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L’Église dans l’histoire — points de repère (5)Par Rolpoup :: mardi 23 janvier 2007 à 15:15 :: KT Adultes
5) 25 janvier
La Réforme protestante sera le catalyseur de ces forces à l'œuvre dans la volonté de réformer l'Église. C’est Martin Luther qui en déclenchera l'avènement ; reprochant à l’Église romaine de mal croire plus que de mal vivre. Son combat personnel pour acquérir la certitude religieuse le conduit malgré lui à remettre en question le système médiéval et l'autorité même de l'Église. S’y substitue l’autorité du Christ seul, reçu par la foi seule (sola fide), via l’Écriture seule (sola scriptura) ; Christ duquel on reçoit le salut par la grâce par le moyen de la foi sans les œuvres, de sorte que la médiation de la hiérarchie (et concrètement, dans le contexte, de ses « indulgences » censées raccourcir le temps des peines dues au péché) ne peut y ajouter quoi que ce soit (95 thèses publiées en 1517). Son excommunication prononcée par le pape Léon X est une étape irréversible dans la division du christianisme en Occident (1521). Ce mouvement ne se limitera pas à l'Allemagne de Luther. D'autres mouvements de réforme sont apparus, entre autres en Suisse par Ulrich Zwingli et surtout Jean Calvin, dont l'Institution chrétienne constitue la somme théologique la plus importante de la théologie réformée. La Réforme anglicane, née de la politique religieuse d'Henri VIII, est d'abord influencée par les réformes de Luther et de Calvin, mais elle finit par constituer une « voie moyenne » entre l’Église anglicane médiévale, dont elle conserve certaines formes, comme par exemple la hiérarchie épiscopale, et le protestantisme, dont elle maintient les grands principes doctrinaux, tels que la reconnaissance de la seule autorité de la Bible. La pensée de Calvin contribuera à la création, dans sa France natale, du parti des huguenots, d'abord persécuté à la fois par l'Église et par l'État, puis reconnu par l'Édit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598 (et qui devait être révoqué par son petit-fils Louis XIV en 1685). Des courants plus radicaux de la Réforme, notamment les anabaptistes, s'insurgent à la fois contre d'autres courants protestants et contre Rome, rejetant le baptême des enfants (et, pour certains, jusqu'à des dogmes comme celui la Trinité), et dénonçant l'alliance entre l'Église et l'État. L’implantation de la Réforme. Cette alliance a contribué cependant à déterminer le sort de la Réforme, qui ne réussit à s'implanter que dans ceux des États nationaux récemment constitués qui la soutiennent. En vertu des liens étroits l'unissant aux mouvements nationaux, la Réforme contribue à la création des littératures nationales, en particulier par les traductions de la Bible, qui ont façonné la langue et l'esprit de ces peuples. Elle insuffle aussi un renouveau dans la prédication biblique et dans la célébration du culte qui se font désormais dans la langue des peuples, et donne naissance à un nouveau corpus de cantiques. L'importance accordée dans la Réforme à la participation de tous les croyants au culte et à la connaissance du contenu de la foi conduit à la création de pôles d'instruction en matière de doctrine et de conduite éthique, en particulier sous la forme de catéchismes, et au développement d'une éthique de service dans le monde.
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