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KT ados - Séance du 19 février 2011Par Rolpoup :: lundi 14 février 2011 à 17:51 :: KT Ados
IX ) 19 février 2011
— L’enseignement et les faits et miracles de Jésus
3) Un signe de pardon et de renouvellement Marc 2, 1-12 * Tout d'abord, imaginons la scène. Quatre plans principaux, quatre niveaux dont les acteurs vont chacun intervenir : d'abord, le cercle le plus extérieur, la foule. Au centre, Jésus. Entre ces deux plans, le paralysé et ses amis qui se sont démenés farouchement pour venir à Jésus, d'une part ; et les sages, de l’autre. Jésus prononce une parole qui laisse tout le monde pantois : "Tes péchés sont pardonnés" — ce que tu as mal fait —, dit-il au paralytique. Étonnement de la foule, bien sûr, mais aussi, en premier lieu, du paralysé, et — bien sûr — des sages. Le paralysé, tout d'abord. Mettons-nous à sa place. On imagine que lui — avec ses amis —,attendait autre chose qu'une déclaration de pardon des péchés. Sachant la réputation de Jésus qui a attiré cette foule nombreuse, il est peut-être déçu, dans un premier temps, étant venu chercher autre chose qu'une telle déclaration. Autres acteurs qui entrent alors en jeu : les sages. Eux, leur trouble est d'une autre nature : qui peut pardonner, sinon Dieu seul ? demandent-ils. Que sait-on du mal subi par autrui ? Il est des offenses dont les conséquences sont si graves que Dieu seul peut en avoir la mesure, et donc que lui seul peut en envisager le pardon. C’est vrai de toute offense, au fond : qui peut la mesurer pour autrui ? Si ma paix est à ce prix : pardonner de tout mon cœur l'offense qui m'a été faite, qui suis-je pour exiger d'autrui qu'il pardonne des offenses qui ne m'ont pas été faites à moi et, à plus forte raison, pour carrément octroyer le pardon pour le tort qui ne m'a pas été fait à moi ?! Jésus exagère, pensent les sages.
Et là se place le second coup d'éclat, après la première provocation : la guérison du paralysé. Lui est content, probablement ! Mais Jésus laisse l’assistance de plus en plus perplexe. Le pardon aurait-il été un préalable pour la guérison ? Jésus confirmerait-il indirectement ce vieux discours faux, qui voudrait que maladie ou handicap soient bien mérités par leurs victimes ? Genre : ils ne l'ont pas volé ! Discours parfois actuel sous couleur d'ordre médical : cancer ? Fumeur ou autre. Sida ? Qu’a-t-il fait pour ça ? Etc. Façons de dire :il ne l’a pas volé. Pour le paralytique du texte, pareil : faut-il soupçonner une faute cachée ?… Jésus ne dit rien de cela. Le pardon n’est pas pour pouvoir le guérir ensuite ! Est-ce à dire alors que le pardon est considéré par Jésus comme moindre chose que la guérison d'une paralysie ? Le paralysé, lui, et on le comprend, peut être attiré par cette idée, suite au miracle : il marche et cela peut lui suffire ! En fait, par ces deux coups d'éclats successifs, sa parole de pardon et son miracle, Jésus montre tout autre chose. C'est le pardon, libération infinie, qui est la chose importante, primordiale. Les sages le savent. Et, pour appuyer la chose, la souligner encore, pour que tous voient, Jésus renvoie le paralysé guéri ! Les sages sont abasourdis : qui est donc celui-ci ? La foule, l'acteur extérieur, réapparaît alors pour leur donner la réponse : "Nous n'avons jamais rien vu de pareil" ; et tous s’émerveillent de ce que Dieu a fait. Alors celui-ci, Jésus, le Fils de l'homme qui est dans les cieux, est ce que l'on soupçonne. Il a réellement le pouvoir de pardonner les fautes. Par lui, le Royaume de Dieu s'est bien approché. Les cieux s'ouvrent... Reprenons la scène initiale : une foule compacte. Tous se pressent, faisant fi de la chaleur, de la transpiration, des odeurs, de l'ambiance... Il y a là plus important que nos fiertés et nos répugnances, on le pressent, on le sait. Et voilà les amis de notre paralysé, bien décidés à présenter leur homme à Jésus, malgré la difficulté. Ils dégarnissent le toit. Regards désapprobateurs. Persistance quand même ; ils réussissent enfin à présenter leur ami à Jésus. Et là apparaît l'immensité de la grâce, de la faveur de Dieu : voyant leur foi, dit le texte, leur foi à eux, Jésus déclare le pardon des péchés de leur ami. Il n'est pas sauvé par sa foi, mais bien par la grâce, signifiée non pas à sa foi à lui, mais à celle de ses amis. Si nous hésitons encore sur le poids de la prière, sur le poids de la confiance en la grâce, sur toute la solidarité, de prière donc, déjà, qu'elle permet, alors écoutons bien cela : voyant leur foi, celle de ses amis, Jésus dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés ». La foi des uns vient au secours des autres. Le paralysé est sauvé à cause de la foi de ses amis. Ou plutôt de la faveur de Dieu qui précède tous les appels qu’on lui adresse. Il n'y a pas à compter sur notre justice, aussi grande soit-elle ; il n'y a pas à compter sur notre foi, aussi grande la croirions-nous. Notre secours est en Dieu seul et en la faveur qu'il nous a montrée en Jésus-Christ, le même qui, ressuscité, est vivant aujourd'hui au milieu de nous. Le Fils de l'homme, Jésus, a sur la terre pouvoir pour pardonner. R.P
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