Apologie de la confession d'Augsbourg l'affirme avec une certaine violence : « A quoi bon discourir quand la chose est patente ? En prenant la défense de ces cultes humains, en disant qu'ils méritent la justification, la grâce et la rémission des péchés, nos adversaires établissent tout bonnement le règne de l'Antéchrist ».

A quoi sert une tradition, à qui sert une tradition ? Une tradition guide le croyant certes, mais elle ne lui permet pas de gagner le salut par l'observance d'un rite ; elle lui permet d'avoir part à l'annonce du salut, mais pas à le mériter. « Nous ne méritons pas la rémission des péchés ou la grâce par l'observation de traditions humaines ». Et les auteurs de l'Apologie de la confession d'Augsbourg de citer Matthieu 15, 9 : « C'est en vain qu'ils me rendent un culte à l'aide de préceptes humains ».

Au temps de la Réforme, se développe donc une lecture critique des traditions au nom du principe de justification par la foi seule : et cette foi est donnée au croyant dans l'Écriture sainte. L'affirmation du sola scriptura a donc une double portée : l'Écriture est la seule norme de la foi, et cela parce que seule la foi justifie. »

(D’après Solange Chavel :

http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/seneve/numeros_en_ligne/paques03/seneve004.html
)

*


On peut distinguer la Tradition apostolique — le Nouveau Testament , de la tradition en un sens plus large, tissée de « traditions humaines ».

Il est en outre faux de dire que le principe « sola scriptura » induit un rejet de la tradition. Simplement la Réforme ne reconnaîtra pas Rome et les autorités rassemblées sous son magistère comme référence normative de la tradition authentique.

Or la « deutéro-canonisation » des écrits vétéro-testamentaires non-hébraïques en relève.


Le canon juif

(cf. http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=5409.88 - très remanié)


Paul écrit que « les oracles de Dieu ont été confiés aux juifs » (Romains 3 v. 2).
 
Une simple consultation des
textes hébraïques ou des versions juives montre que les juifs acceptent 39 (ou 22) livres comme inspirés. 
L'historien Josèphe affirme que le nombre de livres tenus pour divins par les juifs sont au nombre de 22 et repousse les autres livres,
« écrits depuis Artaxerxès », comme n'ayant qu'une autorité humaine.

Les apocryphes / deutérocanoniques
On a appelé antan
apocryphes, c'est-à-dire cachés, des livres que les juifs n’ont pas reconnus dont ceux qui se trouvent actuellement dans certaines versions de la Bible. Quoique compris sous un même nom, ils diffèrent par la langue originale (hébreu, et araméen vs grec). 

Au troisième siècle avant J.C., la langue grecque était la plus répandue. Ptolémée Philadelphe demanda la traduction des écrits religieux juifs — c’est
la version des « Septante », version grecque de la Bible, contenant des écrits en grec absents de la Bible hébraïque. 

Au quatrième siècle, la langue commune est le latin. Jérôme, chargé de traduire
la Bible en latin y inclut les écrits grecs de la version des « Septante » — les « apocryphes ». Jérôme a cependant son avis sur la question des apocryphes : « tout ouvrage qui ne figure pas parmi les 24 livres (Initialement on en comptait 22 ou 24 mais il s'agit toujours des mêmes écrits regroupés de façon différente. Par exemple, les douze «petits prophètes» ne comptaient que pour un livre dans les anciennes éditions) de la Bible hébraïque, doit être considéré comme apocryphe, c'est-à-dire non canonique », écrit-il.

Augustin les fit admettre aux Conciles d'Hippone et de Carthage, mais seulement comme livres qui pourraient être lus et cités. 

Au seizième siècle, au concile de Trente (1546 - 1563), les autorités catholiques romaines réunies ratifièrent l'exclusivité de
la Vulgate comme version officielle de l'Église romaine ; incluant lesdits « apocryphes », qui furent alors portés au bénéfice de l’inspiration divine : ils devinrent les livres « deutérocanoniques » (deuxième canon).


*


Où apparaît au cœur du choix du texte biblique le débat Écriture-Tradition ecclésiastique selon l’autorité romaine, qui fait norme jusqu’au cœur de l’Écriture, dans le choix du texte des Écritures.

Ne reconnaissant pas l’autorité romaine comme norme de la tradition, les réformateurs ne reconnaîtraient naturellement pas ces livres comme inspirés — au mieux gardent-ils la place qu’ils ont avant le Concile de Trente : seconde. En aucun cas Écriture. Le canon de l’ « Ancien Testament » sera le canon de
la Bible hébraïque, selon que « les oracles de Dieu ont été confiés aux juifs » (Romains 3, 2).





KT ados - Séance du 17 mai 2008

Par Rolpoup :: lundi 05 mai 2008 à 21:20 :: KT Ados

 

 

 

Année 2007-2008

 

           Et en cliquant ici -> Prochaines séances KT ados

 

 

 

 

VI )  17 mai 2008 – « par la foi seule »

 

 

(Avec André Garrot)

 

 

 

Romains 1/ 16-17

 

16  Car je n’ai pas honte de l’Evangile: il est puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif d’abord, puis du Grec.

17  C’est en lui en effet que la justice de Dieu est révélée, par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit: Celui qui est juste par la foi vivra.

 

 

 

Romains 4

 

1  Que dirons-nous donc d’Abraham, notre ancêtre? Qu’a-t-il obtenu selon la chair?

2  Si Abraham a été justifié par ses oeuvres, il a de quoi s’enorgueillir, mais non devant Dieu!

3  En effet, que dit l’Ecriture? Abraham eut foi en Dieu, et cela lui fut compté comme justice.

4  Or, à celui qui accomplit des oeuvres, le salaire n’est pas compté comme une grâce, mais comme un dû.

5  Par contre, à celui qui n’accomplit pas d’oeuvres mais croit en celui qui justifie l’impie, sa foi est comptée comme justice.

6  C’est ainsi que David célèbre le bonheur de l’homme au compte duquel Dieu porte la justice indépendamment des oeuvres:

7  Heureux ceux dont les offenses ont été pardonnées et les péchés remis,

8  Heureux l’homme au compte de qui le Seigneur ne porte pas le péché.

9  Cette déclaration de bonheur ne concerne-t-elle donc que les circoncis, ou également les incirconcis? Nous disons en effet: la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice.

10  Mais dans quelles conditions le fut-elle? Avant, ou après sa circoncision? Non pas après, mais avant!

11  Puis le signe de la circoncision lui fut donné comme sceau de la justice reçue par la foi, lorsqu’il était incirconcis; ainsi devint-il à la fois père de tous les croyants incirconcis, pour que la justice leur fût comptée,

12  et père des circoncis, de ceux qui non seulement appartiennent au peuple des circoncis, mais marchent aussi sur les traces de la foi de notre père Abraham, avant sa circoncision.

13  En effet, ce n’est pas en vertu de la loi, mais en vertu de la justice de la foi que la promesse de recevoir le monde en héritage fut faite à Abraham ou à sa descendance.

14  Si les héritiers le sont en vertu de la loi, la foi n’a plus de sens et la promesse est annulée.

15  Car la loi produit la colère; là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression.

16  Aussi est-ce par la foi qu’on devient héritier, afin que ce soit par grâce et que la promesse demeure valable pour toute la descendance d’Abraham, non seulement pour ceux qui se réclament de la loi, mais aussi pour ceux qui se réclament de la foi d’Abraham, notre père à tous.

17  En effet, il est écrit: J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de peuples. Il est notre père devant celui en qui il a cru, le Dieu qui fait vivre les morts et appelle à l’existence ce qui n’existe pas.

18  Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi le père d’un grand nombre de peuples, selon la parole: Telle sera ta descendance.

19  Il ne faiblit pas dans la foi en considérant son corps-il était presque centenaire-et le sein maternel de Sara, l’un et l’autre atteints par la mort.

20  Devant la promesse divine, il ne succomba pas au doute, mais il fut fortifié par la foi et rendit gloire à Dieu,

21  pleinement convaincu que, ce qu’il a promis, Dieu a aussi la puissance de l’accomplir.

22  Voilà pourquoi cela lui fut compté comme justice.

23  Or, ce n’est pas pour lui seul qu’il est écrit: Cela lui fut compté,

24  mais pour nous aussi, nous à qui la foi sera comptée, puisque nous croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur,

25  livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

 

 

 

Romains 5/ 12-20

 

12  Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a atteint tous les hommes: d’ailleurs tous ont péché…

13  car, jusqu’à la loi, le péché était dans le monde et, bien que le péché ne puisse être sanctionné quand il n’y a pas de loi,

14  pourtant, d’Adam à Moïse la mort a régné, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression identique à celle d’Adam, figure de celui qui devait venir.

15  Mais il n’en va pas du don de grâce comme de la faute; car, si par la faute d’un seul la multitude a subi la mort, à plus forte raison la grâce de Dieu, grâce accordée en un seul homme, Jésus Christ, s’est-elle répandue en abondance sur la multitude.

16  Et il n’en va pas non plus du don comme des suites du péché d’un seul: en effet, à partir du péché d’un seul, le jugement aboutit à la condamnation, tandis qu’à partir de nombreuses fautes, le don de grâce aboutit à la justification.

17  Car si par un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a régné, à plus forte raison, par le seul Jésus Christ, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice.

18  Bref, comme par la faute d’un seul ce fut pour tous les hommes la condamnation, ainsi par l’œuvre de justice d’un seul, c’est pour tous les hommes la justification qui donne la vie.

19  De même en effet que, par la désobéissance d’un seul homme, la multitude a été rendue pécheresse, de même aussi, par l’obéissance d’un seul, la multitude sera-t-elle rendue juste.

20  La loi, elle, est intervenue pour que prolifère la faute, mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé.

 

 

 

 

Prochaines séances KT ados

Par Rolpoup :: dimanche 04 mai 2008 à 18:00 :: KT Ados


 

 


17 mai – « par la foi seule »

             de 10h à 12 h au temple d'Antibes

31 mai – « appelés à être saints »

            de 10h à 12 h au temple d'Antibes



7 juin — (Sortie « Triangle »)
            à partir de 15 h 00
            au temple de Nice, av. Victor Hugo
            rencontre avec Roland Engel,
            spectacle "paraboles ! fariboles ?"
 
 
 
 



KT ados - Séance du 3 mai 2008

Par Rolpoup :: lundi 28 avril 2008 à 9:34 :: KT Ados

 

 

 

 

Année 2007-2008

 

 

V )   3 mai 2008 – En vue de Pentecôte

 

 

Actes 2

1  Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble.

2  Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent: la maison où ils se tenaient en fut toute remplie;

3  alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux.

4  Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

5  Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.

6  A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue.

7  Déconcertés, émerveillés, ils disaient: "Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens?

8  Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle?

9  Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie,

10  de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici,

11  tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu."

12  Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres: "Qu’est-ce que cela veut dire?"

13  D’autres s’esclaffaient: "Ils sont pleins de vin doux."

14  Alors s’éleva la voix de Pierre, qui était là avec les Onze; il s’exprima en ces termes: "Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem, comprenez bien ce qui se passe et prêtez l’oreille à mes paroles.

15  Non, ces gens n’ont pas bu comme vous le supposez: nous ne sommes en effet qu’à neuf heures du matin;

16  mais ici se réalise cette parole du prophète Joël:

17  Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes;

18  oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes."

 

 

 

 

 

 

L’Alliance pour toutes les nations

 

 

"Pentecôte" signifie cinquantième jour après la fête de Pâques. C'est, dans la Bible hébraïque, la fête des "semaines", Shavouoth, sept semaines (cinquante jours) après la Pâque. Il s'agit de la fête des prémisses, la récolte des premiers fruits. C'est aussi le souvenir du don de la Torah.

 

Pour le christianisme, ce sera la commémoration des prémisses de la "récolte" des nations dans l'Alliance que Dieu a passée avec son peuple ; et la célébration du don de la Torah qui s'inscrit dans le cœur des croyants par le don de l'Esprit saint.


 

 

 

Fête des premiers fruits qui mûrissent déjà, la Pentecôte signifie alors les premiers temps de ce fruit de l’histoire du peuple de Dieu : le temps est mûr pour l’entrée des nations dans l'Alliance. Jusqu'alors, l'Alliance de Dieu avec les hommes concerne le peuple juif ; elle se marque par la circoncision et par des règles alimentaires : la classification des nourritures en pures et impures et le refus de l'idolâtrie des peuples qui consacrent viandes et vins à leurs divinités.

 

Le récit du livre des Actes marque un tournant : les autres nations entrent à leur tour dans l’Alliance. C'est le sens même du miracle des langues. Voilà que l'Esprit saint donne aux disciples de célébrer Dieu dans les langues de toutes les nations, d’où viennent les juifs présents à Jérusalem pour la fête. Dieu annonce ainsi que le culte peut se faire les langues de tous les peuples. Ce sont les premières récoltes du temps où on loue Dieu plus seulement en hébreu.

 

Ce cheminement de l'Église est l’œuvre de l’Esprit saint.

 

Ce n'est pas que les Pères d'avant la venue de Jésus ignoraient l'Esprit saint ! Le contraire est même certain. Comment en effet auraient-ils pu vivre de la foi qui était la leur, leur faisant préférer, selon l'Epître aux Hébreux, le désert plutôt que les joies faciles ? Il est bien question de l'Esprit dans la Torah (Nombres 11:24-30), dans les Prophètes (Ézéchiel 37:1), dans les Psaumes (Psaume 51:13)...

 

L'Esprit qui animait les anciens rend ainsi témoignage à la Parole de Dieu, venue en Jésus : L'Esprit "rendra témoignage de moi", dit-il (Jean 15:26). C'est ce que les Prophètes, depuis Abraham (Jean 8:56), ont espéré. Le temps de la venue à l'Alliance pour toutes les nations. C’est cela qu'en Jésus, nous pouvons voir (Matthieu 13:17) à la lumière de son Esprit, l’Esprit saint.

 

Ainsi, par le Christ Jésus, est donnée la plénitude de la vie de l'Esprit saint.

 

 

  

 

 

 

Bible & textes fondateurs (7)

Par Rolpoup :: mardi 22 avril 2008 à 9:30 :: KT Adultes




 


 

7)                24 avril
       Le Coran

 

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I.

Situer le Coran dans le cadre d’un développement intitulé « Bible & textes fondateurs », suppose d’emblée éviter le vis-à-vis médiatique Bible-Coran. Il ne s’agit pas de deux livres du même ordre littéraire.

 

Le titre au singulier en français : « la Bible », traduit un pluriel en grec : « ta biblia », qui signifie « Les livres ». Que l’on parle de la Bible hébraïque ou de la Bible chrétienne incluant le Nouveau Testament, il s’agit d’une bibliothèque rédigée sur plusieurs siècles avec des auteurs divers à tout point de vue.

 

Le Coran est un recueil rassemblant les prédications et enseignements transmis par un seul homme sur une durée d’une vingtaine d’années. Se pose aussi la question de la relation du Coran avec les livres bibliques et les autres écrits des traditions juive et chrétienne, qui étaient souvent reçus dans le monde musulman aux premiers temps de l’ère musulmane (l’Hégire).

 

Le texte coranique est devenu pour l’islam définitivement « Le livre » dans le cadre d’un processus (globalement achevé au XIe siècle de l’ère chrétienne), processus qui a débouché souvent sur une sorte de mise en opposition du Coran et des livres antécédents. Le Coran a pu être compris comme une sorte de reprise correctrice des livres antécédents, ce qui concrètement a débouché sur la marginalisation des livres bibliques dans le monde musulman et donc, plus tard, sur la mise en vis-à-vis de « deux livres » pour « deux civilisations », Bible/Coran. Redoutable illusion d’optique !

 

Dans un premier temps le message musulman se veut sans doute plutôt interpellation en deux directions :
- vers le paganisme arabe antéislamique : sous cet angle l’islam, et le Coran, est essentiellement prédication du monothéisme ;

- vers les communautés juive(s) et chrétienne(s), auxquelles Mahomet entend rappeler le message abrahamique originel tel qu’il le comprend.

 

Le Coran est donné, pour sa seconde période, dite « médinoise » (la première période étant dite « mecquoise ») alors que Mahomet est en position de pouvoir (à Médine). Le livre s’en ressent, énonçant des règles politico-juridiques. À ce point, la différence est significative par rapport au Nouveau Testament rédigé en période d’exclusion du pouvoir, voire de persécution. Si les auteurs du Nouveau Testament ont ainsi la conscience aiguë de n’être « pas de ce monde », avec les incidences que cela suppose au plan politique et au plan de la séparation d’avec les pouvoirs, le Coran est marqué de conseils politico-juridiques imprégnés des pratiques de son temps.

 

Le défi qui est ainsi posé à ceux qui s’en réclament est d’opérer une distinction entre ce qui relève du temps, et passe avec le temps, et ce qui relève de la théologie au sens strict et de la spiritualité ; distinguer ce qui renvoie à l’Incréé (cf. ci-dessous) et ce qui est humain,… voire « humain trop humain »…

 

RP

 

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II. (d'après Wikipédia - adaptation) :

 

Le Coran (arabe : al qur'an, lecture) est le livre le plus sacré dans la religion musulmane ; il est écrit en arabe, langue qu'il a contribué à fixer.

 

Une querelle théologique a éclaté au IXe siècle entre le mouvement motazilite qui était un ardent défenseur de l'unicité divine et qui donc prêchait le dogme de la création du Coran (Coran créé) pour éviter que ne soit associé quoi que ce soit à Allah — mouvement aussi connu sous le nom de Ahl al 'aql (les gens de la raison) — et le mouvement des ahl al naql (les gens de la transmission), qui prêchaient que le Coran écrit est la parole incréée de Dieu (Coran incréé). Le premier courant fut instrumentalisé sous le califat de al Ma'mun contre le second ce qui conduisit notamment à l'emprisonnement de Ahmed ben Hanbal et le second mouvement prit sa revanche sous le califat de son successeur Jafar al-Mutawakkil qui persécuta les partisans du premier mouvement. Ils disparurent peu de temps après.

 

L’option qui l’a emporté est donc celle selon laquelle le Coran est incréé, éternel et inimitable ; regroupant les paroles divines qui auraient été transmises au prophète Mahomet (Muhammad) par l'archange Gabriel (Jibrïl) durant une période de vingt-trois ans. Selon cette tradition, le Coran est extrait — voire l’expression parfaite — d'un livre divin, appelé « mère du livre » (umm al-kitab). Ibn Khaldoun ne écrit : « le Coran est la parole de Dieu révélée à son prophète et transcrite sur les pages du Livre ».

 

Le Coran est parfois également appelé kitâb (livre) ou dhikr (rappel). Dans cette perspective, les musulmans le considèrent comme la parole incréée de Dieu (Allah) adressée à l'intention de toute l'humanité : l'islam a une vocation universelle.

 

 

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