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Bible & textes fondateurs (4)

Par Rolpoup :: mardi 22 janvier 2008 à 11:39 :: KT Adultes

 


 

4)               24 janvier 2008
Le Nouveau Testament



On appelle Nouveau Testament, c’est-à-dire (Livres de la) Nouvelle Alliance (en grec : hé Kainè Diathéké) l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et aux premières années du christianisme qui sont considérés comme authentiques par les Églises chrétiennes. Ce sont des écrits qui, relevant d'un témoignage postérieur au dimanche de Pâques, s'attachent à relater le mystère de cet homme et les conséquenses de sa manifestation. Sont retenus ceux qui sont réputés provenir du milieu apostolique et qui se caractérisent par un équilibre entre les tendances diverses parmi les premiers disciples.

Le mot « testament » vient du mot grec (diathéké, « testament, contrat, convention, alliance ») traduit en latin par testamentum (testament, témoignage). Le mot grec a un sens plus large (celui de contrat) que celui du mot latin aussi certains préfèrent le traduire par Alliance.

 

Les chrétiens considèrent que la Bible se compose dès lors de la Bible hébraïque (perçue communément comme « Ancien Testament » = écrits antérieurs à Jésus) et du Nouveau Testament.

Le Nouveau Testament — qui nous est parvenu via plusieurs manuscrits, et familles de manuscrits (expliquant des variantes de lecture possibles) par exemple Sinaïticus (a), Alexandrinus (A), Vaticanus (B), codex de Bèze (D), etc. (nommés en fonction du nom des bibliothèques de leur découverte ou conservation) —

comprend, selon le canon retenu :

 

    * les quatre évangiles ;

    * les Actes des Apôtres ;

    * 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse ;

    * d'autres épîtres, dites catholiques attribuées à d'autres disciples ;

    * l’Apocalypse selon Jean.

 

Le classement des livres du Nouveau Testament n'est pas chronologique selon leur date d'écriture - qui n'est d'ailleurs pas connue avec précision - mais répond à une progression logique :

 

    * la vie de Jésus, racontée sous l'invocation de quatre disciples ;

    * l'histoire des débuts de l'Église primitive ;

    * les épîtres de Paul aux premières communautés chrétiennes, prodiguant enseignement, conseils et éclaircissements sur la foi du Christ ;

    * d'autres épîtres attribuées aux premiers disciples ;

    * l'apocalypse, qui signifie 'révélation', et que beaucoup considèrent comme une prophétie sur la fin des temps.

 

Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveau_Testament

 

*

 

Quelques étapes de l’établissement du Canon du Nouveau Testament :

Vers 200 émerge l'idée d'un catalogue des livres composant le Nouveau Testament.
Font alors autorité :

 

    * 4 évangiles

    * 13 lettres de Paul

    * les actes

    * la première lettre de Jean

    * la première lettre de Pierre

 

Outre les indices du cheminement dans la lente constitution du corpus, indiqué dans l'article Evangile, des témoins plus concrets sont donnés dans :

 

    * Le Fragment de Muratori, d'origine romaine

    * Irénée de Lyon, originaire d'Asie Mineure,

    * Tertullien de Carthage

    * Clément d'Alexandrie

 

L'influence de Marcion (vers 150) dans la constitution du canon.

 

Le canon de Marcion, qui se réclame du seul Apôtre Paul, précède le canon officiel. Il garde des écrits qui circulent :

 

    * Les épîtres de Paul, dont il n'en connaît que 10 sur 13 du canon officiel postérieur,

    * Une version expurgée de l'évangile selon Luc tenu pour un compagnon de Paul (cf. Col 4, 14 ; 2 Ti, 4, 11 ; Phil 1, 24).

 

Les lettres de Paul connues par Marcion sont les suivantes :

 

    * Galates,

    * 1 et 2 Corinthiens

    * Romains,

    * 1 et 2 Thessaloniciens

    * Ephésiens que Marcion nomme "Laodicéens"

    * Colossiens

    * Philippe

    * Philémon.

 

Le Diatessaron de Tatien

 

Troublé par le fait qu'on retienne 4 évangiles présentant 4 témoignages différents sur les dits et les faits de Jésus, Tatien entreprend de les fondre en un seul récit continu et cohérent, ne retenant que ce qui leur est commun, gommant par cette sélection tout ce qui est divergent qu'il considère comme dépourvu de sens autre qu'anecdotique. Il s'inspire des 4 évangiles, canonisés depuis. La liberté avec laquelle il les utilise, les emprunts qu'il fait à d'autres sources, laissent à penser qu'à l'instant où il écrit, les 4 grands évangiles ne sont pas encore sacralisés.

 

Canonisation des 4 évangiles

 

Pourquoi ces 4 là et pas les autres ? Cette question vient immédiatement à l'esprit d'un lecteur du XXIe siècle. Elle intéressait aussi les lecteurs de l'Antiquité tardive et la réponse donnée par Irénée de Lyon dans son Contre les hérésies ne manquera pas d'étonner le lecteur contemporain : il ne peut y avoir ni un plus grand ni un plus petit nombre d'évangiles. En effet, il y a 4 régions du monde dans lequel nous sommes et 4 vents principaux. Une réponse qui témoigne cependant de ce qu'à son époque, nos quatre évangiles sont déjà l'objet d'un grand respect.

Probablement plus décisif comme argument en faveur de leur canonicité au déficit d'autres écrits, ces quatre-là se caractérisent par leur inscription dans une sorte de "juste milieu" entre les courants parfois divergents qui traversent l'Eglise primitive.

 

Coexistence d'une tradition orale

 

L'étude des Pères de l'église et le recueil des citations qu'ils donnent dans les écrits du IIe siècle et IIIe siècle montrent que des paroles attribuées à Jésus ne proviennent pas toutes des évangiles tels qu'ils nous sont connus. La première hypothèse est qu'ils citent de mémoire et que celle-ci n'est pas tout à fait précise. Autre hypothèse : d'autres évangiles ont été écrits qui transmettent d'autres traditions sur les dits et les faits de Jésus. Ils mettent à profit la même tradition orale et servent de référence dans les textes des Pères anciens. Des ouvrages comme :

 

    * L'évangile de Thomas,

    * L'évangile de Pierre,

    * Le dialogue du Sauveur ;

 

conservent des traditions sur Jésus. Quelques-uns de ces textes périphériques sont couramment utilisés qui n'ont pas été conservés par la canonisation. Ainsi, Papias, évêque de Hiérapolis qui n'est connu que par l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée, connaît des récits similaires à ceux rapportés dans l'évangile "selon Marc" et des éléments de récits qu'on retrouvera dans l'évangile "selon Matthieu".

 

*

 

Listes

 

Selon qu'elles viennent d'Orient et d'Occident, les listes de livres retenus ne sont pas les mêmes. Outre les réticences à la réception plurielle d'un témoignage tétramorphe*, certains livres reçus en Occident sont répudiés en Orient et réciproquement (*concernant les évangiles, il s'agit en quelque sorte d'un néologisme d'Irénée. Le terme renvoie au "tétramorphe" des quatre "animaux" angéliques d'Ezéchiel 1 et d'Apocalypse 4, devenant la figure classique des quatre évangiles).


Les églises orientales fonctionneront longtemps avec un canon de 22 livres tandis que les églises d'Occident tiendront pour un canon de 27 livres. Orientaux comme Occidentaux utilisent cependant les mêmes critères :

 

    * Sont indiscutables les livres qui sont reçus par le plus grand nombre.

    * Suit une deuxième collection de livres qui semblent bons mais dont on se demande s'ils le sont assez pour être lus en public durant les liturgies.

    * La troisième liste rassemble les livres écrits par des hérétiques et, pour cela doivent être rejetés (voire détruits).

 

Ce classement appelle quelques remarques.

 

Sur la deuxième liste

 

Elle comporte généralement des textes dont la critique textuelle contemporaine montre qu'ils sont de rédaction contemporaine ou quasi-contemporaine de ceux qui se chargent d'établir les listes. Quoique la canonisation d'un texte contemporain ne soit pas interdite, comme le montre celle du Diatessaron de Tatien dans l'église syriaque, il semble que l'ancienneté attribuée aux textes soit un sésame. Cette deuxième liste comporte aussi des livres nés de père inconnu mais reçus partout. Au bout de longues tractations, certains seront inclus dans le canon. D'autres, d'usage liturgique dans certaines communautés, seront rejetés. On n'a aucune idée de ce que signifie pseudépigraphie.

 

Les livres toujours retenus

 

La première liste comprend partout :

 

    * Les 4 évangiles,

    * Les actes,

    * La première épître de Jean.

 

En ce qui concerne les épîtres de Paul, les listes varient. Marcion en connaissait 10, les autres listes en donnent 13, voire 14. Certaines listes furent construites autour de la symbolique du nombre 7 au prix d'acrobatie : les lettres doubles comptant pour une seule.

 


Les livres suivants furent toujours retardés:

    * Les épîtres dites catholiques, non parce qu'elles appartiennent en propre à une dénomination (comme on aurait tendance à le croire aujourd'hui) mais parce qu'elles sont adressées à toutes les Eglises au lieu d'être adressées à l'une d'elles.

 

Ce sont :

 

    * Jude,

    * 2 et 3 Jean,

    * Jacques,

    * 2 Pierre.

 

Quelques textes sont systématiquement ignorés en occident qui sont appréciés en Orient et réciproquement :

 

    * L'épître aux Hébreux, reçue en Orient,

    * L'Apocalypse (Révélation) de Jean, reçue en Occident, rejetée en Orient. Mise en cause par Athanase d'Alexandrie, elle sera intégrée au canon au IVe siècle,

    * L'épître à Philémon est ignorée de l'église syriaque qui connaît en revanche une 3e épître aux Corinthiens.

 

Clôture du canon

 

Dans les églises latines :

 

Le canon se clôt à 27 livres par autorité d'église. De ce fait, il se ferme plus tôt qu'en Orient aux synodes régionaux de Carthage de 397 et de 419. Jusqu'aux dernières années du IVe siècle, il exclut l'épître aux Hébreux. Cette question n'est jamais traitée dans les conciles œcuméniques de la fin du siècle. Cette lacune assigne donc ces conciles au rôle de tribunal et au lieu d'espace où traiter des affaires des églises dans un projet d'unification. En dépit des décrets de Gélase, les littératures apocalyptiques autres que celle de Jean seront recopiées et tenues pour partie prenante du Nouveau Testament jusqu'au milieu du Moyen Âge (XIIIe siècle)

 

Dans les églises grecques :

 

C'est l'usage des livres dans les communautés qui détermine le canon. Le canon démarre à 22 livres, sans épître aux Hébreux, sans lettres de Jaques, ni 2 Pierre, ni 3 Jean non plus que Jude. Au milieu du IIIe siècle, l'œuvre de Cyprien de Carthage ne cite aucun de ces 5 livres non plus que la lettre à Philémon et, bien évidemment sans Apocalypse.

 

Cette opposition aux littératures apocalyptiques s'inscrit dans la lutte contre le millénarisme montaniste, attestée par Eusèbe de Césarée, puis par Grégoire de Naziance, Amphiloque d'Iconium (mort en 896) qui déclare à propos de l'Apocalypse:

 

"Certains l'acceptent mais la plupart le disent inauthentique."

 

L'école d'Antioche, avec Jean Chrysostome (347-407), Théodore de Mopsueste (393-466) s'en tient à un canon de 22 livres sans Apocalypse. Le concile In Trullo (692) ne règle rien.

 

Des livres exclus par la clôture 

 

Dans sa lettre Festale, Athanase recommande des livres non canoniques pour l'instruction des débutants qui sont aujourd'hui considérés comme apocryphes :

 

    * Le pasteur d'Hermas

    * La Doctrine des apôtres (Didachè ?)

 

Cette critique d'Athanase offre une hypothèse concernant les manuscrits coptes de Nag Hammadi ; furent-ils enterrés parce qu'une partie d'entre eux faisaient partie des livres condamnés ? Cf. séance suivante.

 
Cf.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_(Bible)

 

 

 

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