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Généalogie des protestantismes (6)Par Rolpoup :: lundi 23 mars 2009 à 16:58 :: KT Adultes
6) 26 février
(Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Puritanisme)
Le puritanisme désigne une conception de la foi chrétienne développée en Angleterre par les protestants radicaux après la Réforme. Le mouvement est né à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle.
Comme tous ceux qui se voient désignés par un sobriquet, les puritains ne se sont pas donnés eux-mêmes ce nom. Une grande quantité de puritains se concentrait en Angleterre, où s’origine ce terme qui vise leur mise en question radicale de la superstructure hiérarchique de l’Église, en vue de la doter d’un système purement représentatif. D'Henri VIII à Elisabeth Ire La rupture, sous Henri VIII, de l'Église d'Angleterre d’avec la tutelle de Rome en 1534 ouvrit des perspectives aux chrétiens anglais qui voulaient réformer l'Église dans le sens initié par Martin Luther. La cause du protestantisme avança rapidement sous Édouard VI, avec qui correspondait Calvin. L'archevêque de Cantorbéry (Thomas Cranmer) publia le premier Book of Common Prayer (Livre de prière commune) en décembre 1549, pour formaliser l'adaptation anglaise de la Réforme continentale. Durant le règne de Marie Tudor (Bloody Mary / Marie la sanglante), l'Angleterre revint au catholicisme romain. De nombreux protestants furent exécutés (Cranmer et d'autres grandes figures de la Réforme condamnés au bûcher), persécutés et contraints à l'exil en Europe. Ils entrèrent en contact avec des réformateurs calvinistes à Genève ou luthériens en Allemagne et solidifièrent leurs positions. La Bible de Genève fut publiée à cette période. L'accession au trône d'Élisabeth Ire en 1558 fut bien accueillie par les protestants. Mais ses premières actions, quoique rétablissant le protestantisme, déçurent ceux qui aspiraient à une réforme. Le puritanisme doit beaucoup au mécontentement causé par le Elizabethan Religious Settlement de 1559 par lequel la reine tout en réaffirmant l'indépendance de l'Église d'Angleterre à l'égard de Rome, incluait par exemple le maintien de l'Église sous le contrôle de la monarchie par l'intermédiaire d'une hiérarchie épiscopale, et laissait intactes beaucoup de pratiques catholiques, deux points inacceptables aux yeux des puritains. La mise en œuvre forcée et tâtillonne du nouvel ordre liturgique les repoussa dans une attitude d'opposition affirmée. De l’Écosse à Olivier Cromwell Parallèlement à la Réforme anglicane, l'Église d'Écosse avait été réformée sur un modèle calviniste presbytérien (avec l’action de John Knox), que les puritains espéraient étendre en Angleterre. Le couronnement de Jacques (VI) d'Écosse comme roi d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier réveilla leurs espoirs. Mais le roi (à la Conférence de Hampton Court en 1604), qui n'était pas puritain lui-même et qui se méfiait d'eux, rejeta leurs doléances d'une phrase : « pas d'évêque, pas de roi » (no bishop, no king). Il autorisa cependant la publication de la King James Bible, en langue vernaculaire, notamment pour renforcer l'orthodoxie anglicane contre la Bible de Genève. La pression assimilatrice de l'Église d'Angleterre augmenta encore sous Charles Ier sous l'influence de son archevêque (William Laud), la via media élisabéthaine étant appliquée partout avec force. Les puritains étaient vus comme des fauteurs de trouble mettant en péril l'unité de la monarchie et de l'Église et, à ce titre, toujours sujets à une répression parfois féroce. Les peines d'emprisonnement étaient lourdes, accompagnées de la confiscation des biens et de châtiments corporels : notamment, on marquait au fer rouge le front des condamnés des initiales de « sower of sedition » - graine de sédition. L'exil des puritains vers l'Europe se poursuivait, et les premiers mouvements d'émigration vers l'Amérique commencèrent (l'épopée du Mayflower date de 1620) mais les idées puritaines continuaient à gagner du terrain en Angleterre. Lorsque le conflit entre le Parlement (puritain) et Charles Ier dégénéra en véritable guerre civile en 1640, les puritains se hâtèrent de saisir l'occasion d'exorter la nation à renouveler son « covenant » (Alliance) avec Dieu. Le Parlement convoqua une assemblée d'ecclésiastiques et de laïcs, tous d'obédience calviniste, connue sous le nom de « Westminster Assembly » qui ne parvint pas à réformer totalement le gouvernement de l'Église. Cependant l'armée d'Olivier Cromwell de tendance indépendante (= congrégationaliste), qui avait défait les forces royales, porta au pouvoir son général. Une révolution qui inclut l’exécution (en 1649) du roi Charles Ier pour trahison. La République (Commonwealth) dirigée par Cromwell favorisa largement le mouvement puritain. (Le grand défenseur du puritanisme de l'époque fut le poète John Milton.) Le puritanisme a connu de très nombreuses tendances outre les presbytériens, des indépendants aux baptistes, aux quakers et aux unitariens… Parmi les plus radicaux, les levellers (niveleurs), ou les diggers (creuseurs) — mouvements, comme leur nom l’indique, à tendance communiste. Face à la diversité, le gouvernement de la révolution puritaine lui-même tenta une via média… Entraînant pour les plus utopistes des puritains des démarches visant à mettre en œuvre leurs projets de fraternité universelle et révolutionnaire vers l’horizon ouvert par la mer… et la flibuste ! (Cf. ci-dessous l’article d’O. Abel.) La République (Commonwealth) puritaine n’en marque par moins le début de la liberté de culte et de conscience, incluant pour la première fois les juifs. La grande persécution et le Nouveau Monde La restauration de la monarchie en 1660 restaura également l'anglicanisme strict et les puritains furent expulsés de l'Église d'Angleterre. Ceux qui refusèrent l'intégration furent catalogués comme nonconformists. Le puritanisme anglais entra alors dans la période appelée la Great Persecution et fut contraint de reporter sur les colonies puritaines qui prospéraient en Amérique l'espoir de réaliser ses objectifs. En 1640, le « Puritan Holy Commonwealth » comptait 40 Églises en Amérique, qui éclatèrent en différentes Églises et factions. Le groupe le plus vaste se retrouvait dans les Églises presbytériennes et congrégationalistes. Le méthodisme au XVIIIe siècle et le Réveil évangélique au XIXe siècle furent profondément influencés par le puritanisme. On comprend qu’Alexis de Tocqueville ait noté qu’il s'agit tout autant d'une théorie politique que d'une doctrine religieuse. * … Théorie politique qui débouche sur la révolution américaine avec l’indépendance des États-Unis, et sur l’instauration d’un système représentatif, renversement de la monarchie imposée d’en-haut… Avec comme retour d’effet en France, France qui a soutenu les Américains prenant leur indépendance face à l’Angleterre (Lafayette), la mise en place, lors de la révolution, d’un système s’en rapprochant. Un système à vocation représentative, donc, qu’on a coutume d’intituler « démocratique », et dont le modèle initial est le conflit du parlement anglais contre la monarchie absolue débouchant sur la première révolution moderne. * * * * Olivier Abel — Flibustiers protestants (Réforme n°3201 du 2006-11-30 « Disputatio » — Par Olivier ABEL (professeur de philosophie à l'Institut protestant de théologie de Paris) : Et si la grande épopée de la flibuste n’avait été que l’écume du même mouvement qui a fait la Réforme ? C’est que l’Océan est en phase avec la théologie protestante : il n’y a plus ni roi ni pape, on est seul avec Dieu, on a tout quitté. Obligés de vivre chaque jour sans être trop assuré du lendemain, on sait vite qu’il est impossible de s’approprier la mer, de la retenir entre ses doigts. Mais il y a dans le même temps une nouvelle donne géopolitique, et on voit le monde actif se décentrer de la Méditerranée vers l’Atlantique. En 1494, le traité de Tordesillas partage le monde nouveau entre Espagnols et Portugais, sous l’égide du pape. Très vite, le trop vaste empire espagnol, avec ses conquistadors, doit lutter pour assurer son hégémonie. Les corsaires protestants ont ainsi été lancés à l’assaut de l’empire et, pendant un siècle, tous les pirates, qu’ils soient français, anglais ou hollandais, seront pêle-mêle désignés comme des luteranos, des « luthériens », par les Espagnols.
* Et puis, ci-dessous, pour illustrer l’héritage de la piraterie et de ses idéaux dans l’imaginaire, un film de 1939, Jamaica Inn, dirigé par Alfred Hitchcock : * Page précédente /
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