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L’Église dans l’histoire — points de repère (4)Par Rolpoup :: dimanche 17 décembre 2006 à 17:59 :: KT Adultes
La scolastique. Cette période est aussi celle de la création d’ordres mendiants comme les franciscains, sorte de second valdéisme, et les dominicains, voués au départ à la prédication face aux cathares. Durant cette période de l'Église médiévale se développent aussi, à l’occasion des controverses, la théologie et de la philosophie scolastiques. Les théologiens latins, s'appuyant d’abord sur la pensée d’Augustin, étudieront la relation entre la connaissance de Dieu acquise par la raison humaine et la connaissance de Dieu communiquée par la révélation. Anselme de Canterbury adopte la devise : « Je crois afin de comprendre », et élabore une « preuve » de l'existence de Dieu fondée sur la structure de la pensée humaine (la « preuve ontologique »). À la même époque, Pierre Abélard examine les contradictions entre les différents courants de la tradition doctrinale de l'Église dans le but de développer des méthodes visant à les harmoniser. Ces deux tâches occupent l'essentiel de la pensée du XIIe siècle et du XIIIe siècle jusqu'à ce que la découverte des œuvres perdues d'Aristote, traduites antan du grec en arabe, et alors d’arabe en latin — et commentées par des philosophes arabes, musulmans, comme Averroès, ou juifs, comme Maïmonide —, révèle une série de définitions et de distinctions paraissant applicables à la fois à la philosophie et à la théologie. La philosophie et la théologie du dominicain Thomas d'Aquin cherchent ainsi à rendre justice à la connaissance naturelle de Dieu (via la « preuve cosmologique »), tout en exaltant sa connaissance révélée par les Évangiles. Le propos est d'intégrer les diverses parties de la tradition dans un tout unifié. Thomas d'Aquin et plusieurs de ses contemporains, comme les théologiens franciscains Bonaventure, Duns Scot ou Guillaume d’Occam (ces derniers en annonçant cependant aussi la limite), sont parmi les représentants de l'idéal intellectuel du christianisme médiéval. Le Schisme. Bientôt les dissensions s’accroissent au sein de l'Église d'Occident. En 1309, la papauté quitte Rome, sous la pression de Philippe le Bel, et s'établit à Avignon, où elle demeurera jusqu'en 1377. Le rapport de force de Canossa s’est inversé progressivement : la papauté perd sa suzeraineté. Cette période, appelée la « captivité de Babylone de l'Église », sera suivie par le Grand Schisme d'Occident, durant lequel la papauté devient bicéphale (deux têtes, à savoir deux papes), voire à certains moments tricéphale (trois papes). Cette question ne sera résolue qu'en 1417, avec l'élection d'un pape unique. Cependant, la papauté ne parvient plus à recouvrer son autorité perdue et peine à se faire à nouveau respecter. C’est aussi l’époque des grands approfondissements de la piété — les courants mystiques : les Rhénans, comme Maître Eckhart ; la « devotio moderna », piété personnelle concernant aussi les laïcs. Vers la renaissance. La pensée d’Averroès, rejetée, aura cependant un effet politique, d’abord en Italie — l’ « averroïsme politique » — dans le cadre des querelles de la papauté et de l’Empire : apparaît un pôle de pensée « laïque ». Tandis que la redécouverte des textes anciens se poursuit ; mouvement que l’on intitulera « Renaissance ». Trackbacks
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