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KT ados - Séance du 16 mai 2009Par Rolpoup :: dimanche 10 mai 2009 à 11:45 :: KT Ados
Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui
Année 2008-2009 (Cf. Programme de l'année)
16 mai 2009 Par Christiane Fisher : GRANDE FIGURE DU PROTESTANTISME ALBERT SCHWEITZER
A plus d’un titre, Albert Schweitzer (1875 – 1965) fait figure de précurseur : théologien mais aussi médecin pionnier de l’humanitaire, pasteur mais aussi philosophe pionnier de l’écologie. De l’Alsace au Gabon, où il fonde un hôpital en 1913, se tresse une vie partagée entre la pensée, la médecine et la musique d’orgue. Une existence faite d’urgence et de fraternité, d’un sens éthique universel, que viendra couronner, en 1952, le prix Nobel de la paix. Pour une grande majorité de gens Albert Schweitzer fut surtout connu en tant que médecin à Lambaréné, Gabon, où il fonda un hôpital. Cependant il naquit en Alsace à Kaysersberg le 14 janvier 1875, d’un père pasteur (Louis) et d’une mère, elle-même fille de pasteur, Schillinger de son nom de famille, et Albert Schweitzer lui-même fut avant tout pasteur. Peu après sa naissance la famille Schweitzer va habiter Gunsbach, village près de Munster en Alsace où son père exercera un ministère pastoral de plus de 50 ans jusqu’à sa mort en 1925. Albert Schweitzer vécut dans ce village une enfance heureuse mais dans une région de France alors sous la domination allemande (de 1870 à 1918). Cependant Gunsbach deviendra une localité complètement inséparable du nom d’Albert Schweitzer. Après la mort de ses parents Schweitzer fera construire à Gunsbach en 1929 une maison où il reviendra régulièrement, grâce au prix Goethe de la ville de Francfort reçu l’année précédente. Un autre lieu inséparable du nom d’Albert Schweitzer est Lambaréné, au Gabon, faisant alors partie de l’Afrique Équatoriale Française, où il fondera son hôpital à l’orée de la forêt vierge, en 1913, et où il mourra le 4 septembre 1965, peu après avoir fêté son 90ème anniversaire. La maison de Gunsbach est aujourd’hui le centre rayonnant de la pensée d’Albert Schweitzer et l’hôpital de Lambaréné attire lui aussi bien des visiteurs. Il est toujours en activité et en pleine expansion. C’est à l’université de Strasbourg qu’Albert Schweitzer fait ses études de théologie (1893-1898), conjointement d’ailleurs à des études de philosophie et d’orgues. De 1903 à 1906 il est directeur du séminaire de théologie protestante St Thomas à Strasbourg et de 1902 à 1912 il est enseignant à la faculté de théologie protestante de Strasbourg et aussi de 1899 à 1811 il est vicaire de la paroisse de St Nicolas de Strasbourg où on lui confie le ministère de catéchète et de prédicateur. Évoquant ce ministère de la prédication, qui fut le sien tout au long de sa vie, Schweitzer dira, surtout, de ce service accompli fidèlement la joie qu’il lui a procuré autant à Strasbourg qu’à Lambaréné où les sermons de Schweitzer devaient être traduits en deux dialectes et cela chaque dimanche matin. Schweitzer a ainsi prêché avec persévérance et cela malgré la fatigue qui a été le lot de toute sa vie surtout quand il mènera de front son ministère pastoral, son enseignement, ses recherches théologiques, ses études de médecine et ses études d’orgues accompagnées de fréquents concerts à Paris. Schweitzer commencera à vivre une lutte contre la fatigue, de fait interminable et cela jusqu’à sa mort. A l’âge de 21 ans Schweitzer, pendant les vacances de la Pentecôte décida de vivre la vie de pasteur, la science et la musique jusqu’à l’âge de 30 ans. « Ensuite quand la science et la musique m’auraient apporté ce que je cherchais je voulais m’engager dans une voie d’aide directe. Ce que cette voie serait les circonstances me le feraient découvrir entre-temps. » Dans cette attente de transformer la parole en action pour Schweitzer (mettre la parole en pratique), la musique eut toujours un rôle primordial pour lui. Les deux activités que Schweitzer exerça pendant toute sa vie furent la prédication et la musique en jouant de l’orgue. Schweitzer prit avec son père ses premières leçons de piano à l’âge de cinq ans. A sept ans il étonna sa maîtresse d’école en jouant à l’harmonium des mélodies de chorals avec des harmonies de son invention. A huit ans il commença à jouer de l’orgue alors qu’il avait à peine les jambes assez longues pour atteindre les pédales. A neuf ans il fut autorisé à remplacer l’organiste au culte. A l’âge de seize ans il tint pour la première fois les orgues de l’Église St Etienne à Mulhouse à l’occasion d’un concert dirigé par son professeur, Eugène Münch, en interprétant le Requiem de Brahms. Eugène Münch fut son maître de musique pendant huit ans et il l’initia à Jean Sébastien Bach. Son autre professeur fut Charles Marie Widor, alors professeur au conservatoire de Paris et titulaire des orgues de l’Église Saint-Sulpice à Paris. Ainsi trouve-t-on Schweitzer pour un semestre à Paris, à la fois inscrit en philosophie à la Sorbonne et étudiant l’orgue avec Widor. Schweitzer écrit : »Il m’arrivait parfois de me rendre le matin à ma leçon d’orgue chez Widor, sans m’être couché la veille », car il travaillait alors à sa thèse de doctorat en philosophie. Rappelons que Schweitzer fut l’organiste de la Société Bach de Paris en 1906. On ne peut ici que redire que Schweitzer fut un travailleur acharné toute sa vie durant et qu’il devait cela à une santé très robuste. Schweitzer aurait pu devenir organiste professionnel et vivre ainsi de son art. Ses concerts qu’il donne à travers l’Europe seront presque tous destinés à recueillir des fonds pour l’hôpital de Lambaréné. Schweitzer jouait sans cesse de l’orgue et ne cessait pas de s’exercer. Quand il n’avait pas d’instrument (par exemple sur le bateau qui le ramena en France en 1917) il apprenait par cœur des fugues de Bach ou tout autre morceau. Il jouait alors en utilisant une table comme clavier, et le sol, comme pédalier, dessinés à la craie. A Lambaréné il disposait d’un instrument spécialement construit pour lui et adapté au climat équatorial très humide, un piano à pédalier que lui offrit la Société Bach de Paris. Il écrira d’ailleurs un livre sur Bach et des ouvrages sur l’orgue : »l’art de construire des orgues et l’art de l’orgue en France et en Allemagne. (Voir page 38). Schweitzer milite pour la sauvegarde et la restauration d’orgues anciennes, de grande qualité. Schweitzer estimait qu’une œuvre de Bach est de l’ordre de la prière et du culte et il inscrivait au début et à la fin de ses partitions la belle et fameuse devise des protestants « A Dieu seul la gloire ! – Soli Deo Gloria ! » Schweitzer fut fidèle à sa pensée, il écrit à un ami en 1908 : »Il m’est apparu clairement que telle devra être ma vie, non pas consacrée à la science ni à l’art, mais au service des hommes, en étant moi-même simplement homme et en réalisant le peu que je saurai réaliser, dans l’esprit de Jésus… Ce que vous aurez fait ici pour le plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait ». Schweitzer entreprit des études de médecine de 1906 à 1913 à Strasbourg ainsi qu’à Paris où au printemps 1912 il étudiera la médecine tropicale à l’Institut des maladies coloniales. Quitter, pour devenir médecin missionnaire en Afrique, son enseignement universitaire et sa paroisse fut pour lui un réel arrachement. Trois renoncements lui furent en effet très douloureux et finalement, ne s’avérèrent pas tels : renoncement de l’orgue d’abord, mais le fameux piano à pédalier lui permit en Afrique d’atteindre un niveau technique supérieur, le renoncement à son enseignement universitaire de Strasbourg, mais son départ va bientôt lui permettre d’être invité à donner des conférences dans d’innombrables universités en Europe, le renoncement à son indépendance matérielle, mais ses droits d’auteurs, d’une part et ses récitals d’orgues vont lui rendre une part considérable de cette liberté première, apparemment perdue. Que le commandement de l’amour de Dieu et du prochain, étroitement unis, inspirent la conduite chrétienne, qu’ils dominent l’Évangile du Christ paraît une évidence à Albert Schweitzer. Il fut ainsi consterné et profondément attristé quand, annonçant à ses proches en octobre 1905 sa décision de faire des études de médecine pour devenir missionnaire en Afrique, il ne rencontra sur son chemin que sarcasmes, dénonciation d’une décision absurde que l’on jugeait même dictée par l’orgueil. « Je fus frappé de voir combien ils étaient loin de comprendre que le désir de servir l’amour prêché par Jésus pût orienter un homme dans une voie nouvelle ». En 1912 Schweitzer devra se retirer à Gunsbach, au presbytère paternel, dans un état de fatigue, voir de dépression, qui l’obligera à remettre de dix mois son départ pour Lambaréné. C’est cette même année qu’il épouse le 18 juin, Hélène Bresslau, dont les parents étaient juifs, et qui était infirmière et le secondera bientôt en Afrique. Une fille naîtra en 1919, Rhéna, et elle vivra par la suite aux États-unis. Le départ de Gunsbach aura lieu le 21 mars 1913, le jour du vendredi Saint et l’arrivée en bateau à Lambaréné le 16 avril. L’embarquement se fit à Bordeaux. C’est ainsi que commença le premier séjour au Gabon de 1913 à 1917. Au cours de sa vie on compta 14 séjours plus ou moins longs à Lambaréné où Schweitzer et sa femme sont enterrés. La plus longue absence de son hôpital de 1917 à 1924 est due à la Première Guerre Mondiale, la plus longue présence de 1939 à 1948 à la deuxième. L’hôpital de Lambaréné fut bâti d’abord sur un terrain de la station de la Société des Missions de Paris et c’est un poulailler qui constitua la salle de consultation. Très vite les malades affluèrent et cela avant même que Schweitzer se fût installé, aussi simple fût cette installation les premiers jours (voir l’Orée de la Forêt Vierge). Le manque de place contraindra Schweitzer à transférer son hôpital en 1927 sur un terrain mieux adapté situé à 3 kms en amont du fleuve, L’Ogooué. Pendant la guerre Schweitzer fut contraint de quitter son hôpital en 1917, ayant été fait prisonnier avec sa femme. Les Français l’arrêtèrent en tant que ressortissant allemand. Il ne retournera à Lambaréné qu’en 1924 et ces sept années furent les plus noires de son existence ayant à subir deux opérations consécutives à son internement d’abord dans les Hautes Pyrénées à Garaison puis à Saint Rémy de Provence où il passa son temps à soigner les malades. De 1919 à 1921 il rejoint l’Église de St Nicolas de Strasbourg et même il fut vicaire de son père à ce moment là à Gunsbach. Il donna des récitals d’orgue en Suède, fut assistant des Hôpitaux de Strasbourg en dermatologie et publia deux tomes sur la civilisation et l’éthique. Mais sa décision était prise et il lui fallait repartir pour Lambaréné. Sa volonté était inébranlable. La grande originalité de Schweitzer à l’hôpital de Lambaréné était qu’il l’avait conçu en tant que village hôpital. On y accueillait les malades venus de très loin ainsi que leur famille. Cela permettait aux patients de vivre là une vie pareille à celle qu’ils avaient chez eux, d’être entourés de leur proche qui, eux, accomplissaient les tâches ménagères. Ce refus de couper les malades de leur famille n’est-il pas une des demandes et des recherches premières du monde hospitalier le plus moderne aujourd’hui ? Cette méthode était tout simplement humaine. Deux vertus dont Schweitzer a toujours fait preuve sont l’enthousiasme et la volonté. Schweitzer a toujours gardé en lui une capacité d’enthousiasme, dont il pense qu’elle caractérise la jeunesse, dans tout sa force vive, ses élans généreux, ses révoltes et sa soif d’idéal. La deuxième qualité qui se dégage de la vie d’Albert Schweitzer est celle de la volonté. Notre pauvre volonté proprement humaine doit se fondre en Dieu et se confondre avec celle toute puissante de Jésus. « Soyons convaincus que, dans la mesure de nos moyens, nous devons, dans l’espérance et la peine, être des ouvriers contribuant à établir la volonté de Dieu autour de nous. » Schweitzer se disait lui-même moins voué à la théologie qu’à la philosophie et en 1899 il obtint son doctorat de philosophie. Sa thèse fut consacrée à « La philosophie de la religion de Kant. Dès 1899 Schweitzer eut l’idée de travailler à une lecture critique de la civilisation et des philosophies qui la sous-tendent. Ce livre, Philosophie de la civilisation paraîtra en allemand en 1923 en deux tomes : Le déclin et la Restauration de la civilisation et La civilisation de l’éthique. Cet ouvrage paraîtra en français en 1976 sous deux noms différents : »La civilisation et l’éthique » qui reprendra tout le volume 1 de la version allemande plus les six derniers chapitres du Tome 2 et en 1979 « La paix par le respect de la vie » qui reprendra les premiers chapitres et l’important avant-propos du tome 2 de la version allemande. Dans son livre La Civilisation de l’Éthique cinq traits principaux caractérisent la faillite de la civilisation : L’asservissement de l’homme moderne qui ne connaît plus de véritable indépendance personnelle, le surmenage où le travail est vu sous l’angle du seul rendement, une spécialisation à outrance avec des êtres humains morcelés, une déshumanisation de l’être humain de plus en plus gagné par l’indifférence aux autres, enfin une organisation qui nous domine et qui nous échappe avec le règne totalitaire de l’administration, des intérêts économiques. Une pensée très moderne, finalement. « Dans une civilisation authentique, l’homme conduit aussi sa réflexion dans le sens d’une maîtrise de l’esprit, par et pour l’esprit ». Un renversement et un retournement sont nécessaires pour retrouver le chemin d’une réflexion personnelle concernant à la fois le sens de notre vie et celui de … la vie. Il convient de réconcilier la civilisation et l’éthique. Cette dernière seule sortira la philosophie des discours sur discours, des théories abstraites de la connaissance. Il y a bien chez Schweitzer une dimension existentialiste de sa pensée. Il ne faut pas oublier que le grand-père maternel du philosophe Jean-Paul Sartre (Charles Schweitzer) était le frère du père d’Albert Schweitzer, Louis Schweitzer. Ils étaient donc petits cousins. Ils se sont bien connus et avaient beaucoup de respect l’un pour l’autre, contrairement à ce qu’on a bien voulu dire. Au sujet du colonialisme, Schweitzer en souligne les méfaits au cours de ses prédications (p 76). Enfant il fut fasciné par une statue du sculpteur Bartholdi (auteur de la statut de la liberté à New York) qui se dressait à Colmar, ville d’origine du sculpteur. De cette statue, dont Schweitzer dit qu’elle orienta ses rêves d’enfants « vers des horizons lointains », il écrit ceci en parlant de Bartholdi : »Il a sculpté dans la pierre un nègre qui est bien l’une des plus émouvantes créations de son ciseau ; une figure herculéenne, au visage triste et méditatif. J’étais tout préoccupé par ce nègre. Toutes les fois que nous allions à Colmar, je cherchais l’occasion de la contempler. Son front me parlait des souffrances du continent noir. C’est un pèlerinage que je ne manque jamais quand je vais à Colmar. » Cette statue n’existe plus mais Schweitzer en a retrouvé la tête qui est exposée à la maison de Gunsbach, aujourd’hui, un Musée, cette tête exposée au-dessus du lit, dans la chambre de Schweitzer. Schweitzer s’est fait l’apôtre de la douceur, dénonçant la violence, surtout celle des armes. Schweitzer voyait dans l’armement atomique une menace mortelle. Il fit sur les ondes de la radio norvégienne plusieurs allocutions traduites en plusieurs langues en 1957 et 1958 contre les expériences et l’armement atomique. En 1953 le prix Nobel de la paix lui avait été décerné. Il le reçut à Oslo en 1954 où il parla du problème de la paix à la remise de son prix. Albert Schweitzer avait une préférence particulière pour l’histoire à l’école. C’est sur les ouvrages historiques que se concentrera d’ailleurs sa rage de lecture. Cet intérêt pour l’histoire est lié en réalité à sa recherche et à son amour de la vérité. Selon Schweitzer on a beaucoup trop souvent mis en doute les paroles de Jésus parce qu’elles nous dérangeaient. Le fait de contester la vérité historique de tels passages bibliques est, pour Schweitzer un acte de pure violence et correspond à des manœuvres destinées à accommoder les paroles de Jésus à notre manière actuelle de voir les choses au lieu de les accepter dans leur troublante vérité. C’est en faisant son service militaire, alors qu’il est encore étudiant qu’il relit dans le texte grec le Nouveau Testament et notamment les chapitres 10 et 11 de l’Évangéliste Matthieu, et qu’alors s’impose à lui que ce qu’il en comprend s’oppose tout à fait avec ce qu’on lui enseigne à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg. « Le mystère du Royaume de Dieu contient le mystère total de la conception chrétienne du monde » Pour comprendre Jésus il ne s’agit pas tant de comprendre le mystère de la rédemption, une œuvre passée mais il s’agit de regarder vers celle à venir du Royaume promis. Schweitzer publia deux gros pavés sur Jésus : Histoires des recherches sur la vie de Jésus paru en 1906 et complété en 1913 puis un livre sur La Mystique de l’apôtre Paul en 1930. Le dernier ouvrage théologique écrit par Albert Schweitzer sera écrit en 1950-1951 : »Royaume de Dieu et Christianisme » Schweitzer y déclare : »Le Christianisme est en son essence une religion de la foi en la venue du Royaume de Dieu ». Cette foi n’est pas une religion passive ; elle n’est ni un dogme improductif, ni un rite stérile ; Elle est une attitude éthique où triomphe, portée par une espérance invincible une relation d’amour entre Dieu et les hommes. Finalement on sait que toute l’éthique de Schweitzer, c’est à dire l’ensemble de ses règles de conduites se résume dans la formule bien connue du Respect de la Vie. La conception du monde telle que la veut Schweitzer aboutit à une affirmation éthique du monde et de la vie, et non pas en une reconnaissance purement abstraite, celle de philosophies déconnectées de la réalité. Le respect de la vie correspond ainsi aussi à l’amour du prochain, tel que l’enseigne Jésus et nous l’apporte l’Évangile, mais élargi à une dimension universelle, où le monde animal et végétal aussi soit pris en compte. Conclusion Quand on ouvre le dictionnaire à la rubrique Albert Schweitzer voici les mots que l’on y trouve : »Théologien, philosophe, musicien, musicologue et médecin missionnaire français ».Cette énumération nous en dit long sur la qualité d’intellectuel que fut Schweitzer mais ce penseur aux dons si diversifiés fut également un manuel. Ses mains furent d’abord celles de l’organiste courant sur le clavier pour interpréter Bach. Elles furent aussi celles du chirurgien de Lambaréné, mais aussi celle du chef de chantier, construisant et reconstruisant son hôpital de ses propres mains. Ses mains furent celles d’un homme dont l’action humanitaire montre qu’il sut tendre la main. Elles furent aussi celles du penseur, la plume à la main. Ses mains ne sont-elles pas aussi celles du pasteur, faisant la bénédiction à la fin du culte. Il consacrera deux prédications à cette bénédiction du verset 7 au chapitre 4 du livre de l’apôtre Paul aux Philippiens : »La paix de Dieu qui dépasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ ». Albert Schweitzer met la dernière main à son autobiographie évoquant sa vie et sa pensée en 1931 et c’est encore la foi du croyant, du mystique et du pasteur qu’il apparaît aux dernières lignes de son ouvrage : »J’ai conservé la foi que j’avais dès mon enfance » puis plus loin : »Je considère avec calme et humilité le travail à venir afin d’être prêt à y renoncer un jour s’il le faut. Mais, actifs ou souffrants, nous devons faire preuve du courage de ceux qui ont lutté et sont parvenus à cette paix qui surpasse toute connaissance. » La vie d’Albert Schweitzer n’est-elle pas vraiment, avec cette conversion vers la médecine et Lambaréné, une vie prise en main ? Trackbacks
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