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KT ados - Séance du 6 février 2010Par Rolpoup :: vendredi 29 janvier 2010 à 7:48 :: KT Ados
V ) 6 février 2010 — la libération Le peuple est allé en Égypte comme peuple de réfugiés économiques — pressés par la famine : Genèse 47:4 - Les Israélites dirent au Pharaon : « La famine pèse si lourdement sur le pays de Canaan, qu’il n’y a plus de pâturages pour nos troupeaux. Nous sommes venus ici comme immigrés. Veuille nous accorder le droit de nous installer dans la région de Gochen. » Vient un changement de dynastie en Égypte : Exode 1:8 – « Un nouveau roi commença à régner sur l’Égypte, mais il ne savait rien de Joseph. » L’hospitalité traditionnelle est mise à mal. Les immigrés — les descendants de Jacob/Israël devenus nombreux font peur : Exode 1:9 – « Il dit à son peuple: "Voyez, les Israélites forment un peuple plus nombreux et plus fort que nous. » Au point que l’on ira jusqu’à tenter de les exterminer : Exode 1:22 – « Alors le Pharaon ordonna à tout son peuple: "Jetez dans le Nil tout garçon hébreu nouveau-né! Ne laissez en vie que les filles! » L’esclavage s’est développé : Exode 1:11 – « Les Égyptiens désignèrent alors des chefs de corvées pour accabler le peuple d’Israël en lui imposant de rudes travaux. C’est ainsi que les Israélites durent construire les villes de Pitom et Ramsès pour y entreposer les réserves du Pharaon. » Le temps de la libération approche : Exode 3:7 – Le Seigneur dit: « J’ai vu comment on maltraite mon peuple en Égypte; j’ai entendu les Israélites crier sous les coups de leurs oppresseurs. Oui, je connais leurs souffrances. » ![]() Dieu suscite un chef de file, Moïse — le buisson ardent : Exode 3:2 – « l’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme, au milieu d’un buisson. Moïse aperçut en effet un buisson d’où sortaient des flammes, mais sans que le buisson lui-même brûle. » Le pouvoir pharaonique craint pour ses intérêts et veut maintenir à tout prix l’esclavage : Exode 5:2 – « Le Pharaon répondit: "Qui est ce Seigneur à qui je devrais obéir en laissant partir les Israélites? Je ne le connais pas et je ne vous laisserai pas partir!" » La libération ne pourra donc pas faire l’économie de la violence : Exode 9:14 – « cette fois-ci, je suis décidé à infliger toutes sortes de fléaux à toi, à ton entourage et à ton peuple, afin que tu saches que personne sur terre n’est comparable à moi. » Et ouvre sur la liberté, par le don de la Loi : Exode 12:14 – « D’âge en âge vous commémorerez cet événement par une fête solennelle pour m’honorer, moi, le Seigneur: ce sera pour vous une règle irrévocable. » La Loi de Moïse et nous : Le Décalogue et les Droits de l’Homme
« Décalogue » : le mot signifie « dix paroles ». Il est préférable à « dix commandements » puisque, contrairement aux neuf autres, la première parole : « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai libéré de l’esclavage », n’est pas un commandement. Le Décalogue commence par une proclamation : Dieu donne la liberté au peuple qu’il s’est allié. C’est la part de Dieu dans le contrat de l’Alliance. La pratique des autres paroles est notre part. La liberté est donnée après la captivité. Elle met fin à une situation devenue insupportable, l’esclavage. La loi qui accompagne ce don de la liberté a pour fonction de nous éviter de retomber dans l’esclavage ou toute autre situation catastrophique.
Le peuple français connaissait une situation d’oppression et d’arbitraire sous une royauté absolue. En 1789, la situation devient insupportable. Un sursaut y met fin. Pour garantir la liberté reçue, une loi est proclamée, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Proclamée « sous les auspices de l’Être suprême », elle est présentée sur l’image de tables semblables à celles qui représentent le Décalogue. Ce n’est pas par hasard : don de liberté, suivi d’une loi pour que l’acquis ne se perde pas.
L’Europe, et à travers elle le monde, ont failli s’autodétruire. On a tenté d’exterminer un peuple. Le chaos semble avoir atteint un point de non-retour. Mais dans un sursaut, le monde reçoit à nouveau la liberté. Une loi est proclamée, une nouvelle déclaration de droits humains, universelle — c’est à dire valable pour tous les êtres humains. Même modèle dans les trois cas : chaos - libération - loi. Avec des éléments nouveaux soulignés face à de nouvelles menaces. Ici le refus du racisme, et le refus de l’oppression des femmes.
Les trois usages de la loi selon les Réformateurs Usage politique : la loi pour organiser la Cité dans la liberté (aspect final de la séance d’aujourd’hui). Usage pédagogique : la loi comme mesure du bien et du mal que nous sommes incapables de bien appliquer : de la sorte, la loi nous conduit à chercher notre justice en Christ, dans la grâce de Dieu, et non en nous-même. Usage normatif : la loi est une norme de comportement. (Nous verrons ces deux derniers usages dans les séances suivantes). __________________________________ « Je suis le Seigneur ton Dieu, « Ne suis-je pas un homme et un frère » « J’ai vu la misère de mon peuple et je l’ai entendu crier sous les coups » (Exode 3, 7)
Kt du 23 janvier - Semaine de l'Unité 2010Par Rolpoup :: lundi 18 janvier 2010 à 10:57 :: KT Ados
Semaine de prière
Samedi 23 janvier :
KT : rendez-vous au temple d'Antibes à 16 h 00.
Célébration oecuménique
Kt du 16 janvier - Semaine de l'Unité 2010Par Rolpoup :: dimanche 10 janvier 2010 à 8:47 :: KT Ados
Semaine de prière
Samedi 16 janvier :
KT : rendez-vous à l'église anglicane de Vence à 16 h 00.
Célébration oecuménique
Fêtes de NoëlPar Rolpoup :: mercredi 16 décembre 2009 à 9:53 :: KT Ados
À tous, un Joyeux Noël !
Dans nos temps de célébrations :
Arbre de Noël dimanche 20 décembre
Veillée de Noël jeudi 24 décembre
Culte de Noël vendredi 25 décembre
KT ados - Séance du 21 novembre 2009Par Rolpoup :: samedi 14 novembre 2009 à 13:25 :: KT Ados
IV ) 21 novembre 2005 — Création et Incarnation Image de Dieu et Principe de la Création Nous terminions la séance précédente (la Création et l’être humain) avec la figure du Fils de l’Homme : « Alors vous verrez le signe du Fils de l’Homme qui est dans les cieux » (Matthieu ch. 24, v. 30) — ce Fils de l’Homme qui est au fondement de la Création, comme projet de Dieu, dévoilé dans le Christ ressuscité. Nous voici en présence d’une révélation issue tu tombeau vide du « premier né d’entre les morts » (Colossiens 1, 18) : Colossiens 1, 15-17 : 15 Le Christ est l’image visible du Dieu invisible. Il est le Fils premier-né, supérieur à tout ce qui a été créé. 16 Car c’est par lui que Dieu a tout créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, puissances spirituelles, dominations, autorités et pouvoirs. Dieu a tout créé par lui et pour lui. 17 Il existait avant toutes choses, et c’est par lui qu’elles sont toutes maintenues à leur place. Le Christ préexistant. Ces quelques versets donnent un témoignage éloquent de cette certitude issue du dimanche de Pâques. Le Ressuscité précède le monde, au point que le monde est fondé en lui, pour lui. Ce que dit aussi l’Évangile de Jean, en termes de Logos, parole à l’origine du monde qui rejoint les « Dieu dit » (et cela fut) qui scandent le premier chapitre de la Genèse. Tout a été créé en Lui, il est l’image de Dieu selon laquelle sont faits les êtres humains et de qui tout tire son être, dans les cieux et sur la terre. Révélation éblouissante issue tu tombeau vide du « premier né d’entre les morts » (Colossiens 1, 18). Au commencement était la Parole
Jean 1, 1-4 1 Au commencement de toutes choses, la Parole existait déjà ; celui qui est la Parole était avec Dieu, et il était Dieu. 2 Il était donc avec Dieu au commencement. 3 Dieu a fait toutes choses par lui ; rien n’a été fait sans lui ; 4 ce qui a été fait avait la vie en lui. Cette vie était la lumière des hommes. Si le Ressuscité est l’aboutissement de la Création, le dévoilement du projet créateur ; en lui est donc manifesté ce projet-même, l’idée de la Création, énoncée dans la parole créatrice de Genèse 1 — rappelez-vous : « Dieu dit » (et cela fut)… En lui est dévoilé le mystère de cette Parole-même. Ce qui était opaque s’éclaire en lui : il est la lumière des origines. La lumière-même en laquelle nous avons été faits. C’est cela que nous célébrons à Noël, fête de l’Incarnation, fête de la lumière venant dans le monde. Le projet initial devenant le « Fils de l’Homme » en cet enfant qui trouvera son accomplissement au dimanche de Pâques — et qui nous donnera notre accomplissement au dimanche de Pâques. Incarnation, Création et entrée dans l’Histoire « La Parole a été faite chair ("est devenue un homme" selon la Bible en français courant), et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité » (Jean 1, 14). C’est de ce verset que vient le terme « incarnation » : venu dans la chair. Celui qui est le Principe de la Création est devenu un être humain. Là commence, où recommence, l’Histoire. Là commence une Histoire nouvelle. Ce pourquoi l’Église a appris à dater l’Histoire de cette naissance.
Incarnation, Création et Création nouvelle Comparez le chapitre 1 de l’Évangile de Jean, et les chapitres 1 à 2 v. 7 de la Genèse — Création et nouvelle Création. — Repérez les mots : parole (dire), lumière, vie, homme (chair). — Repérez en quoi l’Évangile de Jean indique que « la Parole venue en chair » est le Principe de la Création. — Quelle est l’implication de ce qu’il entre lui-même dans la Création en devenant un être humain ? — Quelle est notre part dans ce projet (cf. Jean 1, 12) ?
En la Parole faite chair, devenue un être humain, se manifeste le projet de la Création, Parole, lumière et vie. C’est une Histoire en forme de sortie des ténèbres à laquelle sont appelés les êtres humains en vue de l’aboutissement du projet dévoilé dans le Ressuscité.
KT ados - Séance du 7 novembre 2009Par Rolpoup :: vendredi 23 octobre 2009 à 7:40 :: KT Ados
III ) 7 novembre 2009 — la Création et l’être humain
Être humain et Shabbat
— « Très bon » Genèse ch. 1, v. 31 : Dieu constata que tout ce qu’il avait fait était une très bonne chose. Le soir vint, puis le matin; ce fut la sixième journée.
— La grâce du repos en Dieu Genèse ch. 2, v. 1-3 : 1 Ainsi furent achevés le ciel, la terre et tout ce qu’ils contiennent. 2 Dieu, après avoir achevé son œuvre, se reposa le septième jour de tout son travail. 3 Il fit de ce septième jour un jour béni, un jour qui lui est réservé, car il s’y reposa de tout son travail de Créateur.
— Homme et femme Genèse ch. 1, v. 26-28 : 26 Dieu dit enfin: "Faisons les êtres humains; qu’ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ! […]" 27 Dieu créa les êtres humains comme une image de lui-même; il les créa homme et femme. 28 Puis il les bénit en leur disant: "Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre et dominez-la […]"
— Loi et rencontre Genèse ch. 2, v. 18 & v. 21-24 : 18 Le Seigneur Dieu se dit: "Il n’est pas bon que l’être humain soit seul. Je vais le secourir en lui faisant une sorte de partenaire." 21 Alors le Seigneur Dieu fit tomber l’homme dans un profond sommeil. Il lui prit un côté et referma la chair à sa place. 22 Avec ce côté, le Seigneur fit une femme et la conduisit à l’homme. 23 En la voyant celui-ci s’écria: "Ah! Cette fois, voici quelqu’un qui est plus que tout autre du même sang que moi! On la nommera compagne de l’homme, car c’est de son compagnon qu’elle fut tirée." 24 C’est pourquoi l’homme quittera père et mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviendront tous deux un seul être.
Genèse ch. 12, v.1 : « Le Seigneur dit à Abram: "Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai. »
1 Corinthiens ch. 3, v.9 :
— Retour à Dieu Genèse ch. 2, v. 18 : « Il n’est pas bon que l’être humain soit seul. » Genèse ch. 2, v. 24 : « l’homme quittera père et mère pour […], et ils deviendront […] un seul être » Genèse ch. 12, v.1 : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va ».
— Temps de grâce 1 Corinthiens ch. 15, v. 24-28 : « 24 arrivera la fin: le Christ détruira toute autorité, tout pouvoir et toute puissance […], et il remettra le Royaume à Dieu le Père. […] 26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. […]° 28 […] afin que Dieu soit tout en tous.»
Genèse ch. 2, v. 3 : « Il fit de ce septième jour un jour béni, un jour qui lui est réservé, car il s’y reposa ».
Luc ch. 4, v. 18-19 : 18 « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers et le don de la vue aux aveugles, pour libérer les opprimés, 19 pour annoncer (l’an de grâce) l’année où le Seigneur manifestera sa faveur. » Le Fils de l’Homme Matthieu ch. 24, v. 30 : « Alors vous verrez le signe du Fils de l’Homme qui est dans les cieux »
Questions :
— Puis - le monde est fait - il dit : « Il n’est pas bon » (que l’homme soit seul). Bon ou pas bon ?
* — « Dieu, après avoir achevé son œuvre, se reposa le septième jour de tout son travail. Il fit de ce septième jour un jour béni » — Marc ch. 2, v.27 : « Le shabbath a été fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbath. » L’homme ou le shabbath achève la Création ? *
— « Dieu créa les êtres humains comme une image de lui-même; il les créa homme et femme. » (Genèse 1) — « Va vers où je te montrerai » (Genèse 12) — Zacharie 1:3 (1-2) : « revenez à moi, le Seigneur, et je reviendrai à vous, je vous le promets. » Y a-t-il image de Dieu en l’être humain tout seul ?
En résumé… Nous voilà avec un être humain qui couronne la Création qui se clôt par le repos. Et voilà un repos qui semble n’être pas encore atteint, en tout cas pour les êtres humains (Héb 4, 1 : « Dieu nous a laissé la promesse que nous pourrons entrer dans le repos qu’il nous a préparé »). En attendant, nous sommes en chemin. Un chemin où on quitte ce d’où on vient, pour aller à la rencontre — de ce qui est différent de nous, différent de ce d’où on vient : l’autre sexe, l’autre lieu, l’autre temps, celui qui est Autre (Dieu). Cette rencontre suppose un envoi — on n’y va pas spontanément : on a tendance à rester. Cet envoi est une parole de loi : quitte et va. Une loi en « quitte et va », qui se décline sous différents angles (ou commandements négatifs : ne pas — « tu ne resteras pas », et positifs — « tu iras »). Chaque accomplissement est un pas, un moment de coopération des hommes, sur la route du projet, donné comme grâce, de Dieu créant le monde. L’aboutissement est la rencontre du « Fils de l’Homme » où Dieu nous précède, Dieu rencontrant l’homme, l’homme à son image rencontrant Dieu — ce Fils de l’Homme qui est au fondement de la Création, comme projet de Dieu, dévoilé dans le Christ ressuscité. (Annexe : l’évolution humaine. Cf. par ex. : http://loic.hibon.free.fr/evolufrm.html ; http://www.inrp.fr/Acces/biotic/evolut/homme/html/lignhom.htm)
KT ados - Séance du 17 octobre 2009Par Rolpoup :: jeudi 08 octobre 2009 à 14:47 :: KT Ados
Pourquoi
* * * Le mal : présent dans la nature ? Genèse 1, 1-2 « 1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. 2 La terre était sans forme et vide, et l’obscurité couvrait l’océan primitif. »
Genèse 3, 1 « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que le Seigneur avait faits. » * * * Le mal commis par des hommes
Genèse 4, 3-8 « 3 Au bout d’un certain temps, Caïn apporta des produits de la terre en offrande pour le Seigneur. 4 Abel, de son côté, apporta en sacrifice des agneaux premiers-nés de son troupeau, dont il offrit au Seigneur les meilleurs morceaux. Le Seigneur accueillit favorablement Abel et son offrande, 5 mais non pas Caïn et son offrande. Caïn en éprouva un profond dépit; il faisait triste mine. 6 Le Seigneur lui dit: "A quoi bon te fâcher et faire si triste mine? 7 Si tu réagis comme il faut, tu reprendras le dessus; sinon, le péché est comme un monstre tapi à ta porte. Il désire te dominer, mais c’est à toi d’en être le maître." 8 Cependant Caïn dit à son frère: "Sortons." Quand ils furent dehors, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. »
Genèse 6, 5-6 « 5 Le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants dans le monde, et que les penchants de leur cœur les portaient de façon constante et radicale vers le mal. 6 Il en fut attristé et regretta d’avoir fait des hommes sur la terre. » * * * Si Dieu, qui est bon, a créé toutes choses, et constaté que « cela était bon », d’où vient donc le mal ? En général, on répond : le mal est le résultat d’une « chute » originelle. Celle de l’homme ? — faisant un mauvais usage de sa liberté… Mais le serpent alors ? Ne vient-il pas avant ? Où l’on répond parfois par la chute de « Lucifer », un bon ange devenu mauvais, devenu alors le satan, ou le diable. (Ésaïe 14, 12 : « Comment est-ce possible ? Te voilà tombé du haut du ciel, toi l’astre brillant du matin ! » — en latin dans la traduction intitulée la Vulgate : « quomodo cecidisti de caelo lucifer ».)
Mais, que ce soit l’homme ou un ange,
Ces questions en posent d’autres : Qu’est-ce que le mal ? — Est-ce le mal que l’on fait, nous les êtres humains ? — le mal moral, donc. — Ou est-ce le mal qui n’a pas de cause morale, comme les tremblements de terre et les catastrophes naturelles, ou les morts accidentelles ou par maladie et leur cortège de souffrance ? Le point commun est la souffrance causée. Le mal « moral », c’est à dire quand on fait le mal, fait souffrir, tôt ou tard, soi ou son prochain. C’est l’affaire de Caïn et Abel. Cela atteint son comble dans les violences et crimes de guerre ou le terrorisme et les crimes contre l’humanité. C’est le fait des hommes. Mais le mal ne se limite pas à cela. Ainsi quel sens peut-on trouver, par exemple, à la souffrance des animaux ? * * * Où revient la question : et Dieu dans tout ça ? N’a t-il pas créé le monde bon ? Le tohu-bohu (mot hébreu passé dans le français) de Genèse 1 v. 2 (traduit par « sans forme et vide ») précède la venue de l’homme. Ainsi que des catastrophes naturelles causant, par exemple, la souffrance des animaux. Que ce soient des tremblements de terre, des chutes de météorites, etc. Tsimtsoum ! Un rabbin du XVIe siècle a tenté une explication pour expliquer ce mal incompréhensible que fut pour lui l’expulsion des juifs d’Espagne : le mal viendrait de l’absence de Dieu. Dieu, qui est partout, s’est en quelque sorte « rétracté », retiré, pour laisser un espace où le monde puisse prendre place — une contraction, en hébreu : « tsimtsoum ». En ce vide, où Dieu n’est pas, le monde peut prendre place, mais aussi le mal que Dieu seul pourrait empêcher !
Alors Jésus nous apprend à prier : « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. » * * * Ainsi les êtres humains auraient pour tâche d’être comme des auxiliaires de Dieu pour faire réussir le monde. Et voilà Dieu "agacé" quand c’est l’inverse qui se produit : « Il en fut attristé et regretta d’avoir fait des hommes sur la terre », selon la Genèse, avant le déluge. * * * Alors il lance à nouveau son appel : tournez-vous vers moi, la source du bien, pour lutter contre le mal — par la mise en œuvre de la justice. Nous voilà appelés à ramener le monde à Dieu, à y semer des germes de bien, de bonté et de beauté — par nos prières et par nos actes. Dans nos prières où se préparent nos actes. C’est ce que nous allons faire au culte. « Oui, je vous avertis solennellement aujourd’hui, le ciel et la terre m’en sont témoins : je place devant vous la vie et la bénédiction d’une part, la mort et la malédiction d’autre part. Choisissez donc la vie, afin que vous puissiez vivre, vous et vos descendants. » (Deutéronome 30, 19) Cela ne fait pas disparaître le mal en un clin d’œil, on le sait bien, mais nous inscrit sur le chemin de la promesse de Dieu :
« Il supprimera la mort pour toujours.
Le Seigneur Dieu essuiera les larmes
sur tous les visages. »
(Ésaïe 25, 8)
KT ados - Séance du 3 octobre 2009Par Rolpoup :: dimanche 20 septembre 2009 à 16:59 :: KT Ados
Année 2009-2010 Nous cheminerons cette année, comme avec Israël dans la Bible hébraïque, à la découverte du Dieu Père — jusqu’à son annonce en Jésus-Christ. « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, I ) 3 octobre — la Création Genèse ch. 1, v.1 – ch. 2, v.3 1) « Au commencement » Que signifie ce : « au commencement, Dieu créa… » (v.1) ? Au commencement ? Quand est-ce ? Au commencement de quoi ? 2) La Parole « Dieu dit » (v.3, v.6, v.9, etc.) : "que cela soit", et cela est. Oui, mais alors, comment Dieu crée-t-il ? 3) La lumière « Dieu dit : "que la lumière paraisse", et la lumière parut […] ; ce fut la première journée » (v. 3-5). « Dieu fit […] les deux principales sources de lumière : […] le soleil, […] la lune […] et il ajouta les étoiles. […] ; ce fut la quatrième journée » (v. 16-19). Dieu a-t-il créé la lumière le premier jour ou le quatrième jour ? 1) « Au commencement » Le christianisme date le temps à partir de la naissance de Jésus-Christ : nous sommes en 2009 après Jésus-Christ. Le judaïsme, à la lecture la Genèse, date le temps à partir de la Création du monde : depuis ce 19 septembre 2009, nous sommes en l’an 5770. La science contemporaine nous dit que le « big-bang », au début de l’univers, a eu lieu il y a 13 milliards et demi d’années ! 2009 ans selon la datation chrétienne, 5770 ans selon la Bible, ou 13,5 milliards d’années selon la science ? * En fait, littéralement, « au commencement » ne signifie pas nécessairement « au début du temps », mais à la fois : « à un moment donné » et « en-tête », c’est-à-dire « au principe ». Dieu est le principe, ou la tête, ou la racine, de toutes choses — et il est en dehors du temps. C’est comme tel qu’il pose le monde et le temps. Et c’est dans le temps que la Genèse pose le monde comme « à un moment donné ». Voilà donc le monde — fondé en dehors du temps — posé à un moment donné, il y 5770 ans, départ de l’histoire biblique. Ce monde est posé, à ce moment donné, avec sa préhistoire, comme une sédimentation, qui aurait 13,5 milliards d’années. On peut observer la trace de cette sédimentation dans les strates géologiques, dans les fossiles — des ammonites aux dinosaures. Les astrophysiciens, eux, nous parlent de « rayonnement fossile », capté par nos radiotélescopes, émis par des astres disparus depuis des milliards d’années. Dieu est à l’origine, éternellement, de toutes choses, et les choses nous apparaissent comme posées à un moment donné. 2) La Parole « Au commencement était la Parole. […] Dieu a fait toutes choses par cette Parole » (Jean ch. 1, v.1-3). Ainsi commence l’Évangile de Jean. Il s’agit d’un véritable commentaire du début de la Genèse. « Au commencement » y signifie précisément « au principe », « en principe ». Et la Parole de Dieu, l’idée de Dieu exprimée, est le principe de la Création. Dieu crée par la Parole : quand Dieu dit, quand Dieu ordonne, la chose est. Dans la Genèse, la lumière, le ciel, la terre, les eaux, la végétation, toutes les créatures animales… sont l’effet de cette Parole de Dieu. Que Dieu ordonne, que Dieu parle, et ce qu’il nomme existe ! L’Évangile de Jean poursuit : « ce qui a été fait avait la vie en cette Parole. Cette vie était la lumière des hommes » (ch.1, v.4). 3) La lumière Dieu a-t-il créé la lumière le premier jour (Gn 1, 3) ou le quatrième jour (Gn 1, 14) ? Le premier jour, il sépare la lumière d’avec les ténèbres (Genèse 1, v.3). L’Évangile de Jean parle de cette lumière qui est la vie produite par la parole de Dieu. Une lumière qui précède celle qu’émet le soleil, qui est créé plus tard, selon la Genèse (1, 14). Il y a donc une lumière naturelle, celle du soleil, et une lumière d’un autre ordre, celle de la Parole, de l’idée exprimée, de la pensée exprimée. Un peu comme celle que les bandes dessinées représentent par une lampe qui s’éclaire au-dessus la tête de quelqu’un qui a une idée. Dieu pense le monde, le dit, et il est, déjà lumineux de la seule Parole de Dieu. En guise de résumé Question : quand commence mon histoire personnelle ? a — Quand on m’a donné un nom. b — À ma naissance. c — À mon premier souvenir. Francois Gohier/Photo Researchers, Inc. Empreintes de dinosaure Traces de pas fossilisées (Encyclopédie Microsoft ® Encarta ® 2003. ©) Réponse : c — Comme récit personnel, mon histoire commence à mon premier souvenir : pour avant, je ne fais que croire ce que l’on m’a dit, un récit collectif, familial ! (= « au commencement » — un récit collectif, celui d’un peuple ; avant quoi on parle de pré-histoire.) a — La parole qui m’a fait être est celle par laquelle on me parle, on me reconnaît, on me donne un nom, une parole que je crois. (= la Parole // « Dieu dit » et le monde est.) b — À ma naissance, je viens à la lumière du jour. (= la lumière // « la vie était la lumière des hommes ».) KT ados - Séance du 30 mai 2009Par Rolpoup :: vendredi 22 mai 2009 à 9:20 :: KT Ados
Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui
Année 2008-2009 (Cf. Programme de l'année)
30 mai 2009 — Martin Luther King
Dans son dernier discours, le 3 avril 1968, le pasteur Martin Luther King exprimait les paroles de la mission accomplie — en ces termes : « Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant, car je suis arrivé jusqu'au sommet de la montagne. R.P.
KT ados - Séance du 16 mai 2009Par Rolpoup :: dimanche 10 mai 2009 à 11:45 :: KT Ados
Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui
Année 2008-2009 (Cf. Programme de l'année)
16 mai 2009 Par Christiane Fisher : GRANDE FIGURE DU PROTESTANTISME ALBERT SCHWEITZER
A plus d’un titre, Albert Schweitzer (1875 – 1965) fait figure de précurseur : théologien mais aussi médecin pionnier de l’humanitaire, pasteur mais aussi philosophe pionnier de l’écologie. De l’Alsace au Gabon, où il fonde un hôpital en 1913, se tresse une vie partagée entre la pensée, la médecine et la musique d’orgue. Une existence faite d’urgence et de fraternité, d’un sens éthique universel, que viendra couronner, en 1952, le prix Nobel de la paix. Pour une grande majorité de gens Albert Schweitzer fut surtout connu en tant que médecin à Lambaréné, Gabon, où il fonda un hôpital. Cependant il naquit en Alsace à Kaysersberg le 14 janvier 1875, d’un père pasteur (Louis) et d’une mère, elle-même fille de pasteur, Schillinger de son nom de famille, et Albert Schweitzer lui-même fut avant tout pasteur. Peu après sa naissance la famille Schweitzer va habiter Gunsbach, village près de Munster en Alsace où son père exercera un ministère pastoral de plus de 50 ans jusqu’à sa mort en 1925. Albert Schweitzer vécut dans ce village une enfance heureuse mais dans une région de France alors sous la domination allemande (de 1870 à 1918). Cependant Gunsbach deviendra une localité complètement inséparable du nom d’Albert Schweitzer. Après la mort de ses parents Schweitzer fera construire à Gunsbach en 1929 une maison où il reviendra régulièrement, grâce au prix Goethe de la ville de Francfort reçu l’année précédente. Un autre lieu inséparable du nom d’Albert Schweitzer est Lambaréné, au Gabon, faisant alors partie de l’Afrique Équatoriale Française, où il fondera son hôpital à l’orée de la forêt vierge, en 1913, et où il mourra le 4 septembre 1965, peu après avoir fêté son 90ème anniversaire. La maison de Gunsbach est aujourd’hui le centre rayonnant de la pensée d’Albert Schweitzer et l’hôpital de Lambaréné attire lui aussi bien des visiteurs. Il est toujours en activité et en pleine expansion. C’est à l’université de Strasbourg qu’Albert Schweitzer fait ses études de théologie (1893-1898), conjointement d’ailleurs à des études de philosophie et d’orgues. De 1903 à 1906 il est directeur du séminaire de théologie protestante St Thomas à Strasbourg et de 1902 à 1912 il est enseignant à la faculté de théologie protestante de Strasbourg et aussi de 1899 à 1811 il est vicaire de la paroisse de St Nicolas de Strasbourg où on lui confie le ministère de catéchète et de prédicateur. Évoquant ce ministère de la prédication, qui fut le sien tout au long de sa vie, Schweitzer dira, surtout, de ce service accompli fidèlement la joie qu’il lui a procuré autant à Strasbourg qu’à Lambaréné où les sermons de Schweitzer devaient être traduits en deux dialectes et cela chaque dimanche matin. Schweitzer a ainsi prêché avec persévérance et cela malgré la fatigue qui a été le lot de toute sa vie surtout quand il mènera de front son ministère pastoral, son enseignement, ses recherches théologiques, ses études de médecine et ses études d’orgues accompagnées de fréquents concerts à Paris. Schweitzer commencera à vivre une lutte contre la fatigue, de fait interminable et cela jusqu’à sa mort. A l’âge de 21 ans Schweitzer, pendant les vacances de la Pentecôte décida de vivre la vie de pasteur, la science et la musique jusqu’à l’âge de 30 ans. « Ensuite quand la science et la musique m’auraient apporté ce que je cherchais je voulais m’engager dans une voie d’aide directe. Ce que cette voie serait les circonstances me le feraient découvrir entre-temps. » Dans cette attente de transformer la parole en action pour Schweitzer (mettre la parole en pratique), la musique eut toujours un rôle primordial pour lui. Les deux activités que Schweitzer exerça pendant toute sa vie furent la prédication et la musique en jouant de l’orgue. Schweitzer prit avec son père ses premières leçons de piano à l’âge de cinq ans. A sept ans il étonna sa maîtresse d’école en jouant à l’harmonium des mélodies de chorals avec des harmonies de son invention. A huit ans il commença à jouer de l’orgue alors qu’il avait à peine les jambes assez longues pour atteindre les pédales. A neuf ans il fut autorisé à remplacer l’organiste au culte. A l’âge de seize ans il tint pour la première fois les orgues de l’Église St Etienne à Mulhouse à l’occasion d’un concert dirigé par son professeur, Eugène Münch, en interprétant le Requiem de Brahms. Eugène Münch fut son maître de musique pendant huit ans et il l’initia à Jean Sébastien Bach. Son autre professeur fut Charles Marie Widor, alors professeur au conservatoire de Paris et titulaire des orgues de l’Église Saint-Sulpice à Paris. Ainsi trouve-t-on Schweitzer pour un semestre à Paris, à la fois inscrit en philosophie à la Sorbonne et étudiant l’orgue avec Widor. Schweitzer écrit : »Il m’arrivait parfois de me rendre le matin à ma leçon d’orgue chez Widor, sans m’être couché la veille », car il travaillait alors à sa thèse de doctorat en philosophie. Rappelons que Schweitzer fut l’organiste de la Société Bach de Paris en 1906. On ne peut ici que redire que Schweitzer fut un travailleur acharné toute sa vie durant et qu’il devait cela à une santé très robuste. Schweitzer aurait pu devenir organiste professionnel et vivre ainsi de son art. Ses concerts qu’il donne à travers l’Europe seront presque tous destinés à recueillir des fonds pour l’hôpital de Lambaréné. Schweitzer jouait sans cesse de l’orgue et ne cessait pas de s’exercer. Quand il n’avait pas d’instrument (par exemple sur le bateau qui le ramena en France en 1917) il apprenait par cœur des fugues de Bach ou tout autre morceau. Il jouait alors en utilisant une table comme clavier, et le sol, comme pédalier, dessinés à la craie. A Lambaréné il disposait d’un instrument spécialement construit pour lui et adapté au climat équatorial très humide, un piano à pédalier que lui offrit la Société Bach de Paris. Il écrira d’ailleurs un livre sur Bach et des ouvrages sur l’orgue : »l’art de construire des orgues et l’art de l’orgue en France et en Allemagne. (Voir page 38). Schweitzer milite pour la sauvegarde et la restauration d’orgues anciennes, de grande qualité. Schweitzer estimait qu’une œuvre de Bach est de l’ordre de la prière et du culte et il inscrivait au début et à la fin de ses partitions la belle et fameuse devise des protestants « A Dieu seul la gloire ! – Soli Deo Gloria ! » Schweitzer fut fidèle à sa pensée, il écrit à un ami en 1908 : »Il m’est apparu clairement que telle devra être ma vie, non pas consacrée à la science ni à l’art, mais au service des hommes, en étant moi-même simplement homme et en réalisant le peu que je saurai réaliser, dans l’esprit de Jésus… Ce que vous aurez fait ici pour le plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait ». Schweitzer entreprit des études de médecine de 1906 à 1913 à Strasbourg ainsi qu’à Paris où au printemps 1912 il étudiera la médecine tropicale à l’Institut des maladies coloniales. Quitter, pour devenir médecin missionnaire en Afrique, son enseignement universitaire et sa paroisse fut pour lui un réel arrachement. Trois renoncements lui furent en effet très douloureux et finalement, ne s’avérèrent pas tels : renoncement de l’orgue d’abord, mais le fameux piano à pédalier lui permit en Afrique d’atteindre un niveau technique supérieur, le renoncement à son enseignement universitaire de Strasbourg, mais son départ va bientôt lui permettre d’être invité à donner des conférences dans d’innombrables universités en Europe, le renoncement à son indépendance matérielle, mais ses droits d’auteurs, d’une part et ses récitals d’orgues vont lui rendre une part considérable de cette liberté première, apparemment perdue. Que le commandement de l’amour de Dieu et du prochain, étroitement unis, inspirent la conduite chrétienne, qu’ils dominent l’Évangile du Christ paraît une évidence à Albert Schweitzer. Il fut ainsi consterné et profondément attristé quand, annonçant à ses proches en octobre 1905 sa décision de faire des études de médecine pour devenir missionnaire en Afrique, il ne rencontra sur son chemin que sarcasmes, dénonciation d’une décision absurde que l’on jugeait même dictée par l’orgueil. « Je fus frappé de voir combien ils étaient loin de comprendre que le désir de servir l’amour prêché par Jésus pût orienter un homme dans une voie nouvelle ». En 1912 Schweitzer devra se retirer à Gunsbach, au presbytère paternel, dans un état de fatigue, voir de dépression, qui l’obligera à remettre de dix mois son départ pour Lambaréné. C’est cette même année qu’il épouse le 18 juin, Hélène Bresslau, dont les parents étaient juifs, et qui était infirmière et le secondera bientôt en Afrique. Une fille naîtra en 1919, Rhéna, et elle vivra par la suite aux États-unis. Le départ de Gunsbach aura lieu le 21 mars 1913, le jour du vendredi Saint et l’arrivée en bateau à Lambaréné le 16 avril. L’embarquement se fit à Bordeaux. C’est ainsi que commença le premier séjour au Gabon de 1913 à 1917. Au cours de sa vie on compta 14 séjours plus ou moins longs à Lambaréné où Schweitzer et sa femme sont enterrés. La plus longue absence de son hôpital de 1917 à 1924 est due à la Première Guerre Mondiale, la plus longue présence de 1939 à 1948 à la deuxième. L’hôpital de Lambaréné fut bâti d’abord sur un terrain de la station de la Société des Missions de Paris et c’est un poulailler qui constitua la salle de consultation. Très vite les malades affluèrent et cela avant même que Schweitzer se fût installé, aussi simple fût cette installation les premiers jours (voir l’Orée de la Forêt Vierge). Le manque de place contraindra Schweitzer à transférer son hôpital en 1927 sur un terrain mieux adapté situé à 3 kms en amont du fleuve, L’Ogooué. Pendant la guerre Schweitzer fut contraint de quitter son hôpital en 1917, ayant été fait prisonnier avec sa femme. Les Français l’arrêtèrent en tant que ressortissant allemand. Il ne retournera à Lambaréné qu’en 1924 et ces sept années furent les plus noires de son existence ayant à subir deux opérations consécutives à son internement d’abord dans les Hautes Pyrénées à Garaison puis à Saint Rémy de Provence où il passa son temps à soigner les malades. De 1919 à 1921 il rejoint l’Église de St Nicolas de Strasbourg et même il fut vicaire de son père à ce moment là à Gunsbach. Il donna des récitals d’orgue en Suède, fut assistant des Hôpitaux de Strasbourg en dermatologie et publia deux tomes sur la civilisation et l’éthique. Mais sa décision était prise et il lui fallait repartir pour Lambaréné. Sa volonté était inébranlable. La grande originalité de Schweitzer à l’hôpital de Lambaréné était qu’il l’avait conçu en tant que village hôpital. On y accueillait les malades venus de très loin ainsi que leur famille. Cela permettait aux patients de vivre là une vie pareille à celle qu’ils avaient chez eux, d’être entourés de leur proche qui, eux, accomplissaient les tâches ménagères. Ce refus de couper les malades de leur famille n’est-il pas une des demandes et des recherches premières du monde hospitalier le plus moderne aujourd’hui ? Cette méthode était tout simplement humaine. Deux vertus dont Schweitzer a toujours fait preuve sont l’enthousiasme et la volonté. Schweitzer a toujours gardé en lui une capacité d’enthousiasme, dont il pense qu’elle caractérise la jeunesse, dans tout sa force vive, ses élans généreux, ses révoltes et sa soif d’idéal. La deuxième qualité qui se dégage de la vie d’Albert Schweitzer est celle de la volonté. Notre pauvre volonté proprement humaine doit se fondre en Dieu et se confondre avec celle toute puissante de Jésus. « Soyons convaincus que, dans la mesure de nos moyens, nous devons, dans l’espérance et la peine, être des ouvriers contribuant à établir la volonté de Dieu autour de nous. » Schweitzer se disait lui-même moins voué à la théologie qu’à la philosophie et en 1899 il obtint son doctorat de philosophie. Sa thèse fut consacrée à « La philosophie de la religion de Kant. Dès 1899 Schweitzer eut l’idée de travailler à une lecture critique de la civilisation et des philosophies qui la sous-tendent. Ce livre, Philosophie de la civilisation paraîtra en allemand en 1923 en deux tomes : Le déclin et la Restauration de la civilisation et La civilisation de l’éthique. Cet ouvrage paraîtra en français en 1976 sous deux noms différents : »La civilisation et l’éthique » qui reprendra tout le volume 1 de la version allemande plus les six derniers chapitres du Tome 2 et en 1979 « La paix par le respect de la vie » qui reprendra les premiers chapitres et l’important avant-propos du tome 2 de la version allemande. Dans son livre La Civilisation de l’Éthique cinq traits principaux caractérisent la faillite de la civilisation : L’asservissement de l’homme moderne qui ne connaît plus de véritable indépendance personnelle, le surmenage où le travail est vu sous l’angle du seul rendement, une spécialisation à outrance avec des êtres humains morcelés, une déshumanisation de l’être humain de plus en plus gagné par l’indifférence aux autres, enfin une organisation qui nous domine et qui nous échappe avec le règne totalitaire de l’administration, des intérêts économiques. Une pensée très moderne, finalement. « Dans une civilisation authentique, l’homme conduit aussi sa réflexion dans le sens d’une maîtrise de l’esprit, par et pour l’esprit ». Un renversement et un retournement sont nécessaires pour retrouver le chemin d’une réflexion personnelle concernant à la fois le sens de notre vie et celui de … la vie. Il convient de réconcilier la civilisation et l’éthique. Cette dernière seule sortira la philosophie des discours sur discours, des théories abstraites de la connaissance. Il y a bien chez Schweitzer une dimension existentialiste de sa pensée. Il ne faut pas oublier que le grand-père maternel du philosophe Jean-Paul Sartre (Charles Schweitzer) était le frère du père d’Albert Schweitzer, Louis Schweitzer. Ils étaient donc petits cousins. Ils se sont bien connus et avaient beaucoup de respect l’un pour l’autre, contrairement à ce qu’on a bien voulu dire. Au sujet du colonialisme, Schweitzer en souligne les méfaits au cours de ses prédications (p 76). Enfant il fut fasciné par une statue du sculpteur Bartholdi (auteur de la statut de la liberté à New York) qui se dressait à Colmar, ville d’origine du sculpteur. De cette statue, dont Schweitzer dit qu’elle orienta ses rêves d’enfants « vers des horizons lointains », il écrit ceci en parlant de Bartholdi : »Il a sculpté dans la pierre un nègre qui est bien l’une des plus émouvantes créations de son ciseau ; une figure herculéenne, au visage triste et méditatif. J’étais tout préoccupé par ce nègre. Toutes les fois que nous allions à Colmar, je cherchais l’occasion de la contempler. Son front me parlait des souffrances du continent noir. C’est un pèlerinage que je ne manque jamais quand je vais à Colmar. » Cette statue n’existe plus mais Schweitzer en a retrouvé la tête qui est exposée à la maison de Gunsbach, aujourd’hui, un Musée, cette tête exposée au-dessus du lit, dans la chambre de Schweitzer. Schweitzer s’est fait l’apôtre de la douceur, dénonçant la violence, surtout celle des armes. Schweitzer voyait dans l’armement atomique une menace mortelle. Il fit sur les ondes de la radio norvégienne plusieurs allocutions traduites en plusieurs langues en 1957 et 1958 contre les expériences et l’armement atomique. En 1953 le prix Nobel de la paix lui avait été décerné. Il le reçut à Oslo en 1954 où il parla du problème de la paix à la remise de son prix. Albert Schweitzer avait une préférence particulière pour l’histoire à l’école. C’est sur les ouvrages historiques que se concentrera d’ailleurs sa rage de lecture. Cet intérêt pour l’histoire est lié en réalité à sa recherche et à son amour de la vérité. Selon Schweitzer on a beaucoup trop souvent mis en doute les paroles de Jésus parce qu’elles nous dérangeaient. Le fait de contester la vérité historique de tels passages bibliques est, pour Schweitzer un acte de pure violence et correspond à des manœuvres destinées à accommoder les paroles de Jésus à notre manière actuelle de voir les choses au lieu de les accepter dans leur troublante vérité. C’est en faisant son service militaire, alors qu’il est encore étudiant qu’il relit dans le texte grec le Nouveau Testament et notamment les chapitres 10 et 11 de l’Évangéliste Matthieu, et qu’alors s’impose à lui que ce qu’il en comprend s’oppose tout à fait avec ce qu’on lui enseigne à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg. « Le mystère du Royaume de Dieu contient le mystère total de la conception chrétienne du monde » Pour comprendre Jésus il ne s’agit pas tant de comprendre le mystère de la rédemption, une œuvre passée mais il s’agit de regarder vers celle à venir du Royaume promis. Schweitzer publia deux gros pavés sur Jésus : Histoires des recherches sur la vie de Jésus paru en 1906 et complété en 1913 puis un livre sur La Mystique de l’apôtre Paul en 1930. Le dernier ouvrage théologique écrit par Albert Schweitzer sera écrit en 1950-1951 : »Royaume de Dieu et Christianisme » Schweitzer y déclare : »Le Christianisme est en son essence une religion de la foi en la venue du Royaume de Dieu ». Cette foi n’est pas une religion passive ; elle n’est ni un dogme improductif, ni un rite stérile ; Elle est une attitude éthique où triomphe, portée par une espérance invincible une relation d’amour entre Dieu et les hommes. Finalement on sait que toute l’éthique de Schweitzer, c’est à dire l’ensemble de ses règles de conduites se résume dans la formule bien connue du Respect de la Vie. La conception du monde telle que la veut Schweitzer aboutit à une affirmation éthique du monde et de la vie, et non pas en une reconnaissance purement abstraite, celle de philosophies déconnectées de la réalité. Le respect de la vie correspond ainsi aussi à l’amour du prochain, tel que l’enseigne Jésus et nous l’apporte l’Évangile, mais élargi à une dimension universelle, où le monde animal et végétal aussi soit pris en compte. Conclusion Quand on ouvre le dictionnaire à la rubrique Albert Schweitzer voici les mots que l’on y trouve : »Théologien, philosophe, musicien, musicologue et médecin missionnaire français ».Cette énumération nous en dit long sur la qualité d’intellectuel que fut Schweitzer mais ce penseur aux dons si diversifiés fut également un manuel. Ses mains furent d’abord celles de l’organiste courant sur le clavier pour interpréter Bach. Elles furent aussi celles du chirurgien de Lambaréné, mais aussi celle du chef de chantier, construisant et reconstruisant son hôpital de ses propres mains. Ses mains furent celles d’un homme dont l’action humanitaire montre qu’il sut tendre la main. Elles furent aussi celles du penseur, la plume à la main. Ses mains ne sont-elles pas aussi celles du pasteur, faisant la bénédiction à la fin du culte. Il consacrera deux prédications à cette bénédiction du verset 7 au chapitre 4 du livre de l’apôtre Paul aux Philippiens : »La paix de Dieu qui dépasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ ». Albert Schweitzer met la dernière main à son autobiographie évoquant sa vie et sa pensée en 1931 et c’est encore la foi du croyant, du mystique et du pasteur qu’il apparaît aux dernières lignes de son ouvrage : »J’ai conservé la foi que j’avais dès mon enfance » puis plus loin : »Je considère avec calme et humilité le travail à venir afin d’être prêt à y renoncer un jour s’il le faut. Mais, actifs ou souffrants, nous devons faire preuve du courage de ceux qui ont lutté et sont parvenus à cette paix qui surpasse toute connaissance. » La vie d’Albert Schweitzer n’est-elle pas vraiment, avec cette conversion vers la médecine et Lambaréné, une vie prise en main ? Page précédente /
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