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KT ados - Sortie du Triangle / Samedi 4 avril 2009

Par Rolpoup :: lundi 30 mars 2009 à 11:22 :: KT Ados

 

(Cf. Programme de l'année)

 

 



  http://monsite.orange.fr/engel



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KT ados - Séance du 28 mars 2009

Par Rolpoup :: jeudi 26 mars 2009 à 18:02 :: KT Ados

 

 

Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui

 

 

 

Année 2008-2009

 (Cf. Programme de l'année)

 

28 mars 2009
Par André GARROT


 

Madeleine Barot et la Cimade

 

 

 

1) Madeleine Barot (1909-1995)

 

Portrait sur Fréquence Protestante

 

Chronique du jour du vendredi 14 octobre 2005 par Anne Cendre
(
http://www.frequenceprotestante.com/article.php?id_article=1122)

 

La cinquième figure choisie par l’hebdomadaire La Vie pour illustrer le protestantisme français est de nouveau une femme, du 20e siècle celle-ci : Madeleine Barot, née en 1909 et morte en 1995.
Comme Marie Durand, Madeleine Barot a été une résistante. Dès le début de la guerre, elle devint secrétaire générale de la CIMADE (Comité inter-mouvements auprès des évacués), une organisation qui avait été créée un an plus tôt sous l’impulsion de la théologienne Suzanne de Dietrich, autre grande figure du protestantisme. La CIMADE, émanation des mouvements de jeunesse chrétiens, avait commencé par s’occuper des évacués d’Alsace et de Lorraine. Puis son action s’élargit et c’est là que Madeleine Barot montra une énergie et un courage remarquables. Elle sillonnait les camps en France, pour sauver des prisonniers et des personnes menacées de déportation, notamment des juifs, avec l’aide du pasteur Boegner ; elle participa à l’élaboration des Thèses de Pomeyrol, texte prêchant la résistance contre toute influence totalitaire et idolâtre.
Son premier métier était archiviste à l’Ecole française de Rome où elle profita de sa présence pour prendre des contacts avec les milieux catholiques, auprès des jésuites notamment. Ce rapprochement, qu’elle préserva durant la guerre et après, lui permit plus tard d’être l’une des rares protestantes à être invitée à participer au concile de Vatican II.
Après la guerre, plutôt que de retourner dans les paperasseries des archives, elle poursuivit son travail dans les mouvements de jeunesse - la CIMADE, l’Union chrétiennes de jeunes filles - et s’engagea dans le mouvement œcuménique qui entrait dans sa phase institutionnelle en 1948. Pendant plus de 10 ans elle a été responsable du département intitulé « coopération entre hommes et femmes dans l’Eglise et la société », puis de « Education au développement ». A ce titre, elle parcourut les cinq continents.
Comme elle ne pouvait rester inactive, elle fut à sa retraite responsable des affaires internationales de la Fédération protestante française et vice-présidente de l’ACAT (action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Madeleine Barot ne s’était pas mariée, disant qu’elle « n’en avait pas eu le temps ».

 

 

 

2) Les origines de la CIMADE

 

(http://www.cimade.org/la_cimade/cimade/rubriques/4-histoire)

 

 

Les années 30 et la seconde guerre mondiale

 

Dans les années 30, l’Europe est en détresse. L’œuvre perverse du nazisme atteint des sommets. La pensée protestante, en France comme en Allemagne, n’est pas inactive devant les prémices de la tragédie.

Roland de Pury, pasteur à Lyon, analyse en juillet 1933 dans la revue Foi et Vie « la crise de l’Eglise allemande et la révolution nationale-socialiste. »

Les synodes protestants de Barmen (près de Wuppertal), en 1934, poussent un cri de détresse et s’élèvent contre une prédication de l’Église aux ordres de l’Etat et contre la mise au pas du protestantisme allemand avec le slogan « un peuple, un empire, un chef. »

Martin Niemöller, à l’origine de l’Église confessante en Allemagne, écrivait en 1935 : « Lorsqu’ils ont arrêté les communistes, je n’ai pas élevé la voix ; lorsqu’ils ont interné les juifs, j’ai gardé le silence ; lorsqu’ils s’en sont pris aux sociaux-démocrates, je me suis tu … Lorsqu’ils sont venus me prendre, il n’y avait plus personne pour me défendre. » Il est mis à la retraite par le pouvoir et milite ensuite en faveur de la paix.

Dietrich Bonhœffer, pasteur et théologien protestant, lutte dès 1933 contre « la clause aryenne » qui exclut de la communauté ecclésiale les Chrétiens d’origine juive. Il est exécuté par les nazis en 1943. Sa théologie est centrée sur le rôle du Chrétien dans un monde sécularisé.

Le pasteur Marc Bœgner, Président de la Fédération protestante depuis 1929, axe ses conférences de Carême en 1939 sur le thème « L’Evangile et le racisme. » Il prit la défense des juifs auprès du gouvernement de Vichy : Pétain, Darlan, Laval… Il fut coprésident du Conseil Œcuménique des Églises.

Le pasteur Pierre Maury, Président de la « Fédé » (Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Etudiants), écrivit : « Si les jours viennent où les exigences de l’État français sont inacceptables, souvenez-vous qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. »

En juillet 1939, se tient la Conférence mondiale de la jeunesse chrétienne à Amsterdam. De nombreuses rencontres œcuméniques, internationales, ouvertes sur les questions sociales, suivent. Les jeunes chrétiens protestants sont nourris par le débat intellectuel et le partage des idées avec le mot d’ordre de Karl Barth « la journée doit commencer avec une Bible dans une main et le journal dans l’autre. »

Karl Barth écrit en décembre 1939 une Lettre aux protestants de France : « Si Jésus soutient, console et encourage son Église, c’est pour qu’elle soit son témoin. C’est précisément en vue de ce témoignage que la grâce lui est faite de voir. Elle ne saurait donc se contenter d’observer les évènements de façon passive, bouche bée. Si la communauté chrétienne gardait le silence et si elle observait le cours des évènements en simple spectatrice, elle perdrait sa raison d’être. »

Septembre 1939 voit l’invasion de la Pologne et l’entrée de la France dans la guerre. Suzanne de Dietrich, Secrétaire générale de la FUACE (Fédération Universelle des Associations Chrétiennes d’Étudiants) présenta un rapport sur ce que vivaient les alsaciens lorrains évacués dans les départements du centre et du sud de la France. Elle s’adressa au Comité Inter-Mouvements de jeunesse (le CIM), réunissant Éclaireurs Unionistes, Unions Chrétiennes de Jeunes Gens et de Jeunes Filles et Fédé, en vue de « témoigner de l’amour du Christ. »

Le 18 octobre 1939, à Bièvres, les dirigeants du CIM, créent la CIMADE (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Evacués) pour venir en aide, notamment, aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, au nombre de 200.000 environ. Des équipes sont constituées (d’où le terme d’équipiers encore en usage aujourd’hui) qui accomplissent un travail à la fois d’évangélisation et social auprès des évacués alsaciens. Madeleine Barot, appelée et soutenue par Marc Bœgner, est Secrétaire générale de la Cimade, pendant toute la durée de la guerre et au-delà, Violette Mouchon (Commissaire nationale EU) étant présidente.

La Cimade entre dans les camps puis organise une résistance

Le régime nazi développe le système de l’internement administratif des juifs et des ennemis du régime. Plus de 40 000 internés (juifs étrangers notamment et réfugiés politiques opposants au régime nazi) sont recensés dans les camps d’internement et centres d’accueil du Ministère du travail dès 1940 : Gurs, Agde, Argelès, Rivesaltes, Aix, Brens… . La Cimade entra dans les camps. Elle s’y occupait des problèmes matériels comme des besoins psychologiques et spirituels. Dans les camps, «l’activité culturelle et cultuelle surgissait comme une protestation de vie. »

En novembre 1942, les forces allemandes franchissent la ligne de démarcation. Le Comité de la Cimade ne peut plus se réunir. La Cimade passe alors d’une présence de solidarité à la résistance. Elle camoufle des gens, aide à traverser des frontières et constitue des états civils et des faux papiers. Un petit secrétariat est organisé 47 rue de Clichy. Madeleine Barot, énergique, organisatrice, crée un réseau de partenaires (Quakers, Croix-Rouge, …) avec lequel elle négocie la création de centres d’accueil de la Cimade pour sortir des internés des camps et les sauver de la mort : Le Coteau fleuri  au Chambon-sur-Lignon (avec les pasteurs Trocmé, Theiss), le foyer Marie Durand à Marseille, le foyer YMCA de Toulouse, et d’autres encore dans le Tarn ou près de Tarascon. Suzanne de Dietrich et le pasteur Visser’t Hooft (Secrétaire général du CŒ) organisent des rencontres et la Cimade apporte son témoignage de réalités occultées et difficiles à appréhender. Cela conduit aux thèses du groupe de Pomeyrol en 1942, traitant notamment, des rapports de l’Église et de l’État, du respect des libertés individuelles, de l’antisémitisme.  «  Tout en acceptant les conséquences matérielles de la défaite, l’Église considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre. »

En juillet 1942 a lieu la rafle du vélodrome d’hiver. Il faut faire du chiffre ! La Cimade organise des évasions vers la Suisse, en relation avec le Conseil Œcuménique des Églises en création à Genève.

En novembre 1942, la Cimade installe son siège à Valence.

De nombreux villages alsaciens, presque entièrement protestants, sont accusés d’être pro-allemands. C’est le cas d’Oberhoffen où quatre baraques sont installées pour loger des familles et les équipiers Cimade.

« Ce n’est pas la charité que nous avons exercée pendant la guerre, du moins pas seulement ; nous avons voulu exprimer notre solidarité avec les victimes. » (Madeleine Barot).

 

 

 

3) Les thèses de Pomeyrol

 

(http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?noticeid=735&scatid=147&lev=1&Lget=FR)

 

Les Thèses de Pomeyrol sont un des premiers actes de résistance spirituelle au nazisme et d'opposition aux persécutions des juifs.

 Cliquer sur la photo

 

La réunion d'un petit groupe de protestants

 

Le 16 et 17 septembre 1941, sans avoir reçu de mandat officiel, un petit groupe d'une quinzaine de personnes, à l'initiative du pasteur Visser't Hooft et de Madeleine Barot (secrétaire générale de la Cimade) se réunissait à Pomeyrol (maison de retraite et de rencontre appartenant à l'ERF, à Saint-Etienne-du-Grès, Bouches du Rhône) « pour rechercher ensemble ce que l'Église doit dire aujourd'hui au monde ». Ils étaient pasteurs : Jean Cadier, Georges Casalis (secrétaire général de la Fédération Française des Associations Chrétiennes d'Étudiants), Henri Clavier, Paul Conord, Henri Eberhard, Jean Gastambide, Pierre Courthial, Jacques Deransart, Pierre Gagnier, Roland de Pury, André de Robert, André Vermeil ; trois laïcs étaient présents : Madeleine Barot, Suzanne de Dietrich venant de Genève et René Courtin, professeur à la Faculté de droit de Montpellier.

Cette réunion se faisait l'écho de la « Déclaration théologique de Barmen » en Allemagne (29-31 mai 1934). Après la prise de pouvoir par Hitler, les Églises régionales protestantes -luthériennes, réformées et unies- constituant l'« Evangelische Kirche », se voient imposées d'adopter dans leurs constitutions un paragraphe aryen et l'affirmation d'une supériorité allemande. Le 29 mai 1934 le Synode de Barmen s'en désolidarise : luthériens et réformés se réunissent sous la dénomination d'Église confessante (« bekennde Kirche »). Ces résistants venus de toutes les parties de l'Allemagne protestaient ainsi contre la mise au pas du protestantisme allemand en voie d'organisation dans les  « Deutsche Christen ». Le texte de cette déclaration, dont un des principaux rédacteurs était Karl Barth, se présentait comme un acte exclusivement religieux, de résistance spirituelle pour la défense de l'Église et de la pureté de son message ; en particulier, il ne mentionnait pas la persécution des juifs. Malgré ses lacunes (à l'origine de controverses après la guerre), sa signification politique était évidente.

 

 

Un acte de résistance au nazisme

 

En France, ce texte fut diffusé par la revue Foi et Vie dirigée par le pasteur Pierre Maury, et également par le Christianisme social. Le texte de la Déclaration de Barmen, ainsi que ceux du pasteur allemand Martin Niemöller, furent publiés en 1940 dans Témoignage chrétien fondé à Lyon, et après les premières lois antisémites promulguées en « zone libre », la nécessité d'établir un instrument idéologique de résistance au nazisme aboutit à la réunion de Pomeyrol.

Les thèses de Pomeyrol sont «  une réflexion théologique engagée sur les fondements évangéliques d'une prise de parole publique de l'Église ». Elles sont au nombre de huit. Les 4 premières traitent des rapports de l'Église et de l'Etat, la 5° des limites de l'obéissance à l'État, la 6° précise le respect des libertés essentielles, la 7° dénonce l'antisémitisme, la 8° condamne la collaboration. La thèse 7 est sans ambiguïté : « ...elle élève une protestation solennelle contre tout statut rejetant les juifs hors des communautés humaines ». Dans la thèse 8 « dénonçant les équivoques, l'Église affirme qu'on ne saurait présenter l'inévitable soumission au vainqueur comme un acte de libre adhésion ..., elle considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre ».

Un thème domine donc ces thèses : le rapport de l'Église et de l'État, ainsi que la légitimité d'une parole publique de l'Église dans la situation de l'époque.

Malgré leur relative prudence, et en dépit de certaines réactions violemment hostiles, les thèses de Pomeyrol diffusées par de nombreux pasteurs et étudiants « post-fédératifs » ont « contribué à structurer une mentalité confessante (c'est-à-dire le témoignage de l'Église prête « à payer le prix de la grâce ») au sein du protestantisme français » (G.Casalis).

 

 

 

4) Madeleine Barrot Juste Parmi les Nations

 

Sur http://www.akadem.org
Les « Justes Parmi les Nations » de France

«Celui qui sauve un homme sauve le monde» (traité Baba Batra, 15b, Talmud)

 

(http://www.akadem.org/photos/contextuels/1197_Justes.pdf)

 

Secrétaire générale de la CIMADE, l'organisation qui regroupait tous les mouvements de jeunesse protestants. À l'automne 1940, des mères juives totalement démunies accouchent au camp d'internement de Gurs. Madeleine Barot se présente à la porte du camp avec un paquet de couches et déclare au garde qu'elle est chargée de les distribuer aux jeunes mères. Elle finit par pouvoir ouvrir une permanence de la CIMADE dans un baraquement de Gurs. Madeleine Barot arriva aussi à faire transférer des enfants, des malades et des vieillards dans des établissements que la CIMADE ouvrit surtout dans la localité du Chambon-sur-Lignon. Des centaines de Juifs lui doivent la vie.

 

 

 

 

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Généalogie des protestantismes (6)

Par Rolpoup :: lundi 23 mars 2009 à 16:58 :: KT Adultes

 

(Cf. Programme de l'année)

 6)               26 février
         Mouvements puritains et révolutions  

 

 

       

(Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Puritanisme)

 

Le puritanisme désigne une conception de la foi chrétienne développée en Angleterre par les protestants radicaux après la Réforme. Le mouvement est né à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle.

 

Comme tous ceux qui se voient désignés par un sobriquet, les puritains ne se sont pas donnés eux-mêmes ce nom. Une grande quantité de puritains se concentrait en Angleterre, où s’origine ce terme qui vise leur mise en question radicale de la superstructure hiérarchique de l’Église, en vue de la doter d’un système purement représentatif.


Le mot décrit, plutôt qu'une Église particulière, un type de pratique religieuse — avec fonctionnement représentatif —, à l’origine de tendance calviniste, qui déboucha notamment sur l'émergence de l'Église presbytérienne.

 

 

D'Henri VIII à Elisabeth Ire

 

La rupture, sous Henri VIII, de l'Église d'Angleterre d’avec la tutelle de Rome en 1534 ouvrit des perspectives aux chrétiens anglais qui voulaient réformer l'Église dans le sens initié par Martin Luther.

 

La cause du protestantisme avança rapidement sous Édouard VI, avec qui correspondait Calvin. L'archevêque de Cantorbéry (Thomas Cranmer) publia le premier Book of Common Prayer (Livre de prière commune) en décembre 1549, pour formaliser l'adaptation anglaise de la Réforme continentale.

 

Durant le règne de Marie Tudor (Bloody Mary / Marie la sanglante), l'Angleterre revint au catholicisme romain. De nombreux protestants furent exécutés (Cranmer et d'autres grandes figures de la Réforme condamnés au bûcher), persécutés et contraints à l'exil en Europe. Ils entrèrent en contact avec des réformateurs calvinistes à Genève ou luthériens en Allemagne et solidifièrent leurs positions. La Bible de Genève fut publiée à cette période.

 

L'accession au trône d'Élisabeth Ire en 1558 fut bien accueillie par les protestants. Mais ses premières actions, quoique rétablissant le protestantisme, déçurent ceux qui aspiraient à une réforme. Le puritanisme doit beaucoup au mécontentement causé par le Elizabethan Religious Settlement de 1559 par lequel la reine tout en réaffirmant l'indépendance de l'Église d'Angleterre à l'égard de Rome, incluait par exemple le maintien de l'Église sous le contrôle de la monarchie par l'intermédiaire d'une hiérarchie épiscopale, et laissait intactes beaucoup de pratiques catholiques, deux points inacceptables aux yeux des puritains. La mise en œuvre forcée et tâtillonne du nouvel ordre liturgique les repoussa dans une attitude d'opposition affirmée.

 

 

De l’Écosse à Olivier Cromwell

 

Parallèlement à la Réforme anglicane, l'Église d'Écosse avait été réformée sur un modèle calviniste presbytérien (avec l’action de John Knox), que les puritains espéraient étendre en Angleterre. Le couronnement de Jacques (VI) d'Écosse comme roi d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier réveilla leurs espoirs. Mais le roi (à la Conférence de Hampton Court en 1604), qui n'était pas puritain lui-même et qui se méfiait d'eux, rejeta leurs doléances d'une phrase : « pas d'évêque, pas de roi » (no bishop, no king). Il autorisa cependant la publication de la King James Bible, en langue vernaculaire, notamment pour renforcer l'orthodoxie anglicane contre la Bible de Genève.

 

La pression assimilatrice de l'Église d'Angleterre augmenta encore sous Charles Ier sous l'influence de son archevêque (William Laud), la via media élisabéthaine étant appliquée partout avec force. Les puritains étaient vus comme des fauteurs de trouble mettant en péril l'unité de la monarchie et de l'Église et, à ce titre, toujours sujets à une répression parfois féroce. Les peines d'emprisonnement étaient lourdes, accompagnées de la confiscation des biens et de châtiments corporels : notamment, on marquait au fer rouge le front des condamnés des initiales de « sower of sedition » - graine de sédition. L'exil des puritains vers l'Europe se poursuivait, et les premiers mouvements d'émigration vers l'Amérique commencèrent (l'épopée du Mayflower date de 1620) mais les idées puritaines continuaient à gagner du terrain en Angleterre.

 

Lorsque le conflit entre le Parlement (puritain) et Charles Ier dégénéra en véritable guerre civile en 1640, les puritains se hâtèrent de saisir l'occasion d'exorter la nation à renouveler son « covenant » (Alliance) avec Dieu. Le Parlement convoqua une assemblée d'ecclésiastiques et de laïcs, tous d'obédience calviniste, connue sous le nom de « Westminster Assembly » qui ne parvint pas à réformer totalement le gouvernement de l'Église. Cependant l'armée d'Olivier Cromwell de tendance indépendante (= congrégationaliste), qui avait défait les forces royales, porta au pouvoir son général. Une révolution qui inclut l’exécution (en 1649) du roi Charles Ier pour trahison. La République (Commonwealth) dirigée par Cromwell favorisa largement le mouvement puritain. (Le grand défenseur du puritanisme de l'époque fut le poète John Milton.)

 

Le puritanisme a connu de très nombreuses tendances outre les presbytériens, des indépendants aux baptistes, aux quakers et aux unitariens…

 

Parmi les plus radicaux, les levellers (niveleurs), ou les diggers (creuseurs) — mouvements, comme leur nom l’indique, à tendance communiste. Face à la diversité, le gouvernement de la révolution puritaine lui-même tenta une via média… Entraînant pour les plus utopistes des puritains des démarches visant à mettre en œuvre leurs projets de fraternité universelle et révolutionnaire vers l’horizon ouvert par la mer… et la flibuste ! (Cf. ci-dessous l’article d’O. Abel.)

 

La République (Commonwealth) puritaine n’en marque par moins le début de la liberté de culte et de conscience, incluant pour la première fois les juifs.

 

 

La grande persécution et le Nouveau Monde

 

La restauration de la monarchie en 1660 restaura également l'anglicanisme strict et les puritains furent expulsés de l'Église d'Angleterre. Ceux qui refusèrent l'intégration furent catalogués comme nonconformists. Le puritanisme anglais entra alors dans la période appelée la Great Persecution et fut contraint de reporter sur les colonies puritaines qui prospéraient en Amérique l'espoir de réaliser ses objectifs.

 

En 1640, le « Puritan Holy Commonwealth » comptait 40 Églises en Amérique, qui éclatèrent en différentes Églises et factions. Le groupe le plus vaste se retrouvait dans les Églises presbytériennes et congrégationalistes. Le méthodisme au XVIIIe siècle et le Réveil évangélique au XIXe siècle furent profondément influencés par le puritanisme.

 

On comprend qu’Alexis de Tocqueville ait noté qu’il s'agit tout autant d'une théorie politique que d'une doctrine religieuse.

 

*

 

… Théorie politique qui débouche sur la révolution américaine avec l’indépendance des États-Unis, et sur l’instauration d’un système représentatif, renversement de la monarchie imposée d’en-haut… Avec comme retour d’effet en France, France qui a soutenu les Américains prenant leur indépendance face à l’Angleterre (Lafayette), la mise en place, lors de la révolution, d’un système s’en rapprochant. Un système à vocation représentative, donc, qu’on a coutume d’intituler « démocratique », et dont le modèle initial est le conflit du parlement anglais contre la monarchie absolue débouchant sur la première révolution moderne.


 

*

*    *

*

 

 

Olivier Abel Flibustiers protestants  

 

(Réforme n°3201  du 2006-11-30 « Disputatio »
http://www.reforme.net/archive2/article.php?num=3201&ref=1920
)

 

Par Olivier ABEL (professeur de philosophie à l'Institut protestant de théologie de Paris) :

 

Et si la grande épopée de la flibuste n’avait été que l’écume du même mouvement qui a fait la Réforme ? C’est que l’Océan est en phase avec la théologie protestante : il n’y a plus ni roi ni pape, on est seul avec Dieu, on a tout quitté. Obligés de vivre chaque jour sans être trop assuré du lendemain, on sait vite qu’il est impossible de s’approprier la mer, de la retenir entre ses doigts. Mais il y a dans le même temps une nouvelle donne géopolitique, et on voit le monde actif se décentrer de la Méditerranée vers l’Atlantique. En 1494, le traité de Tordesillas partage le monde nouveau entre Espagnols et Portugais, sous l’égide du pape. Très vite, le trop vaste empire espagnol, avec ses conquistadors, doit lutter pour assurer son hégémonie. Les corsaires protestants ont ainsi été lancés à l’assaut de l’empire et, pendant un siècle, tous les pirates, qu’ils soient français, anglais ou hollandais, seront pêle-mêle désignés comme des luteranos, des « luthériens », par les Espagnols.

Les puissances protestantes montantes apparaissent alors comme les puissances de la mer opposées aux puissances des Etats terrestres : d’un côté, on aura le poète puritain et libertaire Milton, l’auteur du Paradis perdu, et, de l’autre, le philosophe politique Hobbes, prônant un pouvoir fort contre la menace des réseaux maritimes.

Gaspard de Coligny est un des premiers à comprendre la nouvelle situation géopolitique. Amiral du royaume, il a le pouvoir de donner des lettres de course. Près de 80 navires corsaires sont ainsi envoyés écumer les océans et, à partir du déclenchement des guerres de Religion, leur butin alimentera la Cause. Le premier synode réformé, en 1559, se posera sérieusement la question de savoir si l’on peut ou non accepter un pirate à la sainte cène.

A partir de 1562, et jusqu’en 1628, La Rochelle devient la véritable capitale du parti huguenot. Cette quasi petite République autonome et commerçante est en même temps un foyer de rayonnement des idées protestantes. On comprend que pour les Espagnols Gaspard de Coligny soit devenu l’homme à abattre, et son assassinat à Paris, dans la nuit du 24 août 1572, inaugure les massacres de la Saint-Barthélemy. Quant à La Rochelle, elle est considérée par les catholiques comme une hydre arrogante et corrompue qui, comme Carthage, « doit être détruite ».

Un monde d'ouragans

Mais les protestants français sont relayés par deux autres grandes vagues de piraterie, celle des « gueux de la mer » aux Pays-Bas et celle des « chiens de la mer » d’Elisabeth d’Angleterre (John Hawkins, Francis Drake, et quelques autres). Et, surtout, les corsaires patentés sont débordés par la flibuste. A partir de 1640 on trouve une véritable petite république flibustière huguenote dans l’Ile de la Tortue, et des dissidents anglais à Saint-Domingue. Les boucaniers forment, au témoignage du huguenot de Honfleur Exquemelin, une société multiraciale de rescapés, de proscrits, d’esclaves fugitifs et de dissidents, dans une véritable utopie des « frères de la côte ».

Ce nouveau monde d’ouragans met en scène la misère de l’homme et la toute-puissance de Dieu. La tempête nous fait perdre nos repères. Je me relève et je ne reconnais rien : où suis-je ? suis-je bien moi-même ? Qu’est-ce qu’un nouveau monde ? Nous sommes tous des rescapés, des boat-people. Et l’île ou le bateau pirate, c’est l’utopie multireligieuse d’une libre adhésion, après la tempête.

L’apothéose de la piraterie protestante vient avec la montée et l’échec de la révolution anglaise, dans la dispersion de tous ces protestants puritains et radicaux que sont les levellers, diggers, ranters et autres quakers. Dans les années 1630, la Providence Island Company s’empare d’une île des Caraïbes pour en faire une terre d’asile pour les dissidents religieux. Après l’exécution du roi, en 1649, Cromwell fait le ménage parmi les levellers (les niveleurs, qui veulent refonder la société sur une base d’égalité sociale). John Lilburne, leur chef, propose de mener ses adhérents aux Indes occidentales, à condition que le gouvernement finance le voyage.

Ces dissidents forment dans les années 1650-1680, après la chute du Commonwealth de Cromwell en 1659, une utopie en archipel. Aux Bahamas, on a dès 1647 la Company of Eleutherian Adventurers. A la Barbade se trouve Joseph Salmon, le leader des ranters, mais aussi des synagogues juives, des instituteurs anabaptistes et des quakers qui lancent un mouvement de conversion et de libération des esclaves, vite réprimé. Aux Bermudes, le gouverneur et pasteur Lewis Hughes, qui qualifie le livre de prières de « conte de bonnes femmes », fait appel aux puritains réfugiés aux Pays-Bas. Bref, les Caraïbes des frères de la côte et des flibustiers puritains sont donc à la fois une poubelle où l’Europe envoie sa racaille, et un moment de tolérance religieuse aussi emblématique pour notre mémoire collective que l’Andalousie, plus radical peut-être, où les hiérarchies entre les orthodoxes et les hérétiques, les hommes et les femmes, les maîtres et les esclaves, les Blancs, Indiens ou Noirs seraient abolies.

Defoe, le dissenter

Une fois l’empire espagnol détrôné, cependant, l’Angleterre n’a plus besoin d’eux. Ce sera l’amnistie pour ceux qui ont pu s’enrichir et qui désirent s’intégrer. Mais il reste ceux qui, fugitifs, désespérés ou révoltés qui jugent la piraterie plus honorable que la culture de la canne à sucre fondée sur l’esclavage, sont déclarés forbans. D’un côté, on trouvera l’éloge du travail et de l’industrie et, de l’autre, l’éloge de la prise et de la dépense oisive, le refus d’accumuler l’or – c’est encore le cœur du vieux débat puritain entre presbytériens et antinomiens. Daniel Defoe n’est pas un pirate, mais un dissenter, et son Robinson Crusoé, publié en 1719, propose une vie recommencée après une rupture avec la famille et la patrie, comme une nouvelle naissance après une tempête. C’est l’émancipation de l’enfant, mais aussi de la bourgeoisie puritaine et du colon entreprenant, indépendant, qui se sauve par son seul travail, et multiplie les signes de sa gratitude d’être rescapé – on a ici le productivisme et le rêve d’une croissance infinie.

Dans son Histoire générale des plus fameux pirates, publiée en 1724 sous le pseudonyme d’un certain captain Johnson, on découvre un autre visage de Defoe, celui de l’antinomiste dissident, qui prône l’abolition de l’esclavage, de la propriété et du travail, et l’abandon à la Providence – mais n’est-ce pas aussi le mythe occidental de la vacance, de l’île tropicale paradisiaque ?

On le voit, l’épopée de la flibuste fait encore retentir dans notre imaginaire l’écho des controverses théologiques protestantes les plus passionnantes, les plus radicalement importantes pour comprendre le destin de l’Occident.

 

*


 

Et puis, ci-dessous, pour illustrer l’héritage de la piraterie et de ses idéaux dans l’imaginaire, un film de 1939,  Jamaica Inn, dirigé par Alfred Hitchcock :
http://retrovision.tv/freevideo/jamaica-inn-1939/  

 

 





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KT ados - Séance du 14 mars 2009

Par Rolpoup :: dimanche 08 mars 2009 à 16:26 :: KT Ados

 

 

 

Année 2008-2009

 (Cf. Programme de l'année)

 


14 mars 2009 – Calvin : la foi réformée

 

Jean Calvin (Cauvin / latinisé = Calvinus, d’où en français Calvin !) est né en 1509 à Noyon, en Picardie, dans une famille religieuse. Son père travaillait au service des chanoines, en qualité de notaire.

Le jeune Calvin obtint ainsi de l'Eglise catholique le financement de ses études classiques à Paris, aux collèges de la Marche puis de Montaigu où il découvre avec intérêt les mouvements humanistes (Erasme) et réformateurs (Luther). Après quatre années passées à Montaigu, son père le contraint à s'orienter vers des études de droit qu'il entreprend à Orléans puis à Bourges.

 

A la mort de son père en 1531, Jean Calvin abandonne le droit pour les études de lettres. En 1532 il publie un commentaire du De Clementia de Sénèque.

 

C'est vers 1533 que s'effectue sa conversion religieuse. C’est l’année où il rédige, pour le recteur de l'Université de Paris Nicolas Cop un discours sur les Béatitudes d'après des textes d'Erasme et de Luther. Ce véritable plaidoyer en faveur de la Réforme vaut à Calvin et Cop une condamnation du Parlement. Calvin quitte Paris.

 

 

L'affaire des "placards"

Dans la nuit du 17 octobre 1534, des "placards" sont apposés dans Paris, et jusque sur la porte de la chambre du roi François Ier à Amboise. Ces affiches de propagande faveur de la Réforme attaquaient avec véhémence la messe. Cet acte fut violemment réprimé et les partisans des idées de la Réforme furent conduits au bûcher. Les premières persécutions contre les protestants commencèrent.

 

En réaction à cette affaire, Calvin publie en 1536 à Bâle où il a fui Christianae Religionis Institutio (Institution de la religion chrétienne), son ouvrage majeur qu'il ne cessa de remanier sa vie durant. Il y expose avec force sa vision de la doctrine protestante. Le texte sera traduit en français en 1541 par Calvin lui-même.

 

Il forme ensuite le projet de se rendre à Strasbourg pour poursuivre ses études et transite par Genève où il ne compte passer qu'une nuit.

 

Première venue à Genève

Sa présence à Genève est toutefois signalée au pasteur Guillaume Farel qui y avait établi la Réforme. Ce dernier convainc Calvin de rester à Genève pour consolider son œuvre. Calvin y organise la vie de l'Église naissante, fait promulguer des ordonnances, rédige une confession de foi et établit un catéchisme (Brève instruction chrétienne). Des querelles religieuses et politiques poussent une fois de plus Calvin à l'exil.

 

Années à Strasbourg

Strasbourg l'accueille pendant quatre années (1537-1541). Calvin se consacre à l'étude et à l'écriture: seconde édition de l'Institution chrétienne, Commentaire sur l'Epître aux Romains et l'Epître à Sadolet (ce dernier invite dans une lettre les Genevois à revenir dans le giron de l'Eglise catholique). A Strasbourg, Calvin épouse Idelette de Bure. De cette union naquit Jacques qui mourut en bas âge. Elle meurt en 1549.

 

Retour à Genève

En 1540, les partisans de Farel et de Calvin prient ce dernier de revenir à Genève. Il faudra l'insistance de Farel, mais aussi de Bâle et Zurich pour que Calvin se laisse fléchir. Le 15 septembre 1541, il remonte en chaire à la cathédrale Saint-Pierre et reprend l'explication de l'Ecriture sainte à l'endroit exact où il l'avait laissée quatre ans plus tôt.

 

Sa première réalisation fut la rédaction des Ordonnances, véritable constitution de l'Eglise genevoise. Elles établissent les quatre ministères à la base de l'Eglise réformée: les pasteurs, les docteurs, les anciens et les diacres. Les pasteurs ont la charge de la prédication et du catéchisme. Les docteurs préparent les candidats tant au ministère qu'au gouvernement civil. Les anciens, des laïcs, exercent avec les pasteurs la discipline doctrinale et morale dans le Consistoire, sorte de tribunal de police spirituelle. Les diacres ont eux pour mission de s'occuper des malades et des pauvres et sont en charge des hôpitaux.

 

Un nouveau catéchisme, plus complet que celui de 1537, est écrit en 1542. Calvin fait aussi paraître à cette époque un Petit traité de la sainte cène où est exposée sa doctrine sur ce sacrement.

 

Durant les vingt-trois années passées à Genève, Calvin assure quotidiennement une prédication à la cathédrale Saint-Pierre ainsi qu'un enseignement théologique. Ces années genevoises sont celles d'un grand labeur. Calvin entretiendra aussi une correspondance très importante.

 

A Genève, le combat de Calvin se fait sur deux fronts : les moeurs et la doctrine.

 

L'affaire Servet. Les conflits furent nombreux. Le plus connu est l’affaire Servet. Poursuivi par l’Inquisition pour son refus du dogme la Trinité, et arrêté à Vienne, Servet est jugé par contumace et condamné. Il parvient à s'évader et gagne Genève où il est arrêté. Un long procès commence où Calvin intervient sur la polémique théologique. Servet sera condamné par la ville, après consultation d’autre villes, au bûcher et brûlé vif à Champel, selon la loi de l’époque (Ordonnance Carolina de Charles Quint en vigueur à Genève – cf. C. Strohm, in Calvin et le calvinisme, Labor & Fides, p. 272).

 

Calvin et le Conseil fondent le Collège et l'Académie en 1559. Ce projet tenait à cœur à Calvin qui souhaitait fonder à Genève un enseignement supérieur pour la formation des pasteurs. Théodore de Bèze devint le recteur de l'Académie qui comptait dans ses rangs d'illustres professeurs. Le nombre d'étudiants atteignit rapidement plusieurs centaines.

 

Quatre ans avant sa mort seulement, Calvin obtient la bourgeoisie (citoyenneté) genevoise ; l'équivalent de la nationalité, signe sans doute que les Genevois le considérèrent longtemps comme un réfugié français.

 

D'une santé précaire, les dernières années de sa vie furent particulièrement douloureuses, mais il poursuivait sa tâche. Il décède le 27 mai 1564. Ses funérailles au cimetière de Plainpalais furent d'une extrême simplicité. Sa sépulture nous est restée inconnue.

 

(D’après Feuille d'Avis Officielle -FAO- de l'Etat de Genève, 13 août 2003 /
http://www.aidh.org/GE/Calvin.htm)

 

Une idée clef : l’Alliance

S’il fallait donner une idée centrale de l’apport de Calvin, ce pourrait être celle de l’Alliance : Dieu a scellé — avec Abraham — une Alliance par laquelle il s’engage pour notre salut. Cette Alliance ouvre la promesse dont Jésus-Christ marque l’accomplissement dans sa victoire sur la mort — « déclaré fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts ».

 

 

 

 

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