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KT ados - Séance du 30 mai 2009

Par Rolpoup :: vendredi 22 mai 2009 à 9:20 :: KT Ados

 

Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui

 

 

 

 

Année 2008-2009

 

 (Cf. Programme de l'année)

 

 

30 mai 2009 Martin Luther King

 

 

Dans son dernier discours, le 3 avril 1968, le pasteur Martin Luther King exprimait les paroles de la mission accomplie — en ces termes : « Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant, car je suis arrivé jusqu'au sommet de la montagne.
Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m'en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite.
Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.
Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. »

Martin Luther King vient d’évoquer la fin de Moïse au livre biblique du Deutéronome. Moïse qui, après une traversée du désert de 40 ans, a conduit le peuple au seuil de la Terre promise, où il n’entrera pas lui-même.

C’est le 3 avril 1968 au soir. Le lendemain, 4 avril, il était assassiné.

Aujourd’hui, alors que nous commémorions l’an dernier les 40 ans de sa mort, retentissent encore ces mots du 3 avril 1968, la vision de la Terre promise. La promesse de son fameux rêve, celui de cet autre discours, celui d’août 1963, le rêve du jour où « dans chaque village et chaque hameau, dans chaque État et dans chaque cité, […] tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les juifs et les nations, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux "spiritual" noir : "Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu tout-puissant, nous voilà libres enfin." » — un rêve qui a déjà porté beaucoup de fruit, même s’il reste du chemin à faire.

40 ans après, a retentit aux États-Unis, et tout à nouveau par des élections désormais mémorables, cette même parole que pour le peuple de l’Exode d’Israël au désert : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Psaume 95, 7-8).

Et cela ne concerne pas que son pays les États-Unis, bien sûr. Son message est d’une portée qui déborde toutes les frontières ; tout comme ce qui vit Moïse — et que Martin Luther King évoque à la veille de sa mort — ne concerne pas qu’Israël ; tout comme les paroles et les actions de Jésus, dont Martin Luther King a été si concrètement le disciple, ne concernent pas que les lieux et les temps immédiats qui en ont été les témoins.

Au-delà du fait qu’il y a un jour Martin Luther King aux États-Unis — seule figure nationale ainsi commémorée avec George Washington —, un tel message est évidemment universel.

S’il reste du chemin — je pense à la parole encore actuelle de Haïlé Sélassié disant devant l’Onu : « tant que la couleur de la peau sera plus importante que celle des yeux, nous ne connaîtrons pas la paix » — ; s’il reste donc du chemin, déjà cependant l’étonnement qui sera celui de nos enfants et de nos petits enfants a commencé à être le nôtre : comment a-t-il été possible antan que l’on fasse cas de la sorte de la couleur de la peau ?

Le pasteur King lui-même montrait une conscience étonnante de la portée historique de ce qui était en train de se passer. Ainsi dans son discours de 1963. Je le cite : 
« Je suis heureux de participer avec vous aujourd'hui à ce rassemblement qui restera dans l'histoire comme la plus grande manifestation que notre pays ait connu en faveur de la liberté. 
Il y a un siècle de cela, un grand américain qui nous couvre aujourd'hui de son ombre symbolique signait notre acte d'émancipation. Cette proclamation historique faisait, comme un grand phare, briller la lumière de l'espérance aux yeux de millions d'esclaves noirs marqués au feu d'une brûlante injustice. Ce fut comme l'aube joyeuse qui mettrait fin à la longue nuit de leur captivité. 
Mais cent ans ont passé et le Noir n'est pas encore libre. Cent ans ont passé et l'existence du Noir  est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination; cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l'île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle; cent ans ont passé et le Noir languit toujours dans les marches de la société américaine et se trouve en exil dans son propre pays. » 

Certain de la dimension historique de l’événement. Telle est la grandeur prophétique du pasteur King, et sachant le sens réel du terme « prophétique » — à savoir : doté d’une vision qui ouvre le terrain pour l’action concrète qui la voit se réaliser, on est d’emblée au cœur de la méthode d’action qui seule réalise la vision du pasteur King : la non-violence.

« La violence, dit-il,
est aussi inefficace qu'immorale. Elle est inefficace parce qu'elle engendre un cycle infernal conduisant à l'anéantissement général. »

Parole prophétique, et qui nous conduit au cœur de l’Évangile, puisqu’il ne faut pas négliger que c’est en tant que témoin de l’Évangile, témoin du Christ, au sens le plus fort du mot — témoin signifiant martyr — que le pasteur King a mené son action.

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra » disait Jésus à Pierre qui s’apprêtait à le défendre, par l’épée s’il le fallait, pour qu’il ne meure pas. Tandis que Jésus, en acceptant sa mort, va mettre un terme à ce cycle infernal de la violence. En n’épargnant pas sa vie, il sauve l’humanité de sa propre violence, qui mène, on le sait désormais plus que jamais, à l’anéantissement général — il sauve donc même ceux qui le combattent. C’est une des victoires inhérentes à la non-violence et à la force de l’amour.

Martin Luther King est de ceux qui, plus que tout autre, l’ont compris et mis en pratique.

« Si au prix de sa mort, dira-t-il, un homme parvient à délivrer ses enfants et ses frères blancs d’une destruction spirituelle définitive, il n’est pas de sacrifice plus rédempteur ».


On a bien entendu, il sait qu’il combat non seulement pour la dignité des « noirs », mais aussi, et par là-même, pour le salut des « blancs ».

Combat non-violent. Et pourtant, il y aurait eu de quoi concevoir une colère terrible, une révolte violente… sachant l’humiliation quotidienne — à laquelle Mme Rosa Parks avait mis un terme symbolique en refusant en un désormais célèbre mois de décembre 1955 de se lever, dans le bus, d’une place censée être réservée aux blancs. Tout est parti de là.

La protestation aurait pu être violente — tout ce temps, ces années, ces siècles d’humiliation et de révolte contenue !

Martin Luther King a vaincu la violence par la non-violence et la force d’aimer, selon le titre d’un de ses livres. Un message radicalement universel qui retentit dans le monde et jusqu’en Europe, ici-même quarante après — un message qui porte en sa non-violence le dépassement d’une tragique concurrence des mémoires. Le souci de la liberté des « noirs » fait écho pour Martin Luther King au droit d’Israël, fondé sur une première libération de l’esclavage. Un message on ne peut plus œcuménique.

Un message universel, qui répond à la déclaration qui fonde la République américaine comme la République française : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Tous les hommes ? Question étrange ? C’est que nombre des proclamateurs de ces grandes déclarations n’y avaient pas spontanément inclus les non-« blancs » ni les femmes ! « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux » Tous ? Tous, répond définitivement Martin Luther King,— quel que soit leur taux de mélanine (qui détermine la couleur de la peau) ou leur taux hormonal (caractérisant le sexe)…


Un message universel : c’est l’héritage que nous offre Martin Luther King, un héritage qui se réalise à la force d’aimer qui a été celle du combat qu’il a mené et de la façon dont il l’a mené. Un combat qui non seulement sauve jusqu’à ses ennemis, mais signe le salut déjà avéré de celui qui le porte et qui le vit. Martin Luther King le dit en ces termes : « la haine trouble la vie, l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie, l’amour la rend lumineuse ».

 

R.P.

 

 

 

 

KT ados - Séance du 16 mai 2009

Par Rolpoup :: dimanche 10 mai 2009 à 11:45 :: KT Ados

 

Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui

 

 

 

Année 2008-2009

 

 (Cf. Programme de l'année)

 

16 mai 2009

Par Christiane Fisher :

                      

GRANDE FIGURE DU PROTESTANTISME

ALBERT  SCHWEITZER


 

 

 

A plus d’un titre, Albert Schweitzer (1875 – 1965) fait figure de précurseur : théologien mais aussi médecin pionnier de l’humanitaire, pasteur mais aussi philosophe pionnier de l’écologie.  De l’Alsace au Gabon, où il fonde un hôpital en 1913, se tresse une vie partagée entre la pensée, la médecine et la musique d’orgue.  Une existence faite d’urgence et de fraternité, d’un sens éthique universel, que viendra couronner, en 1952, le prix Nobel de la paix.

 

Pour une grande majorité de gens Albert Schweitzer fut surtout connu en tant que médecin à Lambaréné, Gabon, où il fonda un hôpital.  Cependant il naquit en Alsace à Kaysersberg le 14 janvier 1875, d’un père pasteur (Louis) et d’une mère, elle-même fille de pasteur, Schillinger de son nom de famille, et Albert Schweitzer lui-même fut avant tout pasteur.  Peu après sa naissance la famille Schweitzer va habiter Gunsbach, village près de Munster en Alsace où son père exercera un ministère pastoral de plus de 50 ans jusqu’à sa mort en 1925.  Albert Schweitzer vécut dans ce village une enfance heureuse mais dans une région de France alors sous la domination allemande (de 1870 à 1918).  Cependant Gunsbach deviendra une localité complètement inséparable du nom d’Albert Schweitzer.  Après la mort de ses parents Schweitzer fera construire à Gunsbach en 1929 une maison où il reviendra régulièrement, grâce au prix Goethe de la ville de Francfort reçu l’année précédente.  Un autre lieu inséparable du nom d’Albert Schweitzer est Lambaréné, au Gabon, faisant alors partie de l’Afrique Équatoriale Française, où il fondera son hôpital à l’orée de la forêt vierge, en 1913, et où il mourra le 4 septembre 1965, peu après avoir fêté son 90ème anniversaire.

La maison de Gunsbach est aujourd’hui le centre rayonnant de la pensée d’Albert Schweitzer et l’hôpital de Lambaréné attire lui aussi bien des visiteurs.  Il est toujours en activité et en pleine expansion.

 

C’est à l’université de Strasbourg qu’Albert Schweitzer fait ses études de théologie (1893-1898), conjointement d’ailleurs à des études de philosophie et d’orgues.  De 1903 à 1906 il est directeur du séminaire de théologie protestante St Thomas à Strasbourg et de 1902 à 1912 il est enseignant à la faculté de théologie protestante de Strasbourg et aussi de 1899 à 1811 il est vicaire de la paroisse de St Nicolas de Strasbourg où on lui confie le ministère de catéchète et de prédicateur.  Évoquant ce ministère de la prédication, qui fut le sien tout au long de sa vie, Schweitzer dira, surtout, de ce service accompli fidèlement la joie qu’il lui a procuré autant à Strasbourg qu’à Lambaréné où les sermons de Schweitzer devaient être traduits en deux dialectes et cela chaque dimanche matin.  Schweitzer a ainsi prêché avec persévérance et cela malgré la fatigue qui a été le lot de toute sa vie surtout quand il mènera de front son ministère pastoral, son enseignement, ses recherches théologiques, ses études de médecine et ses études d’orgues accompagnées de fréquents concerts à Paris.  Schweitzer commencera à vivre une lutte contre la fatigue, de fait interminable et cela jusqu’à sa mort.

A l’âge de 21 ans Schweitzer, pendant les vacances de la Pentecôte décida de vivre la vie de pasteur, la science et la musique jusqu’à l’âge de 30 ans. «  Ensuite quand la science et la musique m’auraient apporté ce que je cherchais je voulais m’engager dans une voie d’aide directe.  Ce que cette voie serait les circonstances me le feraient découvrir entre-temps. »  Dans cette attente de transformer la parole en action pour Schweitzer (mettre la parole en pratique), la musique eut toujours un rôle primordial pour lui. Les deux activités que Schweitzer exerça pendant toute sa vie furent la prédication et la musique en jouant de l’orgue.

Schweitzer prit avec son père ses premières leçons de piano à l’âge de cinq ans.  A sept ans il étonna sa maîtresse d’école en jouant à l’harmonium des mélodies de chorals avec des harmonies de son invention.  A huit ans il commença à jouer de l’orgue alors qu’il avait à peine les jambes assez longues pour atteindre les pédales.  A neuf ans il fut autorisé à remplacer l’organiste au culte.  A l’âge de seize ans il tint pour la première fois les orgues de l’Église St Etienne à Mulhouse à l’occasion d’un concert dirigé par son professeur, Eugène Münch, en interprétant le Requiem de Brahms.  Eugène Münch fut son maître de musique pendant huit ans et il l’initia à Jean Sébastien Bach.  Son autre professeur fut Charles Marie Widor, alors professeur au conservatoire de Paris et titulaire des orgues de l’Église Saint-Sulpice à Paris.  Ainsi trouve-t-on Schweitzer pour un semestre à Paris, à la fois inscrit en philosophie à la Sorbonne et étudiant l’orgue avec Widor.  Schweitzer écrit : »Il m’arrivait parfois de me rendre le matin à ma leçon d’orgue chez Widor, sans m’être couché la veille »,  car il travaillait alors à sa thèse de doctorat en philosophie.  Rappelons que Schweitzer fut l’organiste de la Société Bach de Paris en 1906.  On ne peut ici que redire que Schweitzer fut un travailleur acharné toute sa vie durant et qu’il devait cela à une santé très robuste.  Schweitzer aurait pu devenir organiste professionnel et vivre ainsi de son art.  Ses concerts qu’il donne à travers l’Europe seront presque tous destinés à recueillir des fonds pour l’hôpital de Lambaréné.  Schweitzer jouait sans cesse de l’orgue et ne cessait pas de s’exercer.  Quand il n’avait pas d’instrument (par exemple sur le bateau qui le ramena en France en 1917) il apprenait par cœur des fugues de Bach ou tout autre morceau.  Il jouait alors en utilisant une table comme clavier, et le sol, comme pédalier, dessinés à la craie.  A Lambaréné il disposait d’un instrument spécialement construit pour lui et adapté au climat équatorial très humide, un piano à pédalier que lui offrit la Société Bach de Paris.  Il écrira d’ailleurs un livre sur Bach et des ouvrages sur l’orgue : »l’art de construire des orgues et l’art de l’orgue en France et en Allemagne. (Voir page 38).  Schweitzer milite pour la sauvegarde et la restauration d’orgues anciennes,  de grande qualité.  Schweitzer estimait qu’une œuvre de Bach est de l’ordre de la prière et du culte et il inscrivait au début et à la fin de ses partitions la belle et fameuse devise des protestants « A Dieu seul la gloire ! – Soli Deo Gloria ! »

 

Schweitzer fut fidèle à sa pensée, il écrit à un ami en 1908 : »Il m’est apparu clairement que telle devra être ma vie, non pas consacrée à la science ni à l’art, mais au service des hommes, en étant moi-même simplement homme et en réalisant le peu que je saurai réaliser, dans l’esprit de Jésus… Ce que vous aurez fait ici pour le plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait ».

Schweitzer entreprit des études de médecine de 1906 à 1913 à Strasbourg ainsi qu’à Paris où au printemps 1912 il étudiera la médecine tropicale à l’Institut des maladies coloniales.  Quitter, pour devenir médecin missionnaire en Afrique, son enseignement universitaire et sa paroisse fut pour lui un réel arrachement.  Trois renoncements lui furent en effet très douloureux et finalement, ne s’avérèrent pas tels : renoncement de l’orgue d’abord, mais le fameux piano à pédalier lui permit en Afrique d’atteindre un niveau technique supérieur, le renoncement à son enseignement universitaire de Strasbourg, mais son départ va bientôt lui permettre d’être invité à donner des conférences dans d’innombrables universités en Europe, le renoncement à son indépendance matérielle, mais ses droits d’auteurs, d’une part et ses récitals d’orgues vont lui rendre une part considérable de cette liberté première, apparemment perdue.

Que le commandement de l’amour de Dieu et du prochain, étroitement unis, inspirent la conduite chrétienne, qu’ils dominent l’Évangile du Christ paraît une évidence à Albert Schweitzer.  Il fut ainsi consterné et profondément attristé quand, annonçant à ses proches en octobre 1905 sa décision de faire des études de médecine pour devenir missionnaire en Afrique, il ne rencontra sur son chemin que sarcasmes, dénonciation d’une décision absurde que l’on jugeait même dictée par l’orgueil. « Je fus frappé de voir combien ils étaient loin de comprendre que le désir de servir l’amour prêché par Jésus pût orienter un homme dans une voie nouvelle ».  En 1912 Schweitzer devra se retirer à Gunsbach, au presbytère paternel, dans un état de fatigue, voir de dépression, qui l’obligera à remettre de dix mois son départ pour Lambaréné.  C’est cette même année qu’il épouse le 18 juin, Hélène Bresslau, dont les parents étaient juifs, et qui était infirmière et le secondera bientôt en Afrique.  Une fille naîtra en 1919, Rhéna, et elle vivra par la suite aux États-unis.

Le départ de Gunsbach aura lieu le 21 mars 1913, le jour du vendredi Saint et l’arrivée en bateau à Lambaréné le 16 avril.  L’embarquement se fit à Bordeaux.  C’est ainsi que commença le premier séjour au Gabon de 1913 à 1917.  Au cours de sa vie on compta 14 séjours plus ou moins longs à Lambaréné où Schweitzer et sa femme sont enterrés.  La plus longue absence de son hôpital de 1917 à 1924 est due à la Première Guerre Mondiale, la plus longue présence de 1939 à 1948 à la deuxième.

 

L’hôpital de Lambaréné fut bâti d’abord sur un terrain de la station de la Société des Missions de Paris et c’est un poulailler qui constitua la salle de consultation.  Très vite les malades affluèrent et cela avant même que Schweitzer se fût installé, aussi simple fût cette installation les premiers jours (voir l’Orée de la Forêt Vierge).  Le manque de place contraindra Schweitzer à transférer son hôpital en 1927 sur un terrain mieux adapté situé à 3 kms en amont du fleuve,

L’Ogooué.

Pendant la guerre Schweitzer fut contraint de quitter son hôpital en 1917, ayant été fait prisonnier avec sa femme.  Les Français l’arrêtèrent en tant que ressortissant allemand.  Il ne retournera à Lambaréné qu’en 1924 et ces sept années furent les plus noires de son existence ayant à subir deux opérations consécutives à son internement d’abord dans les Hautes Pyrénées à Garaison puis à Saint Rémy de Provence où il passa son temps à soigner les malades.  De 1919 à 1921 il rejoint l’Église de St Nicolas de Strasbourg et même il fut vicaire de son père à ce moment là à Gunsbach.  Il donna des récitals d’orgue en Suède, fut assistant des Hôpitaux de Strasbourg en dermatologie et publia deux tomes sur la civilisation et l’éthique.  Mais sa décision était prise et il lui fallait repartir pour Lambaréné.  Sa volonté était inébranlable. 

 

La grande originalité de Schweitzer à l’hôpital de Lambaréné était qu’il l’avait conçu en tant que village hôpital.  On y accueillait les malades venus de très loin ainsi que leur famille.  Cela permettait aux patients de vivre là une vie pareille à celle qu’ils avaient chez eux, d’être entourés de leur proche qui, eux, accomplissaient les tâches ménagères.  Ce refus de couper les malades de leur famille n’est-il pas une des demandes et des recherches premières du monde hospitalier le plus moderne aujourd’hui ?  Cette méthode était tout simplement humaine.

Deux vertus dont Schweitzer a toujours fait preuve sont l’enthousiasme et la volonté. Schweitzer a toujours gardé en lui une capacité d’enthousiasme, dont il pense qu’elle caractérise la jeunesse, dans tout sa force vive, ses élans généreux, ses révoltes et sa soif d’idéal.  La deuxième qualité qui se dégage de la vie d’Albert Schweitzer est celle de la volonté.  Notre pauvre volonté proprement humaine doit se fondre en Dieu et se confondre avec celle toute puissante de Jésus.  « Soyons convaincus que, dans la mesure de nos moyens, nous devons, dans l’espérance et la peine, être des ouvriers contribuant à établir la volonté de Dieu autour de nous. »

 

Schweitzer se disait lui-même moins voué à la théologie qu’à la philosophie et en 1899 il obtint son doctorat de philosophie.  Sa thèse fut consacrée à « La philosophie de la religion de Kant. Dès 1899 Schweitzer eut l’idée de  travailler à une lecture critique de la civilisation et des philosophies qui la sous-tendent.  Ce livre, Philosophie de la civilisation paraîtra en allemand en 1923 en deux tomes : Le déclin et la Restauration de la civilisation et La civilisation de l’éthique.  Cet ouvrage paraîtra en français en 1976 sous deux noms différents : »La civilisation et l’éthique » qui reprendra tout le volume 1 de la version allemande plus les six derniers chapitres du Tome 2 et en 1979 « La paix par le respect de la vie » qui reprendra les premiers chapitres et l’important avant-propos du tome 2 de la version allemande.  Dans son livre La Civilisation de l’Éthique cinq traits principaux caractérisent la faillite de la civilisation :

L’asservissement de l’homme moderne qui ne connaît plus de véritable indépendance personnelle, le surmenage où le travail est vu sous l’angle du seul rendement, une spécialisation à outrance avec des êtres humains morcelés, une déshumanisation de l’être humain de plus en plus gagné par l’indifférence aux autres, enfin une organisation qui nous domine et qui nous échappe avec le règne totalitaire de l’administration, des intérêts économiques.  Une pensée très moderne, finalement. « Dans une civilisation authentique, l’homme conduit aussi sa réflexion  dans le sens d’une maîtrise de l’esprit, par et pour l’esprit ».  Un renversement et un retournement sont nécessaires pour retrouver le chemin d’une réflexion personnelle concernant à la fois le sens de notre vie et celui de … la vie.  Il convient de réconcilier la civilisation et l’éthique.  Cette dernière seule sortira la philosophie des discours sur discours, des théories abstraites de la connaissance. Il y a bien chez Schweitzer une dimension existentialiste de sa pensée.  Il ne faut pas oublier que le grand-père maternel du philosophe Jean-Paul Sartre (Charles Schweitzer) était le frère du père d’Albert Schweitzer, Louis Schweitzer.  Ils étaient donc petits cousins.  Ils se sont bien connus et avaient beaucoup de respect l’un pour l’autre, contrairement à ce qu’on a bien voulu dire.

Au sujet du colonialisme, Schweitzer en souligne les méfaits au cours de ses prédications (p 76).  Enfant il fut fasciné par une statue du sculpteur Bartholdi (auteur de la statut de la liberté à New York) qui se dressait à Colmar, ville d’origine du sculpteur.  De cette statue, dont Schweitzer dit qu’elle orienta ses rêves d’enfants « vers des horizons lointains », il écrit ceci en parlant de Bartholdi : »Il a sculpté dans la pierre un nègre qui est bien l’une des plus émouvantes créations de son ciseau ; une figure herculéenne, au visage triste et méditatif.  J’étais tout préoccupé par ce nègre.  Toutes les fois que nous allions à Colmar, je cherchais l’occasion de la contempler.  Son front me parlait des souffrances du continent noir.  C’est un pèlerinage que je ne manque jamais quand je vais à Colmar. »  Cette statue n’existe plus mais Schweitzer en a retrouvé la tête qui est exposée à la maison de Gunsbach, aujourd’hui, un Musée, cette tête exposée au-dessus du lit, dans la chambre de Schweitzer.

 

Schweitzer s’est fait l’apôtre de la douceur, dénonçant la violence, surtout celle des armes.  Schweitzer voyait dans l’armement atomique une menace mortelle.  Il fit sur les ondes de la radio norvégienne plusieurs allocutions traduites en plusieurs langues en 1957 et 1958 contre les expériences et l’armement atomique.  En 1953 le prix Nobel de la paix lui avait été décerné.  Il le reçut à Oslo en 1954 où il parla du problème de la paix à la remise de son prix.

 

Albert Schweitzer avait une préférence particulière pour l’histoire à l’école.  C’est sur les ouvrages historiques que se concentrera d’ailleurs sa rage de lecture.  Cet intérêt pour l’histoire est lié en réalité à sa recherche et à son amour de la vérité.  Selon Schweitzer on a beaucoup trop souvent mis en doute les paroles de Jésus parce qu’elles nous dérangeaient.  Le fait de contester la vérité historique de tels passages bibliques est, pour Schweitzer un acte de pure violence et correspond à des manœuvres destinées à accommoder les paroles de Jésus à notre manière actuelle de voir les choses au lieu de les accepter dans leur troublante vérité.  C’est en faisant son service militaire, alors qu’il est encore étudiant qu’il relit dans le texte grec le Nouveau Testament et notamment les chapitres 10 et 11 de l’Évangéliste Matthieu, et qu’alors s’impose à lui que ce qu’il en comprend s’oppose tout à fait avec ce qu’on lui enseigne à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg.  « Le mystère du Royaume de Dieu contient le mystère total de la conception chrétienne du monde »  Pour comprendre Jésus il ne s’agit pas tant de comprendre le mystère de la rédemption, une œuvre passée mais il s’agit de regarder vers celle à venir du Royaume promis.  Schweitzer publia deux gros pavés sur Jésus : Histoires des recherches sur la vie de Jésus paru en 1906 et complété en 1913 puis un livre sur La Mystique de l’apôtre Paul en 1930.  Le dernier ouvrage théologique écrit par Albert Schweitzer sera écrit en 1950-1951 : »Royaume de Dieu et Christianisme »  Schweitzer y déclare : »Le Christianisme est en son essence une religion de la foi en la venue du Royaume de Dieu ».  Cette foi n’est pas une religion passive ; elle n’est ni un dogme improductif, ni un rite stérile ; Elle est une attitude éthique où triomphe, portée par une espérance invincible une relation d’amour entre Dieu et les hommes.

 

Finalement on sait que toute l’éthique de Schweitzer, c’est à dire l’ensemble de ses règles de conduites se résume dans la formule bien connue du Respect de la Vie.  La conception du monde telle que la veut Schweitzer aboutit à une affirmation éthique du monde et de la vie, et non pas en une reconnaissance purement abstraite, celle de philosophies  déconnectées de la réalité.  Le respect de la vie correspond ainsi aussi à l’amour du prochain, tel que l’enseigne Jésus et nous l’apporte l’Évangile, mais élargi à une dimension universelle, où le monde animal et végétal aussi soit pris en compte.

 

Conclusion

 

Quand on ouvre le dictionnaire à la rubrique Albert Schweitzer voici les mots que l’on y trouve : »Théologien, philosophe, musicien, musicologue et médecin missionnaire français ».Cette énumération nous en dit long sur la qualité d’intellectuel que fut Schweitzer mais ce penseur aux dons si diversifiés fut également un manuel.

 

Ses mains furent d’abord celles de l’organiste courant sur le clavier pour interpréter Bach.  Elles furent aussi celles du chirurgien de Lambaréné, mais aussi celle du chef de chantier, construisant et reconstruisant son hôpital de ses propres mains.  Ses mains furent celles d’un homme dont l’action humanitaire montre qu’il sut tendre la main.  Elles furent aussi celles du penseur, la plume à la main.  Ses mains ne sont-elles pas aussi celles du pasteur, faisant la bénédiction à la fin du culte.  Il consacrera deux prédications à cette bénédiction du verset 7 au chapitre 4 du livre de l’apôtre Paul aux Philippiens : »La paix de Dieu qui dépasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ ».  Albert Schweitzer met la dernière main à son autobiographie évoquant sa vie et sa pensée en 1931 et c’est encore la foi du croyant, du mystique et du pasteur qu’il apparaît aux dernières lignes de son ouvrage : »J’ai conservé la foi que j’avais dès mon enfance » puis plus loin : »Je considère avec calme et humilité le travail à venir afin d’être prêt à y renoncer un jour s’il le faut.  Mais, actifs ou souffrants, nous devons faire preuve du courage de ceux qui ont lutté et sont parvenus à cette paix qui surpasse toute connaissance. »

 

La vie d’Albert Schweitzer n’est-elle pas vraiment, avec cette conversion vers la médecine et Lambaréné, une vie prise en main ?

 

 

 

KT ados - Sortie du Triangle / Samedi 4 avril 2009

Par Rolpoup :: lundi 30 mars 2009 à 11:22 :: KT Ados

 

(Cf. Programme de l'année)

 

 



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KT ados - Séance du 28 mars 2009

Par Rolpoup :: jeudi 26 mars 2009 à 18:02 :: KT Ados

 

 

Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui

 

 

 

Année 2008-2009

 (Cf. Programme de l'année)

 

28 mars 2009
Par André GARROT


 

Madeleine Barot et la Cimade

 

 

 

1) Madeleine Barot (1909-1995)

 

Portrait sur Fréquence Protestante

 

Chronique du jour du vendredi 14 octobre 2005 par Anne Cendre
(
http://www.frequenceprotestante.com/article.php?id_article=1122)

 

La cinquième figure choisie par l’hebdomadaire La Vie pour illustrer le protestantisme français est de nouveau une femme, du 20e siècle celle-ci : Madeleine Barot, née en 1909 et morte en 1995.
Comme Marie Durand, Madeleine Barot a été une résistante. Dès le début de la guerre, elle devint secrétaire générale de la CIMADE (Comité inter-mouvements auprès des évacués), une organisation qui avait été créée un an plus tôt sous l’impulsion de la théologienne Suzanne de Dietrich, autre grande figure du protestantisme. La CIMADE, émanation des mouvements de jeunesse chrétiens, avait commencé par s’occuper des évacués d’Alsace et de Lorraine. Puis son action s’élargit et c’est là que Madeleine Barot montra une énergie et un courage remarquables. Elle sillonnait les camps en France, pour sauver des prisonniers et des personnes menacées de déportation, notamment des juifs, avec l’aide du pasteur Boegner ; elle participa à l’élaboration des Thèses de Pomeyrol, texte prêchant la résistance contre toute influence totalitaire et idolâtre.
Son premier métier était archiviste à l’Ecole française de Rome où elle profita de sa présence pour prendre des contacts avec les milieux catholiques, auprès des jésuites notamment. Ce rapprochement, qu’elle préserva durant la guerre et après, lui permit plus tard d’être l’une des rares protestantes à être invitée à participer au concile de Vatican II.
Après la guerre, plutôt que de retourner dans les paperasseries des archives, elle poursuivit son travail dans les mouvements de jeunesse - la CIMADE, l’Union chrétiennes de jeunes filles - et s’engagea dans le mouvement œcuménique qui entrait dans sa phase institutionnelle en 1948. Pendant plus de 10 ans elle a été responsable du département intitulé « coopération entre hommes et femmes dans l’Eglise et la société », puis de « Education au développement ». A ce titre, elle parcourut les cinq continents.
Comme elle ne pouvait rester inactive, elle fut à sa retraite responsable des affaires internationales de la Fédération protestante française et vice-présidente de l’ACAT (action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Madeleine Barot ne s’était pas mariée, disant qu’elle « n’en avait pas eu le temps ».

 

 

 

2) Les origines de la CIMADE

 

(http://www.cimade.org/la_cimade/cimade/rubriques/4-histoire)

 

 

Les années 30 et la seconde guerre mondiale

 

Dans les années 30, l’Europe est en détresse. L’œuvre perverse du nazisme atteint des sommets. La pensée protestante, en France comme en Allemagne, n’est pas inactive devant les prémices de la tragédie.

Roland de Pury, pasteur à Lyon, analyse en juillet 1933 dans la revue Foi et Vie « la crise de l’Eglise allemande et la révolution nationale-socialiste. »

Les synodes protestants de Barmen (près de Wuppertal), en 1934, poussent un cri de détresse et s’élèvent contre une prédication de l’Église aux ordres de l’Etat et contre la mise au pas du protestantisme allemand avec le slogan « un peuple, un empire, un chef. »

Martin Niemöller, à l’origine de l’Église confessante en Allemagne, écrivait en 1935 : « Lorsqu’ils ont arrêté les communistes, je n’ai pas élevé la voix ; lorsqu’ils ont interné les juifs, j’ai gardé le silence ; lorsqu’ils s’en sont pris aux sociaux-démocrates, je me suis tu … Lorsqu’ils sont venus me prendre, il n’y avait plus personne pour me défendre. » Il est mis à la retraite par le pouvoir et milite ensuite en faveur de la paix.

Dietrich Bonhœffer, pasteur et théologien protestant, lutte dès 1933 contre « la clause aryenne » qui exclut de la communauté ecclésiale les Chrétiens d’origine juive. Il est exécuté par les nazis en 1943. Sa théologie est centrée sur le rôle du Chrétien dans un monde sécularisé.

Le pasteur Marc Bœgner, Président de la Fédération protestante depuis 1929, axe ses conférences de Carême en 1939 sur le thème « L’Evangile et le racisme. » Il prit la défense des juifs auprès du gouvernement de Vichy : Pétain, Darlan, Laval… Il fut coprésident du Conseil Œcuménique des Églises.

Le pasteur Pierre Maury, Président de la « Fédé » (Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Etudiants), écrivit : « Si les jours viennent où les exigences de l’État français sont inacceptables, souvenez-vous qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. »

En juillet 1939, se tient la Conférence mondiale de la jeunesse chrétienne à Amsterdam. De nombreuses rencontres œcuméniques, internationales, ouvertes sur les questions sociales, suivent. Les jeunes chrétiens protestants sont nourris par le débat intellectuel et le partage des idées avec le mot d’ordre de Karl Barth « la journée doit commencer avec une Bible dans une main et le journal dans l’autre. »

Karl Barth écrit en décembre 1939 une Lettre aux protestants de France : « Si Jésus soutient, console et encourage son Église, c’est pour qu’elle soit son témoin. C’est précisément en vue de ce témoignage que la grâce lui est faite de voir. Elle ne saurait donc se contenter d’observer les évènements de façon passive, bouche bée. Si la communauté chrétienne gardait le silence et si elle observait le cours des évènements en simple spectatrice, elle perdrait sa raison d’être. »

Septembre 1939 voit l’invasion de la Pologne et l’entrée de la France dans la guerre. Suzanne de Dietrich, Secrétaire générale de la FUACE (Fédération Universelle des Associations Chrétiennes d’Étudiants) présenta un rapport sur ce que vivaient les alsaciens lorrains évacués dans les départements du centre et du sud de la France. Elle s’adressa au Comité Inter-Mouvements de jeunesse (le CIM), réunissant Éclaireurs Unionistes, Unions Chrétiennes de Jeunes Gens et de Jeunes Filles et Fédé, en vue de « témoigner de l’amour du Christ. »

Le 18 octobre 1939, à Bièvres, les dirigeants du CIM, créent la CIMADE (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Evacués) pour venir en aide, notamment, aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, au nombre de 200.000 environ. Des équipes sont constituées (d’où le terme d’équipiers encore en usage aujourd’hui) qui accomplissent un travail à la fois d’évangélisation et social auprès des évacués alsaciens. Madeleine Barot, appelée et soutenue par Marc Bœgner, est Secrétaire générale de la Cimade, pendant toute la durée de la guerre et au-delà, Violette Mouchon (Commissaire nationale EU) étant présidente.

La Cimade entre dans les camps puis organise une résistance

Le régime nazi développe le système de l’internement administratif des juifs et des ennemis du régime. Plus de 40 000 internés (juifs étrangers notamment et réfugiés politiques opposants au régime nazi) sont recensés dans les camps d’internement et centres d’accueil du Ministère du travail dès 1940 : Gurs, Agde, Argelès, Rivesaltes, Aix, Brens… . La Cimade entra dans les camps. Elle s’y occupait des problèmes matériels comme des besoins psychologiques et spirituels. Dans les camps, «l’activité culturelle et cultuelle surgissait comme une protestation de vie. »

En novembre 1942, les forces allemandes franchissent la ligne de démarcation. Le Comité de la Cimade ne peut plus se réunir. La Cimade passe alors d’une présence de solidarité à la résistance. Elle camoufle des gens, aide à traverser des frontières et constitue des états civils et des faux papiers. Un petit secrétariat est organisé 47 rue de Clichy. Madeleine Barot, énergique, organisatrice, crée un réseau de partenaires (Quakers, Croix-Rouge, …) avec lequel elle négocie la création de centres d’accueil de la Cimade pour sortir des internés des camps et les sauver de la mort : Le Coteau fleuri  au Chambon-sur-Lignon (avec les pasteurs Trocmé, Theiss), le foyer Marie Durand à Marseille, le foyer YMCA de Toulouse, et d’autres encore dans le Tarn ou près de Tarascon. Suzanne de Dietrich et le pasteur Visser’t Hooft (Secrétaire général du CŒ) organisent des rencontres et la Cimade apporte son témoignage de réalités occultées et difficiles à appréhender. Cela conduit aux thèses du groupe de Pomeyrol en 1942, traitant notamment, des rapports de l’Église et de l’État, du respect des libertés individuelles, de l’antisémitisme.  «  Tout en acceptant les conséquences matérielles de la défaite, l’Église considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre. »

En juillet 1942 a lieu la rafle du vélodrome d’hiver. Il faut faire du chiffre ! La Cimade organise des évasions vers la Suisse, en relation avec le Conseil Œcuménique des Églises en création à Genève.

En novembre 1942, la Cimade installe son siège à Valence.

De nombreux villages alsaciens, presque entièrement protestants, sont accusés d’être pro-allemands. C’est le cas d’Oberhoffen où quatre baraques sont installées pour loger des familles et les équipiers Cimade.

« Ce n’est pas la charité que nous avons exercée pendant la guerre, du moins pas seulement ; nous avons voulu exprimer notre solidarité avec les victimes. » (Madeleine Barot).

 

 

 

3) Les thèses de Pomeyrol

 

(http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?noticeid=735&scatid=147&lev=1&Lget=FR)

 

Les Thèses de Pomeyrol sont un des premiers actes de résistance spirituelle au nazisme et d'opposition aux persécutions des juifs.

 Cliquer sur la photo

 

La réunion d'un petit groupe de protestants

 

Le 16 et 17 septembre 1941, sans avoir reçu de mandat officiel, un petit groupe d'une quinzaine de personnes, à l'initiative du pasteur Visser't Hooft et de Madeleine Barot (secrétaire générale de la Cimade) se réunissait à Pomeyrol (maison de retraite et de rencontre appartenant à l'ERF, à Saint-Etienne-du-Grès, Bouches du Rhône) « pour rechercher ensemble ce que l'Église doit dire aujourd'hui au monde ». Ils étaient pasteurs : Jean Cadier, Georges Casalis (secrétaire général de la Fédération Française des Associations Chrétiennes d'Étudiants), Henri Clavier, Paul Conord, Henri Eberhard, Jean Gastambide, Pierre Courthial, Jacques Deransart, Pierre Gagnier, Roland de Pury, André de Robert, André Vermeil ; trois laïcs étaient présents : Madeleine Barot, Suzanne de Dietrich venant de Genève et René Courtin, professeur à la Faculté de droit de Montpellier.

Cette réunion se faisait l'écho de la « Déclaration théologique de Barmen » en Allemagne (29-31 mai 1934). Après la prise de pouvoir par Hitler, les Églises régionales protestantes -luthériennes, réformées et unies- constituant l'« Evangelische Kirche », se voient imposées d'adopter dans leurs constitutions un paragraphe aryen et l'affirmation d'une supériorité allemande. Le 29 mai 1934 le Synode de Barmen s'en désolidarise : luthériens et réformés se réunissent sous la dénomination d'Église confessante (« bekennde Kirche »). Ces résistants venus de toutes les parties de l'Allemagne protestaient ainsi contre la mise au pas du protestantisme allemand en voie d'organisation dans les  « Deutsche Christen ». Le texte de cette déclaration, dont un des principaux rédacteurs était Karl Barth, se présentait comme un acte exclusivement religieux, de résistance spirituelle pour la défense de l'Église et de la pureté de son message ; en particulier, il ne mentionnait pas la persécution des juifs. Malgré ses lacunes (à l'origine de controverses après la guerre), sa signification politique était évidente.

 

 

Un acte de résistance au nazisme

 

En France, ce texte fut diffusé par la revue Foi et Vie dirigée par le pasteur Pierre Maury, et également par le Christianisme social. Le texte de la Déclaration de Barmen, ainsi que ceux du pasteur allemand Martin Niemöller, furent publiés en 1940 dans Témoignage chrétien fondé à Lyon, et après les premières lois antisémites promulguées en « zone libre », la nécessité d'établir un instrument idéologique de résistance au nazisme aboutit à la réunion de Pomeyrol.

Les thèses de Pomeyrol sont «  une réflexion théologique engagée sur les fondements évangéliques d'une prise de parole publique de l'Église ». Elles sont au nombre de huit. Les 4 premières traitent des rapports de l'Église et de l'Etat, la 5° des limites de l'obéissance à l'État, la 6° précise le respect des libertés essentielles, la 7° dénonce l'antisémitisme, la 8° condamne la collaboration. La thèse 7 est sans ambiguïté : « ...elle élève une protestation solennelle contre tout statut rejetant les juifs hors des communautés humaines ». Dans la thèse 8 « dénonçant les équivoques, l'Église affirme qu'on ne saurait présenter l'inévitable soumission au vainqueur comme un acte de libre adhésion ..., elle considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre ».

Un thème domine donc ces thèses : le rapport de l'Église et de l'État, ainsi que la légitimité d'une parole publique de l'Église dans la situation de l'époque.

Malgré leur relative prudence, et en dépit de certaines réactions violemment hostiles, les thèses de Pomeyrol diffusées par de nombreux pasteurs et étudiants « post-fédératifs » ont « contribué à structurer une mentalité confessante (c'est-à-dire le témoignage de l'Église prête « à payer le prix de la grâce ») au sein du protestantisme français » (G.Casalis).

 

 

 

4) Madeleine Barrot Juste Parmi les Nations

 

Sur http://www.akadem.org
Les « Justes Parmi les Nations » de France

«Celui qui sauve un homme sauve le monde» (traité Baba Batra, 15b, Talmud)

 

(http://www.akadem.org/photos/contextuels/1197_Justes.pdf)

 

Secrétaire générale de la CIMADE, l'organisation qui regroupait tous les mouvements de jeunesse protestants. À l'automne 1940, des mères juives totalement démunies accouchent au camp d'internement de Gurs. Madeleine Barot se présente à la porte du camp avec un paquet de couches et déclare au garde qu'elle est chargée de les distribuer aux jeunes mères. Elle finit par pouvoir ouvrir une permanence de la CIMADE dans un baraquement de Gurs. Madeleine Barot arriva aussi à faire transférer des enfants, des malades et des vieillards dans des établissements que la CIMADE ouvrit surtout dans la localité du Chambon-sur-Lignon. Des centaines de Juifs lui doivent la vie.

 

 

 

 

KT ados - Séance du 14 mars 2009

Par Rolpoup :: dimanche 08 mars 2009 à 16:26 :: KT Ados

 

 

 

Année 2008-2009

 

 (Cf. Programme de l'année)

 


14 mars 2009 – Calvin : la foi réformée

 

 

Jean Calvin (Cauvin / latinisé = Calvinus, d’où en français Calvin !) est né en 1509 à Noyon, en Picardie, dans une famille religieuse. Son père travaillait au service des chanoines, en qualité de notaire.

Le jeune Calvin obtint ainsi de l'Eglise catholique le financement de ses études classiques à Paris, aux collèges de la Marche puis de Montaigu où il découvre avec intérêt les mouvements humanistes (Erasme) et réformateurs (Luther). Après quatre années passées à Montaigu, son père le contraint à s'orienter vers des études de droit qu'il entreprend à Orléans puis à Bourges.

A la mort de son père en 1531, Jean Calvin abandonne le droit pour les études de lettres. En 1532 il publie un commentaire du De Clementia de Sénèque.

C'est vers 1533 que s'effectue sa conversion religieuse. C’est l’année où il rédige, pour le recteur de l'Université de Paris Nicolas Cop un discours sur les Béatitudes d'après des textes d'Erasme et de Luther. Ce véritable plaidoyer en faveur de la Réforme vaut à Calvin et Cop une condamnation du Parlement. Calvin quitte Paris.

 

 

L'affaire des "placards"

 

Dans la nuit du 17 octobre 1534, des "placards" sont apposés dans Paris, et jusque sur la porte de la chambre du roi François Ier à Amboise. Ces affiches de propagande faveur de la Réforme attaquaient avec véhémence la messe. Cet acte fut violemment réprimé et les partisans des idées de la Réforme furent conduits au bûcher. Les premières persécutions contre les protestants commencèrent.

En réaction à cette affaire, Calvin publie en 1536 à Bâle où il a fui Christianae Religionis Institutio (Institution de la religion chrétienne), son ouvrage majeur qu'il ne cessa de remanier sa vie durant. Il y expose avec force sa vision de la doctrine protestante. Le texte sera traduit en français en 1541 par Calvin lui-même.

Il forme ensuite le projet de se rendre à Strasbourg pour poursuivre ses études et transite par Genève où il ne compte passer qu'une nuit.

 

 

Première venue à Genève

 

Sa présence à Genève est toutefois signalée au pasteur Guillaume Farel qui y avait établi la Réforme. Ce dernier convainc Calvin de rester à Genève pour consolider son œuvre. Calvin y organise la vie de l'Église naissante, fait promulguer des ordonnances, rédige une confession de foi et établit un catéchisme (Brève instruction chrétienne). Des querelles religieuses et politiques poussent une fois de plus Calvin à l'exil.

 

 

Années à Strasbourg

 

Strasbourg l'accueille pendant quatre années (1537-1541). Calvin se consacre à l'étude et à l'écriture: seconde édition de l'Institution chrétienne, Commentaire sur l'Epître aux Romains et l'Epître à Sadolet (ce dernier invite dans une lettre les Genevois à revenir dans le giron de l'Eglise catholique). A Strasbourg, Calvin épouse Idelette de Bure. De cette union naquit Jacques qui mourut en bas âge. Elle meurt en 1549.

 

 

Retour à Genève

 

En 1540, les partisans de Farel et de Calvin prient ce dernier de revenir à Genève. Il faudra l'insistance de Farel, mais aussi de Bâle et Zurich pour que Calvin se laisse fléchir. Le 15 septembre 1541, il remonte en chaire à la cathédrale Saint-Pierre et reprend l'explication de l'Ecriture sainte à l'endroit exact où il l'avait laissée quatre ans plus tôt.

Sa première réalisation fut la rédaction des Ordonnances, véritable constitution de l'Eglise genevoise. Elles établissent les quatre ministères à la base de l'Eglise réformée: les pasteurs, les docteurs, les anciens et les diacres. Les pasteurs ont la charge de la prédication et du catéchisme. Les docteurs préparent les candidats tant au ministère qu'au gouvernement civil. Les anciens, des laïcs, exercent avec les pasteurs la discipline doctrinale et morale dans le Consistoire, sorte de tribunal de police spirituelle. Les diacres ont eux pour mission de s'occuper des malades et des pauvres et sont en charge des hôpitaux.

Un nouveau catéchisme, plus complet que celui de 1537, est écrit en 1542. Calvin fait aussi paraître à cette époque un Petit traité de la sainte cène où est exposée sa doctrine sur ce sacrement.

Durant les vingt-trois années passées à Genève, Calvin assure quotidiennement une prédication à la cathédrale Saint-Pierre ainsi qu'un enseignement théologique. Ces années genevoises sont celles d'un grand labeur. Calvin entretiendra aussi une correspondance très importante.

A Genève, le combat de Calvin se fait sur deux fronts: les murs et la doctrine. Les murs des Genevois sont sévèrement contrôlées et toute déviance durement réprimée. Il combattait tous ceux qui s'opposaient aux Ordonnances, véritable constitution de la ville, et à sa doctrine religieuse.

 

 

L'affaire Servet. Les conflits furent nombreux. Le plus connu est l’affaire Servet. Poursuivi par l’Inquisition pour son refus du dogme la Trinité, et arrêté à Vienne, Servet est jugé par contumace et condamné. Il parvient à s'évader et gagne Genève où il est arrêté. Un long procès commence où Calvin intervient sur la polémique théologique. Servet sera condamné par la ville, après consultation d’autre villes, au bûcher et brûlé vif à Champel, selon la loi de l’époque (Ordonnance Carolina de Charles Quint en vigueur à Genève – cf. C. Strohm, in Calvin et le calvinisme, Labor & Fides, p. 272).

 

 

Calvin et le Conseil fondent le Collège et l'Académie en 1559. Ce projet tenait à cœur à Calvin qui souhaitait fonder à Genève un enseignement supérieur pour la formation des pasteurs. Théodore de Bèze devint le recteur de l'Académie qui comptait dans ses rangs d'illustres professeurs. Le nombre d'étudiants atteignit rapidement plusieurs centaines.

Quatre ans avant sa mort seulement, Calvin obtient la bourgeoisie (citoyenneté) genevoise ; l'équivalent de la nationalité, signe sans doute que les Genevois le considérèrent longtemps comme un réfugié français.

 

D'une santé précaire, les dernières années de sa vie furent particulièrement douloureuses, mais il poursuivait sa tâche. Il décède le 27 mai 1564. Ses funérailles au cimetière de Plainpalais furent d'une extrême simplicité. Sa sépulture nous est restée inconnue.

(D’après Feuille d'Avis Officielle -FAO- de l'Etat de Genève, 13 août 2003 /
http://www.aidh.org/GE/Calvin.htm)

 

 

Une idée clef : l’Alliance

 

S’il fallait donner une idée centrale de l’apport de Calvin, ce pourrait être celle de l’Alliance : Dieu a scellé — avec Abraham — une Alliance par laquelle il s’engage pour notre salut. Cette Alliance ouvre la promesse dont Jésus-Christ marque l’accomplissement dans sa victoire sur la mort — « déclaré fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts ».

 

 

 

KT ados - Séance du 14 février 2009

Par Rolpoup :: dimanche 08 février 2009 à 17:51 :: KT Ados

 

                   



(Cf. Programme de l'année)

 

CATECHISME ANTIBES  2009

          

LE PROPHETISME HUGUENOT 1698-1702.

 

Par André GARROT



RAPPEL
 : 1685 sous l’influence de Mme de Maintenon son épouse morganatique et du clergé ultraconservateur Louis  XIV  révoque l’édit de Nantes qui reconnaissait aux protestants de France une existence légale (droit d’état civil, droit de propriété, droit d’exercer des fonctions civiles, militaires et de justice) et la liberté de conscience et de culte.

Du jour au lendemain, tous les protestants (huguenots, religionnaires, tenants de la religion prétendue réformée) sont déclarés ennemis du roi et rebelles. Ils sont donc sommés de se convertir au catholicisme au péril de leur vie.


Partout en France, les temples protestants sont pillés et détruits ou détournés de leur destination originelle. La police, l’armée et le clergé harcèlent les protestants et, dans les provinces à forte densité protestante, le roi envoie ses dragons pour prêter main forte à l’église catholique  et à l’administration pour contraindre les « religionnaires ». Cet épisode donne lieu à des atrocités de toutes sortes. Les protestants les plus cultivés et les plus aisés fuient en masse dans les pays dits du « refuge » (Pays allemands, Pays bas, Angleterre, Suisse…) Entre 250 et 300.000 personnes quittent ainsi la France ce qui perturbe l’artisanat et le commerce. Parmi ceux qui restent, tous sont « convertis » le plus souvent en apparence car il y va de leur vie (Tortures, exécutions sommaires, envoi aux galères, emprisonnement à vie dans des conditions infâmes.

Dès fin 1686, La ligue d’Augsbourg  (Autriche, quelques pays allemands, Hollande, Angleterre), entre en guerre avec la France. Le conflit durera presque 10 ans et permettra au petit peuple protestant de souffler (présence militaire moins importante) et surtout d’espérer : les réfugiés dans les différents pays de la ligue espèrent qu’au terme de la guerre Louis XIV  sera forcé d’assouplir sa politique de répression  vis à vis de leurs coreligionnaires.  

A cette époque, la couronne d’Angleterre avait constitué une rente auprès de l’église calviniste de Genève afin qu’elle reçoive, qu’elle forme les candidats français au pastorat. Et qu’elle facilite leur mission en terre de France ou ils risquaient pour le moins les galères.

Hélas aucun des partis en guerre n’ayant pris vraiment le dessus, la paix de Ryswick 1696 n’aborde même pas le sujet. Les essais de médiations très mous au demeurant n’aboutissent pas car le Roi décide qu’il s’agit d’une affaire de politique strictement intérieure même si, paradoxalement, il désire que l’interdiction du protestantisme reste en vigueur dans les villes rétrocédées aux princes allemands (Orange).


Dès la paix signée le roi veut en finir avec la religion prétendue réformée et toutes sortes de tracasseries s’abattent sur le peuple protestant converti de lèvres ou sous une menace vitale. L’exigence d’assister à la Messe est particulièrement mal ressentie : pour les protestants c’était sacrifier au culte païen de la bête de l’apocalypse. Les protestants de France épuisés, désespérés par l’abandon des princes de la Ligue se voit de nouveau durement frappé : les nouveaux convertis étant à juste titre soupçonnés de l’être en apparence seulement, sont soumis à toutes sortes de tracasseries :

-lourdes amendes à la moindre infraction, réquisition (gîte et couvert) pour les dragons de sinistre mémoire, renvoyés en renfort de police.

-enfermement des enfants et adolescents dans des écoles religieuses catholiques spécialement dures.

-Châtiments exemplaires à propos et hors de propos.

NAISSANCE DU PROPHETISME HUGUENOT : Dans cette ambiance de résistance pour motif de conscience, lourdement réprimée, va naître et se développer un élan de prophétisme singulier qui aboutira quelques années plus tard à la révolte des protestants du Languedoc connue sous le nom de guerre des Cévennes. En effet, à force d’exactions, de bastonnades, de tortures diverses, d’enlèvement d’enfants, le peuple protestant était brisé et il n’arrivait même plus à crier sa douleur ni à dénoncer les injustices dont il était victime. Cela permettait aux autorités de crier victoire contre l’hérésie car apparemment tout était rentré dans l’ordre Royal. En fait la résistance s’était intériorisée dans les familles où l’on poursuivait la lecture de la Bible et le chant des Psaumes. Plus même cette piété quasi domestique n’éteignait pas le sentiment d’appartenir à une église si bien que malgré le danger permanent de petites assemblées se tenaient dans les maquis ou dans les grottes. C’est ce que l’on a appelé l’église du désert.

LA GENESE DU PROPHETISME: La première manifestation de  « prophétisme » est attribuée à une jeune bergère des environs de Crest dans le Dauphiné. Dans un état de sommeil extatique Isabeau Vincent récitait des extraits de psaumes de prophètes ou des paroles d’exhortation qu’elle eut été bien incapable de dire en état de veille. Elle s’exprimait très facilement en français alors que son langage était le dialecte de sa province (lire P. 39&45).


Appuyé sur la certitude que les déclarations extatiques d’Isabeau Vincent étaient des manifestations du Sain Esprit, son exemple devint contagieux et l’on vit bientôt des auditeurs de tous âges et de toutes conditions entrer en transes et prophétiser devant des auditoires ravis et de plus en plus fournis. Ces nouveaux prophètes vitupèrent surtout la messe et les superstitions de l’église romaine et ils prêchent la repentance et l’aumône car, disent ils, la fin de l’histoire et le temps du jugement dernier sont arrivés. Le phénomène se répandit dans tout le Dauphiné où l’on constata même une manifestation encore plus étrange : de très jeunes enfants, dans leur sommeil naturel se mettaient à prononcer des phrases pieuses à la grande stupéfaction de leurs parents d’abord puis de ceux, nombreux, qui vinrent les écouter.

Isabeau Vincent fut, bien sûr, arrêtée, emprisonnée à la tour de Crest puis enfermée dans un couvent de Grenoble où elle reçut de nombreuses visites. L’une d’elles dame veuve de la bonne société reçut à son tour le don de prophétie . Après de nombreuses péripéties au cours de ses misions ou de ses fuites devant les autorités, elle fut à son tour enfermée comme « fanatique ».


Un cultivateur qui l’avait entendue eut à son tour le « don » et  transporta la prophétie en Vivarais. Ses attaques se faisaient plus dures et plus précises contre l’apostasie romaine et surtout il organisa des réunions où l’assistance elle même unie autour de phrases répétées à l’infini voyait certains participants entrer eux mêmes en transes. Ce phénomène ne fut pas unique en son temps : autour de nombreux autres prophètes une partie de l’assistance était prise de convulsion et  « prophétisait » à son tour.


Un pasteur itinérant, Claude Brousson fut favorablement interpellé par le mouvement prophétique du Vivarais. Il en fit l’éloge dans les Pays Bas protestants. Il devint lui même prophète  persuadé que des paroles de soutien de réconfort et d’édification au risque des pires tortures ne pouvaient venir que du Saint Esprit. Il mit cependant en garde contre de faux prophètes qui annonçaient l
’anarchie et la licence totale en contradiction avec les écritures.

Il fut arrêté en Bearn et exécuté quelques mois plus tard à Montpellier.

DEVELOPPEMENT : Ce mouvement né dans le Dauphiné, développé dans le Vivarais eut une telle résonance qu’il fit tache d’huile dans l’Uzège tout d’abord puis gagna les Cévennes tout entières atteignant même l’Hérault.


Le pouvoir royal représenté par le sire de Bâville s’émut de cette effervescence qui pouvait aller jusqu’au fanatisme et à l’émeute si la répression était ressentie comme trop injuste (lire pages 59&60). Le sire de Bâville, investi des pouvoirs les plus étendus, tente une répression féroce. Ce sont les tortures, les jugements sommaires suivis d’exécutions barbares (roue, pendaison, étranglement, avec exposition des corps martyrisés), les galères pour les hommes et le fouet en place publique pour les femmes avant emprisonnement à vie. Contrairement à l’effet escompté le mouvement prophétique prend de l’ampleur et touche maintenant de nombreuses couches de la société. L’annonce de la proximité du jugement assortie de l’exhortation à la repentance c’est à dire l’abandon de la messe et de tout rite catholique considères comme la manifestation de Satan électrise des populations trop longtemps bafouées dans leur droit, rejetées par rapport à leur foi, marginalisées dans la société.

(lire page 63)

Deux des prophètes les plus marquants de cette époque furent Daniel Raoux et Françoise de Brès. Leur prédication enflammée pour la repentance et l‘abandon de Babylone (Eglise romaine) de ses rites apostats (messe) et de la prise de l’aspic (hostie) firent de nombreux adeptes qui poursuivirent le mouvement malgré les risques : Raoux fut roué en place publique et Brès pendue en place à Pont de Monvert.

CARACTERISTIQUES : Quelles sont les caractéristiques du prophétisme chez ceux que leurs contemporains comme l’histoire ont reconnu comme sincères.

-Aucun, apparemment, n’est destiné à cette mission. Aucun n‘a les qualités nécessaires à la mission qu’il va poursuivre. Certains sont analphabètes et ne connaissent que le langage dialectal.

-Tous ont une expérience initiale particulière décrite par leur entourage (transes) ou racontées par eux mêmes (bouleversement intérieur qui modifie radicalement leur comportement : lire page 100).

-Lorsqu’ils prophétisent, hommes et femmes sont en général en transes : les paroles qu’ils profèrent leur sont dictées par une »voix intérieure ». Souvent ils sont sujets à des hallucinations visuelles ou auditives. Tel Etienne en son martyr raconté par les actes des apôtres, ils voient les cieux ouverts et les anges qui les guident et les encouragent. D’autres entendent des musiques célestes (psaumes ou alléluia) certains participants affirment participer à ces hallucinations (lire page 104).

-L’extase donne à certains une invulnérabilité au feu lui même qui impressionne fort l’assemblée (lire page 102).

-Leur vocation comme leurs prédications ultérieures sont fortement influencées par les prophètes bibliques et par l’apocalypse.

-Tous sont suivis par des adeptes et des émules malgré les risques extrêmes. La mission est reprise par l’un ou l’autre après l’exécution du prophète.

-Leurs prêches violent et outranciers surtout vers la fin du siècle sont accueillis comme une délivrance divine de l’oppression et de la violence du pouvoir royal trop longtemps endurés.

La plupart bénéficient d’un don de double vue et de prédiction telle Françoise de Brès après son arrestation et sa condamnation (Lire page 72).

EN GUISE DE CONCLUSION :  Ces phénomènes étranges sont le fruit du choc de trois facteurs :

1°) Une conscience religieuse aigue, nourrie de la Bible, de la foi réformée de l’action du Saint Esprit et de son témoignage en chaque être quelque soit sa condition.

2°) Le refus autoritaire des pouvoirs en place de reconnaître la validité de cette conscience.

3°) Une répression organisée et systématique de toute personne se réclamant de cette conscience.

Il s’agit donc d’une réponse singulière manifestant, hors des normes communes, le droit à la liberté de penser, de croire en dehors des normes communément admises.

Dès son apparition le prophétisme protestant a suscité des réactions de scepticisme dans le peuple protestant lui même. Parmi les réfugiés tout d’abord mais aussi parmi les coreligionnaires des Charentes et du Béarn par exemple.


Cependant des pasteurs en missions dans ces contrées ont non seulement été persuadés, mais se sont aussi mis à prophétiser tel Claude Brousson.

Deux théologiens, ont soutenu le mouvement :

-Pierre du Moulin au travers de l’étude des symboles contenus dans la Bible et plus précisément dans les livres de Daniel et de l’Apocalypse ainsi que dans les écrits de Paul et de Jean. Il chercha même à définir la fin de « l’empire papal ».

Jurieux pour sa part, après avoir été un fidèle sujet de sa majesté Louis XIV, avait tout d’abord prêché pour une fuite à l’étranger. Ayant appris l’existence de la résistance prophétique, il nourrit les protestants de France de lettres pastorales pleines de retenue. Constatant ensuite la rigueur et l’injustice de la répression, il fit sensation en publiant un ouvrage de résistance active :  « Soupirs de la France esclave qui aspire après la liberté ».


Cette résistance active et le plus souvent non violente d’un petit peuple martyrisé a permis un éveil des consciences contre l’arbitraire des pouvoirs (alors reconnus de droit divin !). Elle a été relayée par les philosophes des « lumières » puis par les idéaux de la révolution. Elle nous permet aujourd’hui de vivre une laïcité positive où les courants de pensées et de croyances ont le droit de s’exprimer dans le cadre d’un respect absolu de la foi de l’autre.

 

 

 

KT ados - Sortie du Triangle / Samedi 7 février 2009

Par Rolpoup :: lundi 26 janvier 2009 à 11:21 :: KT Ados

 

(Cf. Programme de l'année)

 

Aux catéchumènes et à leurs parents

 

 

 

 

NOTRE SORTIE KT / TRIANGLE DU 2ème TRIMESTRE 2009

NOUS CONDUIRA CETTE ANNÉE
À LA VISITE DU 
MUSÉE PICASSO



LE SAMEDI  7  FÉVRIER 2009.

 

 

LE RENDEZ-VOUS EST FIXÉ À 15 H 00 *

 

au Musée Picasso d’Antibes,

Château Grimaldi
06600 Antibes

 

http://www.antibes-juanlespins.com/fr/culture/musees/picasso/

 

Thème : « Universalisme et Liberté »

 

 

Rendez-vous de FIN DE RENCONTRE À 17 H 30

 

* Soyez à l’heure : nous serons accompagnés par une guide

 

CHAQUE PAROISSE ORGANISE

SON MODE DE TRANSPORT ALLER ET RETOUR.

 

Prix : gratuit pour les ados et 5 accompagnateurs

3 pour les adultes.

 

 

………………………………………………………………………………………… 

Je soussigné(e)........…………………….........…….
autorise mon enfant……………………...................
à  participer à la sortie organisée le samedi 7 février 2009
au musée Picasso
par les paroisses du « Triangle ».
En cas  d'urgence je suis joignable au n° suivant………..….……...

 

Signature

 

 

 

 

 

Semaine de l'Unité 2009

Par Rolpoup :: vendredi 23 janvier 2009 à 11:07 :: KT Ados


 

 

Semaine de prière

pour l'unité des chrétiens

 


 

 

 

 



Samedi 24 janvier :


 

KT : rendez-vous au

temple d'Antibes à 16 h 00

ou à la cathédrale d'Antibes à 16 h 30.

 

 

Célébration œcuménique


à la cathédrale d'Antibes à 18 h 00.

 

 

 

Semaine de l'Unité 2009

Par Rolpoup :: jeudi 15 janvier 2009 à 8:07 :: KT Ados


 

 

Semaine de prière

pour l'unité des chrétiens

 


 

Samedi 17 janvier :

 

 

KT : rendez-vous à la

cité paroissiale de Vence à 16 h 30.

 

 

 

Célébration oecuménique


à la cathédrale de Vence à 18 h 00.

 


 

 

 



Samedi 24 janvier :


 

KT : rendez-vous au

temple d'Antibes à 16 h 00

ou à la cathédrale d'Antibes à 16 h 30.

 

 

Célébration oecuménique


à la cathédrale d'Antibes à 18 h 00.

 

 

 

KT ados - Séance du 13 décembre 2008

Par Rolpoup :: lundi 08 décembre 2008 à 16:14 :: KT Ados

KT 2008-2009
Église et vie chrétienne dans le monde d’aujourd’hui

 
 



Aspects du christianisme


Des croyances, des convictions, des courants de pensée, d’action, des communautés, des façon de célébrer Dieu, un mode de vie, une tradition, ou des traditions… : le christianisme est tout cela et autre chose encore. Chacun de ces aspects offre des similitudes avec d'autres religions ou traditions, par rapport auxquelles la foi chrétienne se situe en voisinage et/ou en position d’héritage. C’est une des raisons pour lesquelles on a commencé par considérer d’autres religions et traditions, et notamment Israël, pour percevoir les caractéristiques de la foi chrétienne.


Quelques notions

La doctrine chrétienne est résumée dans les symboles de la foi, appelés aussi Credo, selon leur premier mot latin (« je crois »). Les « credo » ont une structure ternaire, trinitaire : le Père, le Fils, l’Esprit saint. Dieu dévoilé comme Père par Jésus Christ, le Ressuscité ; il révèle à Pentecôte qu’il envoie l’Esprit saint qui « procède » du Père.

 

 

Le Père

Le Nom imprononçable, source de tout être, nommé différemment selon les cultures et religions, Dieu en français, est invoqué par Jésus comme « Père ». Les paroles, comme la vie de Jésus, témoignent ainsi de son intimité avec Dieu et donnent aux disciples appelés à le suivre l'espérance de vivre par lui dans la présence du Père céleste et de devenir eux-mêmes enfants de Dieu ; c’est là ce qui est perçu comme le fruit de l’amour de Dieu pour le monde, tel qu’il a donné son fils unique pour que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle (Jean 3, 16).

La Foi chrétienne a enseigné dans l’histoire que Dieu est tout-puissant, que sa domination s'étend partout, sur terre aussi bien que dans les cieux, et qu'il est au-delà du temps, de l'espace et de tout changement. Parallèlement, elle affirme que « Dieu est amour ». La création du monde, issu du néant, la création de l'humanité et, cœur de ce dévoilement, l'avènement du Christ sont autant de manifestations de cet amour. Cet amour de Dieu est affirmé par Jésus, dans son Sermon sur la Montagne, en ces termes : « Voyez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu'eux ? » (Matthieu 6, 26) ; « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Le christianisme des premiers temps considéra ces paroles comme le fondement du statut privilégié de l'être humain comme enfant de Dieu par le Christ.


 

Le Fils

La figure centrale du christianisme est celle de Jésus-Christ, le Ressuscité, que l'on retrouve au cœur des différentes croyances et pratiques chrétiennes à travers les siècles. Tout ce que l'on sait du personnage de Jésus tel qu’il est passé dans notre histoire nous est révélé dans les Évangiles. D'autres passages du Nouveau Testament résument les croyances des premiers chrétiens. Paul et les autres auteurs des Écritures apostoliques voient en Jésus celui qui non seulement révèle la vie humaine dans sa perfection mais, surtout, investissant d’un sens inouï le titre qui lui est donné de « Fils de Dieu », la réalité divine elle-même.

Les chrétiens ne sont cependant pas d'accord entre eux sur la définition et la compréhension de ce qui rend unique la figure du Christ. Trop riche… Ils affirment certes tous que la vie de Jésus et son exemple doivent être suivis et que son enseignement peut renouveler toute relation humaine. La tradition chrétienne considère certes Jésus comme le prédicateur et le modèle exemplaire mais, pour la plupart des chrétiens, cela n’épuise pas la signification profonde de sa vie et de ses actes. Ses enseignements trouvent de larges échos ailleurs, en premier lieu chez les rabbins, mais aussi dans la sagesse d’un Socrate, d’un Bouddha, d’un Confucius, etc. Au cœur de la foi chrétienne se trouvent les événements rappelés dans la liturgie, de Noël concernant sa naissance miraculeuse à, plus centrale, la « semaine sainte », qui débouche sur la crucifixion de Jésus. Et fondement décisif, sa résurrection, perçue par les premiers chrétiens comme le signe éclatant que Jésus a réconcilié l'humanité avec Dieu en venant partager les souffrances de son exil loin de Dieu jusqu’à la mort sur la croix. C’est à la lumière de la résurrection que la croix est devenue un thème central de la foi chrétienne et le symbole de l'amour sauveur de Dieu ; signe de son pardon — au fondement, concernant le bien et le mal, du jugement qui lui est remis à ce titre : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ce qui nous ont offensés ».


 

L'Esprit Saint

L'Esprit Saint est envoyé par le Père au nom du Christ selon la formule qui sera retenue pour l'administration du baptême et dans les credo successifs des premiers siècles. Après maintes discussions et controverses, cette confession prendra la forme de la doctrine de la Trinité, qui conçoit Dieu comme un en trois personnes distinctes. La foi en l’Esprit saint se déploie dans l’Église, où se reçoit la parole du salut, ses incidences pratiques et l’espérance chrétienne :

 

L'Église

Pour ses disciples, Jésus les envoyant comme le Père l’a envoyé, bâtit par eux son Église. Cela dans la foi que la promesse que leur avait faite Jésus, selon l'Évangile, de demeurer avec eux « tous les jours jusqu'à la fin du monde » se réalise, par l’Esprit saint, dans l’Église universelle. Les relations de l’Église universelle avec les diverses Églises du monde chrétien constituent une source de division majeure. Le catholicisme romain eut tendance à confondre son institution propre avec l'Église universelle, le terme universel étant le même que « catholique ». Les chrétiens de tous bords commencent de plus en plus à reconnaître qu'aucun groupe ne peut prétendre au droit exclusif de se considérer comme l'« Église », et à œuvrer pour réunir tous les chrétiens.

 

La parole, le baptême et la Sainte Cène. — L’Église se construit autour de la prédication, dans la fidélité au message des Apôtres, de la Parole de Dieu ; soulignée par les « sacrements » : en premier lieu le baptême, administré « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », qui constitue, dès l'origine, le rite d'entrée du christianisme. Il est administré par la majorité des Églises à ceux qui professent leur foi ainsi qu’à leurs enfants (certains cependant contestent la légitimité du baptême des enfants ; leur pratique et appelée « baptiste »). Le deuxième sacrement reconnu par tous les chrétiens est celui de la Sainte Cène (ou Eucharistie), au cours de laquelle les chrétiens partagent du pain et du vin par lesquels ils reconnaissent la réalité de la présence du Christ manifestée par leur communion les uns avec les autres. La Sainte Cène devint objet de conflit entre les différentes Églises chrétiennes divergeant sur la définition de la « présence » du Christ à l’occasion du pain et du vin consacrés, et sur l'action de cette présence sur les fidèles.

 

Le culte. — Quelle que soit sa forme, la communauté des croyants à l'église (au temple) constitue le lieu premier où s'exerce le culte chrétien. Les chrétiens de toutes les traditions ont toujours mis l'accent sur l'importance du culte et de la prière personnelle enseignées par Jésus. Cependant, Jésus enseigne aussi une prière connue dans toutes les Églises comme le Notre Père, dont la première invocation souligne la nature communautaire du culte voué à Dieu : « Notre Père, qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié ». Depuis l'époque du Nouveau Testament, le jour désigné pour le culte communautaire fut le « dimanche, premier jour de la semaine », en commémoration de la résurrection du Christ. Le dimanche est traditionnellement le jour de repos des chrétiens, différemment de ce qu’est le shabbat pour les juifs : en mémoire du dimanche de la résurrection. C'est l'occasion pour les croyants de se réunir pour écouter la parole de Dieu donnée dans la Bible, pour participer aux sacrements, et adresser au Seigneur louanges, actions de grâce et prières. Le participation commune au culte est à l'origine de la composition d’innombrables cantiques, chorals, psaumes bibliques mis en musique, chants et musiques instrumentales, en particulier pour orgue. Les communautés chrétiennes construisirent, au moins dès que cela leur fut permis, des édifices destinés à la pratique de leur culte, qui influencèrent considérablement l'histoire de l'architecture.

 

Le salut et la vie chrétienne

La vie chrétienne nait de la foi à la participation par l’Esprit saint à la vie avec Dieu dans la présence du Ressuscité. Tel est le salut proclamé dans la prédication de l’Église et signifié dans ses sacrements, oublié parfois, et rappelé périodiquement par les mouvements de Réforme de Réveil. Le salut donné par la grâce de Dieu est reçu par la foi seule

Le salut produit un fruit de liberté traduit dans un comportement. Les enseignements chrétiens concernent ainsi tous les aspects de doctrine et de morale et sont fondés sur l'amour de Dieu et du prochain, les deux commandements de la Bible rappelés par Jésus comme étant le cœur de la Loi (Matthieu 21, 34-40), développé au travers du Décalogue (les dix paroles — ou dix commandements). 

Les chrétiens adoptent aujourd'hui face aux questions contemporaines des attitudes diverses et contrastées, comprises dans un large éventail, allant pour prendre l’exemple politique, de la droite à la gauche en passant par les positions intermédiaires. Il est toutefois possible de parler d'un mode de vie chrétien caractérisé par la vocation au service. La valeur de l'être humain créé selon l'image de Dieu, le caractère précieux de la vie humaine, et par conséquent du mariage et de la famille, l’appel impératif à lutter en faveur de la justice dans le monde, quelle que soit la difficulté des temps, sont autant de lieux d'engagements qui s'inscrivent dans une ligne d'action qu'un chrétien fera sienne tout en sachant que  sa conduite personnelle n'est pas toujours à la hauteur de ces valeurs — nécessitant le recours constant à la grâce : « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal », dans la conviction du salut par la foi. La difficulté de vivre selon une éthique fondée sur l'amour a toujours existé, même au temps du Nouveau Testament, et il n'y a jamais eu à cet égard d'« âge d'or » ou il en aurait été autrement.

 

La perspective de la fin des temps

Toutefois, l'aspiration à une telle époque existe dans la foi chrétienne, conformément à la demande : « que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Elle s'exprime dans l'espérance de la vie éternelle. Jésus insistait sur l'urgence de cette espérance. Les credo de l'Église évoquent cette espérance dans la confession de la foi à la résurrection, selon la promesse d'une vie nouvelle auprès du Christ ressuscité. Le christianisme peut donc sembler être une religion de l'au-delà, et — tant il est vrai que dans une perspective chrétienne, la dimension invisible, spirituelle et angélique de la création, existe aussi — il s’y cantonna parfois. Cependant, au cours des siècles, l'espérance chrétienne a été également une motivation pour rendre la vie sur terre plus conforme à la volonté de Dieu telle qu'elle est exprimée par le Christ… « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen. »



 

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