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KT ados - Séance du 9 avril 2011

Par Rolpoup :: mardi 05 avril 2011 à 18:42 :: KT Ados

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

 

 

XI ) 9 avril 2011 Le Ressuscité

 

 

1) Jésus est la résurrection. La mort ne pourra pas le retenir…

 

Jean 11

1  Il y avait un homme malade ; c’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe.

2  Il s’agit de cette même Marie qui avait oint le Seigneur d’une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux; c’était son frère Lazare qui était malade.

3  Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : "Seigneur, ton ami est malade."

4  Dès qu’il l’apprit, Jésus dit : "Cette maladie n’est pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié."

5  […] Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare.

6  Cependant, alors qu’il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
[…]

17  À son arrivée, Jésus trouva Lazare [mort].
[…]

21  Marthe dit à Jésus : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

22  Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera."

23  Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera."

24  — "Je sais, répondit-elle, qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour."

25  Jésus lui dit : "Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi vivra, quand bien même il serait mort ;

26  et quiconque vit et croit en moi ne mourra pas pour toujours. Crois-tu cela ?"

27  — "Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde."

28  Là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie et lui dit tout bas : "Le Maître est là et il t’appelle."

29  A ces mots, Marie se leva immédiatement et alla vers lui.

30  Jésus, en effet, n’était pas encore entré dans le village; il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.

31  Les Judéens étaient avec Marie dans la maison et ils cherchaient à la consoler. Ils la virent se lever soudain pour sortir, ils la suivirent: ils se figuraient qu’elle se rendait au tombeau pour s’y lamenter.

32  Lorsque Marie parvint à l’endroit où se trouvait Jésus, dès qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort."

33  Lorsqu’il les vit se lamenter, elle et les Judéens qui l’accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla.

34  Il dit: "Où l’avez-vous déposé?" Ils répondirent: "Seigneur, viens voir."

35  Alors Jésus pleura;

36  et les Judéens disaient: "Voyez comme il l’aimait!"

37  Mais quelques-uns […] dirent: "Celui qui a ouvert les yeux de l’aveugle n’a pas été capable d’empêcher Lazare de mourir."

38  Alors, à nouveau, Jésus frémit intérieurement et il s’en fut au tombeau; c’était une grotte dont une pierre recouvrait l’entrée.

39  Jésus dit alors: "Enlevez cette pierre." Marthe, la sœur du défunt, lui dit: "Seigneur, il doit déjà sentir… Il y a en effet quatre jours…"

40  Mais Jésus lui répondit: "Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?"

41  On ôta donc la pierre. Alors, Jésus leva les yeux et dit: "Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé.

42  Certes, je savais bien que tu m’exauces toujours, mais j’ai parlé à cause de cette foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé."

43  Ayant ainsi parlé, il cria d’une voix forte: "Lazare, sors!"

44  Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus dit aux gens: "Déliez-le et laissez-le aller!"

 

 

« Cette maladie n’est pas pour la mort », affirme Jésus. Et il attend encore deux jours pour aller rejoindre les deux sœurs de Lazare. « Cette maladie n’est pas pour la mort » a-t-il dit ; et pourtant, Lazare meurt, au point que Jésus arrive quatre jours après son inhumation.

 

Jésus s’est-il trompé ? C’est ce qu’ont pu penser certains de ses disciples et de ceux qui l’accompagnent. Nous qui savons la suite, savons aussi que décidément, non, Jésus ne s’est pas trompé. Mais pour l’heure… Quoiqu’il en soit, le texte ne nous dit rien à ce sujet. L’heure n’est point aux reproches sur le passé.

 

Jésus arrive donc, tard, à Béthanie ; et là, pointent les reproches ! — non pas sur ce qu’il a prononcé concernant la maladie de Lazare, mais sur son retard. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Pointe de reproche évidemment, mais chargée de foi tout de même : « maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera », ajoute-t-elle.

 

« Ton frère ressuscitera », répond alors Jésus. Parole naturelle, peut penser Marthe, dans ce contexte, Marthe qui confesse alors sa foi, celle de son catéchisme, quoi : « Oui je sais qu’il ressuscitera au dernier jour ». Oui je crois à la résurrection des morts ; et puisqu’il le faut, je m’en consolerai…

 

Sachant qui est Jésus, ce qu’on attendait de lui — « si tu avais été ici, Lazare ne serait pas mort » — on a de quoi concevoir une certaine déception : une affirmation sur la foi commune au sujet de la résurrection future !

 

Oui, certes, tout cela est vrai, mais voilà que la parole de Jésus avait une tout autre portée ; ce que Jésus va montrer en signe en Lazare, pour nous tous.

 

En ressuscitant Lazare, c’est-à-dire en le faisant accéder dès aujourd’hui au dernier jour, au jour du Royaume de Dieu, Jésus accomplit une chose qui s’adresse, à travers Marthe et sa sœur Marie, à nous tous. Il en donne à présent la parole à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi vivra quand bien même il sera serait mort ».

 

Lazare est, par Jésus, vivant, en sa présence, en la présence du Fils de Dieu. Et cela vaut aussi pour Marthe, Marie, et nous tous.

 

Pouvons-nous entendre cette parole ? « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi vivra, quand bien même il serait mort ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra pas pour l’éternité. »

 

Et Marthe croit ; par sa foi en lui, elle entre aujourd’hui toujours dans sa présence, présence de celui qui est la résurrection et la vie.

 

La résurrection de Lazare en sera le signe. En l’espèce, par le signe de ce que le passage par la destruction du corps n’enlève rien à ce que Jésus est la résurrection et la vie. Ce pourquoi il avait pu dire : « cette maladie n’est pas pour la mort » !

 

« Crois-tu cela ? » a-t-il demandé à Marthe. — « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

 

À ce moment-là, Marthe sait : elle, et Lazare, sont passés de la mort à la vie par la foi en Jésus. « Là-dessus, poursuit le texte — nous l’avons entendu — ; là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie et lui dit tout bas : "Le Maître est là et il t’appelle" ». Que chacun de nous l’entende aujourd’hui, cette parole : « Le Maître est là et il t’appelle ».

 

*

 

« A ces mots, Marie se leva immédiatement et alla vers lui » (v. 29).

 

À présent, Jésus est face à la mort qui a atteint Lazare. « Jésus pleura », dit le texte — le plus court verset des Écritures (v.35).

 

Il va alors poser le signe inouï qui annonce pour nous tous ce en quoi sa résurrection au dimanche de Pâques donne tout son sens à notre foi :

« vous êtes ressuscités avec le Christ. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu », dira Paul (Colossiens 3, 1 & 4). « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Romains 8, 11).

 

« Lazare, sors ! » Lazare a entendu et a obéi : il est sorti de la mort.

 

Dernier signe de ce que dont l’Évangile de la résurrection et de la liberté libère vraiment, fait vraiment entrer dès aujourd’hui dans la vie nouvelle du ressuscité celui qui entend la voix du Ressuscité et obéi à son ordre, son commencement : « sors de ta tombe de ce qui te lie ! » ; dernier signe que rien ni personne ne saurait y faire obstacle — Jésus s’adresse à ceux qui sont présents : « Déliez-le, et laissez le aller ».

R.P.

 

 

 

 

 

 

KT ados - Séance du 26 mars 2011

Par Rolpoup :: lundi 21 mars 2011 à 18:48 :: KT Ados
 

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

 

 

X ) 26 mars 2011 La mort de Jésus

 

 

« Des ténèbres sur toute la terre »

 

Matthieu 27, 1-61

 Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.

 Puis ils le lièrent, ils l’emmenèrent et le livrèrent au gouverneur Pilate.

 Alors Judas, qui l’avait livré, voyant que Jésus avait été condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens,

 en disant: "J’ai péché en livrant un sang innocent." Mais ils dirent: "Que nous importe! C’est ton affaire!"

 Alors il se retira, en jetant l’argent du côté du sanctuaire, et alla se pendre.

 Les grands prêtres prirent l’argent et dirent: "Il n’est pas permis de le verser au trésor, puisque c’est le prix du sang."

 Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour la sépulture des étrangers.

 Voilà pourquoi jusqu’à maintenant ce champ est appelé: Champ du sang.

 Alors s’accomplit ce qui avait été dit par le prophète Jérémie: Et ils prirent les trente pièces d’argent: c’est le prix de celui qui fut évalué, de celui qu’ont évalué les fils d’Israël.

10  Et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que le Seigneur me l’avait ordonné.

11  Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea: "Es-tu le roi des Judéens?" Jésus déclara: "C’est toi qui le dis";

12  mais aux accusations que les grands prêtres et les anciens portaient contre lui, il ne répondit rien.

13  Alors Pilate lui dit: "Tu n’entends pas tous ces témoignages contre toi?"

14  Il ne lui répondit sur aucun point, de sorte que le gouverneur était fort étonné.

15  A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait.

16  On avait alors un prisonnier fameux, qui s’appelait Jésus Barabbas.

17  Pilate demanda donc à la foule rassemblée: "Qui voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas ou Jésus qu’on appelle Messie?"

18  Car il savait qu’ils l’avaient livré par jalousie.

19  Pendant qu’il siégeait sur l’estrade, sa femme lui fit dire: "Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste! Car aujourd’hui j’ai été tourmentée en rêve à cause de lui."

20  Les grands prêtres et les anciens persuadèrent les foules de demander Barabbas et de faire périr Jésus.

21  Reprenant la parole, le gouverneur leur demanda: "Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche?" Ils répondirent: "Barabbas."

22  Pilate leur demande: "Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Messie?" Ils répondirent tous: "Qu’il soit crucifié!"

23  Il reprit: "Quel mal a-t-il donc fait?" Mais eux criaient de plus en plus fort: "Qu’il soit crucifié!"

24  Voyant que cela ne servait à rien, mais que la situation tournait à la révolte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant: "Je suis innocent de ce sang. C’est votre affaire!"

25  Tout le peuple répondit: "Nous prenons son sang sur nous et sur nos enfants!"

26  Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour qu’il soit crucifié.

27  Alors les soldats du gouverneur, emmenant Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte.

28  Ils le dévêtirent et lui mirent un manteau écarlate;

29  avec des épines, ils tressèrent une couronne qu’ils lui mirent sur la tête, ainsi qu’un roseau dans la main droite; s’agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant: "Salut, roi des Judéens!"

30  Ils crachèrent sur lui, et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête.

31  Après s’être moqués de lui ils lui enlevèrent le manteau et lui remirent ses vêtements. Puis ils l’emmenèrent pour le crucifier.

32  Comme ils sortaient, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon; ils le requirent pour porter la croix de Jésus.

33  Arrivés au lieu-dit Golgotha, ce qui veut dire lieu du Crâne,

34  ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. L’ayant goûté, il ne voulut pas boire.

35  Quand ils l’eurent crucifié, ils partagèrent ses vêtements en tirant au sort.

36  Et ils étaient là, assis, à le garder.

37  Au-dessus de sa tête, ils avaient placé le motif de sa condamnation, ainsi libellé: "Celui-ci est Jésus, le roi des Judéens."

38  Deux bandits sont alors crucifiés avec lui, l’un à droite, l’autre à gauche.

39  Les passants l’insultaient, hochant la tête

40  et disant: "Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix!"

41  De même, avec les scribes et les anciens, les grands prêtres se moquaient:

42  "Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même! Il est Roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui!

43  Il a mis en Dieu sa confiance, que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime, car il a dit: Je suis Fils de Dieu!

44  Même les bandits crucifiés avec lui l’injuriaient de la même manière.

45  A partir de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures.

46  Vers trois heures, Jésus s’écria d’une voix forte: "Eli, Eli, lema sabaqthani," c’est-à-dire Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?"

47  Certains de ceux qui étaient là disaient, en l’entendant: "Le voilà qui appelle Elie!"

48  Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il imbiba de vinaigre; et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire.

49  Les autres dirent: "Attends! Voyons si Elie va venir le sauver."

50  Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit.

51  Et voici que le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas; la terre trembla, les rochers se fendirent;

52  les tombeaux s’ouvrirent, les corps de nombreux saints défunts ressuscitèrent:

53  sortis des tombeaux, après sa résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à un grand nombre de gens.

54  A la vue du tremblement de terre et de ce qui arrivait, le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus furent saisis d’une grande crainte et dirent: "Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu."

55  Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance; elles avaient suivi Jésus depuis les jours de Galilée en le servant;

56  parmi elles se trouvaient Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

57  Le soir venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, qui lui aussi était devenu disciple de Jésus.

58  Cet homme alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.

59  Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans une pièce de lin pur

60  et le déposa dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait creuser dans le rocher; puis il roula une grosse pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla.

61  Cependant Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre.

 

 

Des ignorants en train de se moquer, des signes du monde éternel en train d'entrer dans l'histoire. Signes à la fois terrifiants et merveilleux : le voile du Temple se déchire, la terre tremble, des tombeaux s'ouvrent.

 

Et en premier lieu, « des ténèbres sur toute la terre » (27:45).

 

*

 

Comme le disait le Psaume 2, tous se sont ligués contre le Messie ; et, au jour de la crucifixion, sans vraiment s'en rendre compte. Les responsables d'Israël, censés être les représentants d'une nation farouchement opposée au paganisme romain, se montrent à présent fort proches des Romains !

 

Le conflit apparaît comme celui qui oppose ceux qui ont des positions élevées et bien assises au peuple dont l'espérance qu'il porte en Jésus commence à être jugée par trop dangereuse. Et finalement, les chefs religieux parviendront à retourner le peuple contre celui qui est porteur de quelque chose de bien plus grand que ses faibles espérances.

 

Le prétexte religieux qu'ont invoqué les prêtres pour livrer Jésus est le « blasphème » : il s'est identifié au Fils de l'Homme du livre de Daniel (Matt. 26:64-65). Ce Fils de l'Homme est un personnage céleste, image éternelle de Dieu.

 

Les Sadducéens, que sont les prêtres d’alors, ne croient probablement pas à ce « Fils de l'Homme », être céleste qui existe avant que le monde soit, auquel croit le peuple. Et pourtant lorsque Jésus s'applique à lui-même une citation de Daniel sur le Fils de l'Homme, le grand prêtre crie au blasphème. Pour leurs manœuvres, les prêtres et les partisans du roi Hérode, à la botte des Romains, et adversaires privilégiés de Jésus, peuvent fort bien s'accommoder de la croyance populaire au Fils de l'Homme céleste et éternel.

 

Mais voilà que cet être céleste devient concret, en Jésus Christ ; la chose peut devenir dangereuse, surtout si ce Jésus rassemble les espérances du peuple ; et d'autant plus que les Romains s'en inquiètent.

 

Mais le Fils de l'Homme auquel croit le petit peuple est un personnage céleste. On s'attend à le voir descendre du ciel dans le Temple ; Jésus, déjà au désert, a refusé la tentation de se présenter ainsi, de se présenter en héros triomphant (Matt. 4:5-7). Or ce Jésus en train de comparaître n'a vraiment pas l'apparence du héros céleste, image éternelle de Dieu : il est au contraire humilié, méprisé, apparemment impuissant. Sa prétention à la filiation divine, sa référence au titre divin de Fils de l'Homme peut sembler on ne peut plus blasphématoire : ce prétendu Fils de l'Homme n'a pas fière allure ! Rien d’un guerrier.

 

Et le comportement du grand prêtre, sa manœuvre pour retourner le peuple va marcher. Jésus n'admet aucune concession : surtout pas aux Romains et à leurs partisans au pouvoir, mais pas non plus à ceux qui veulent renverser les Romains par les armes, nombreux sans doute parmi le peuple : ce n'est pas par la force, mais par l'Esprit de Dieu et par la douceur que le Royaume espéré sera instauré.

 

La crainte la plus forte est celle des prêtres : « s'il continue les Romains vont nous détruire ». On le livrera donc aux Romains.

 

*

 

Et de cette façon s'explique l'attitude de Pilate. Pilate ne comprend pas : « qu'as-tu fait, que les tiens te livrent à moi ? » « Moi je ne suis pas juif... vous avez votre Loi, etc. » Sous-entendu : « réglez donc cela entre vous ! »

 

Et Pilate s'affolera de plus en plus. Les grands prêtres d'une nation censée être anti-romaine iront jusqu'à confesser n'avoir de roi que César (selon Jean 19:15) ! Pilate ne peut qu'y trouver confirmation dans son sentiment qu'il y a mystère derrière le procès de cet homme.

 

*

 

Le problème que pose Jésus est renforcé par son silence devant ce Pilate perplexe : son Royaume n'est pas de ce monde. En d'autres termes : les grands prêtres, quoique Judéens, qui me livrent à toi, et les Romains, même combat.

 

La Vérité est d'au-delà des trop petites attentes des pouvoirs passagers de ce monde qui passe. La Vérité ne peut qu'être exclue, condamnée, mais cette condamnation qui est son triomphe, triomphe par rapport au monde.

 

Lorsque le Christ est exclu du monde, c'est le monde et celui qui le séduit, le diable, qui est jeté hors de sa lumière : « il y eut des ténèbres sur toute la terre ». Lorsque le monde de la vanité, de l'apparence, et des pouvoirs passagers, s'imagine réduire à l'impuissance celui dont il cloue les mains, il ignore tout de ce qui est en train de se passer : Dieu est en train d'élever Jésus dans sa gloire par cette crucifixion (cf. Jean 12:32-33).

 

Lorsque la lumière du monde est élevée de la terre, la terre entre dans les ténèbres (27:45).

 

Alors Dieu fait éclater la Vérité. Mieux peut-être que Pilate au procès, le centurion entrevoit cela et en conçoit de la crainte : « Il était vraiment le Fils de Dieu » (27:54).

 

Au milieu des cris et des moqueries, c'est là que Dieu se révèle. C'est là, là seulement qu'il ne peut qu'être. Là est son parti : la justice, la pureté, fût-elle voilée dans les sarcasmes : là est la puissance de Dieu.

 

*

 

Il est celui qui est qui était et qui vient, celui-là même qui a versé son sang, voici qu'il vient sur les nuées (Apocalypse 1:5-8).

 

Car son sang versé, c’est-à-dire sa mort, est par sa résurrection la source de notre salut, de note accès à l’éternité, selon le vrai sens de ce qu’a dit le peuple : « Nous prenons son sang sur nous et sur nos enfants! » (27:25). Malgré l’affreux contresens de la lecture historique de cette prière du peuple, il n’y a rien d’autre que salut et bénédiction de Dieu sous le sang versé pour que nous ayons la vie. Bénédiction et non pas malédiction !

 

*

 

Il nous est ainsi montré étrangement, infiniment proche, jusqu’à la mort, lui qui est cette Parole éternelle demeurant avec Dieu avant la fondation du monde.

 

RP

 

 

 

 

 

 

 

KT ados - Séance du 19 février 2011

Par Rolpoup :: lundi 14 février 2011 à 17:51 :: KT Ados

 

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

 

 

IX )   19 février 2011


 

L’enseignement et les faits et miracles de Jésus

 

 

3) Un signe de pardon et de renouvellement

 

 

Marc 2, 1-12

1  Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capernaüm, et l'on apprit qu'il était à la maison.

2  Une foule de gens s'assembla, si bien qu'il ne restait plus de place, pas même dehors devant la porte. Jésus leur donnait son enseignement.

3  Quelques hommes arrivèrent, lui amenant un paralysé porté par quatre d'entre eux.

4  Mais ils ne pouvaient pas le présenter à Jésus, à cause de la foule. Ils ouvrirent alors le toit au-dessus de l'endroit où était Jésus ; par le trou qu'ils avaient fait, ils descendirent le paralysé étendu sur sa natte.

5  Quand Jésus vit la foi de ces hommes, il dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

6  Quelques sages, maîtres de la loi, qui étaient assis là, pensaient en eux-mêmes :

7  « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il fait insulte à Dieu. Qui peut pardonner les péchés ? Dieu seul le peut ! »

8  Jésus devina aussitôt ce qu'ils pensaient et leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées ?

9  Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ta natte et marche” ?

10  Mais je veux que vous le sachiez : le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. » Alors il adressa ces mots au paralysé :

11  « Je te le dis, lève-toi, prends ta natte, et rentre chez toi ! »

12  Aussitôt, tandis que tout le monde le regardait, l'homme se leva, prit sa natte et partit. Ils furent tous frappés d'étonnement ; ils louaient Dieu et disaient : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil ! »

 

 

*

 

Tout d'abord, imaginons la scène. Quatre plans principaux, quatre niveaux dont les acteurs vont chacun intervenir : d'abord, le cercle le plus extérieur, la foule. Au centre, Jésus. Entre ces deux plans, le paralysé et ses amis qui se sont démenés farouchement pour venir à Jésus, d'une part ; et les sages, de l’autre.

 

Jésus prononce une parole qui laisse tout le monde pantois : "Tes péchés sont pardonnés" — ce que tu as mal fait —, dit-il au paralytique. Étonnement de la foule, bien sûr, mais aussi, en premier lieu, du paralysé, et — bien sûr — des sages.

 

Le paralysé, tout d'abord. Mettons-nous à sa place. On imagine que lui — avec ses amis —,attendait autre chose qu'une déclaration de pardon des péchés. Sachant la réputation de Jésus qui a attiré cette foule nombreuse, il est peut-être déçu, dans un premier temps, étant venu chercher autre chose qu'une telle déclaration.

 

Autres acteurs qui entrent alors en jeu : les sages. Eux, leur trouble est d'une autre nature : qui peut pardonner, sinon Dieu seul ? demandent-ils. Que sait-on du mal subi par autrui ? Il est des offenses dont les conséquences sont si graves que Dieu seul peut en avoir la mesure, et donc que lui seul peut en envisager le pardon. C’est vrai de toute offense, au fond : qui peut la mesurer pour autrui ?

 

Si ma paix est à ce prix : pardonner de tout mon cœur l'offense qui m'a été faite, qui suis-je pour exiger d'autrui qu'il pardonne des offenses qui ne m'ont pas été faites à moi et, à plus forte raison, pour carrément octroyer le pardon pour le tort qui ne m'a pas été fait à moi ?! Jésus exagère, pensent les sages.

 

Et là se place le second coup d'éclat, après la première provocation : la guérison du paralysé. Lui est content, probablement ! Mais Jésus laisse l’assistance de plus en plus perplexe. Le pardon aurait-il été un préalable pour la guérison ? Jésus confirmerait-il indirectement ce vieux discours faux, qui voudrait que maladie ou handicap soient bien mérités par leurs victimes ? Genre : ils ne l'ont pas volé ! Discours parfois actuel sous couleur d'ordre médical : cancer ? Fumeur ou autre. Sida ? Qu’a-t-il fait pour ça ? Etc. Façons de dire :il ne l’a pas volé. Pour le paralytique du texte, pareil : faut-il soupçonner une faute cachée ?…

 

Jésus ne dit rien de cela. Le pardon n’est pas pour pouvoir le guérir ensuite ! Est-ce à dire alors que le pardon est considéré par Jésus comme moindre chose que la guérison d'une paralysie ? Le paralysé, lui, et on le comprend, peut être attiré par cette idée, suite au miracle : il marche et cela peut lui suffire !

 

En fait, par ces deux coups d'éclats successifs, sa parole de pardon et son miracle, Jésus montre tout autre chose. C'est le pardon, libération infinie, qui est la chose importante, primordiale. Les sages le savent. Et, pour appuyer la chose, la souligner encore, pour que tous voient, Jésus renvoie le paralysé guéri !

 

Les sages sont abasourdis : qui est donc celui-ci ? La foule, l'acteur extérieur, réapparaît alors pour leur donner la réponse : "Nous n'avons jamais rien vu de pareil" ; et tous s’émerveillent de ce que Dieu a fait.

 

Alors celui-ci, Jésus, le Fils de l'homme qui est dans les cieux, est ce que l'on soupçonne. Il a réellement le pouvoir de pardonner les fautes. Par lui, le Royaume de Dieu s'est bien approché. Les cieux s'ouvrent...

 

Reprenons la scène initiale : une foule compacte. Tous se pressent, faisant fi de la chaleur, de la transpiration, des odeurs, de l'ambiance... Il y a là plus important que nos fiertés et nos répugnances, on le pressent, on le sait. Et voilà les amis de notre paralysé, bien décidés à présenter leur homme à Jésus, malgré la difficulté. Ils dégarnissent le toit. Regards désapprobateurs. Persistance quand même ; ils réussissent enfin à présenter leur ami à Jésus. Et là apparaît l'immensité de la grâce, de la faveur de Dieu : voyant leur foi, dit le texte, leur foi à eux, Jésus déclare le pardon des péchés de leur ami. Il n'est pas sauvé par sa foi, mais bien par la grâce, signifiée non pas à sa foi à lui, mais à celle de ses amis.

 

Si nous hésitons encore sur le poids de la prière, sur le poids de la confiance en la grâce, sur toute la solidarité, de prière donc, déjà, qu'elle permet, alors écoutons bien cela : voyant leur foi, celle de ses amis, Jésus dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés ».

 

La foi des uns vient au secours des autres. Le paralysé est sauvé à cause de la foi de ses amis. Ou plutôt de la faveur de Dieu qui précède tous les appels qu’on lui adresse. Il n'y a pas à compter sur notre justice, aussi grande soit-elle ; il n'y a pas à compter sur notre foi, aussi grande la croirions-nous. Notre secours est en Dieu seul et en la faveur qu'il nous a montrée en Jésus-Christ, le même qui, ressuscité, est vivant aujourd'hui au milieu de nous.

 

Le Fils de l'homme, Jésus, a sur la terre pouvoir pour pardonner.

R.P

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KT ados - Séance du 5 février 2011

Par Rolpoup :: mardi 01 février 2011 à 12:10 :: KT Ados

 

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

 

VIII )   5 février 2011

— L’enseignement et les faits et miracles de Jésus

 

 

2) Sel de la terre et lumière du monde

 

 

Mt 5:13-16
13  « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes.
14  « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée.
15  Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
16  De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

 

« Que votre lumière brille devant les humains afin qu’ils voient vos œuvres bonnes ». Quel rapport entre cette parole de Jésus et celle qu’il donne quelques versets plus loin (ch. 6, v. 1 sq.) : « gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus, autrement vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux » ?


Dans l’une il invite, Jésus invite ses disciples au secret ! « Gardez-vous de pratiquer votre justice pour être vus » — « Que votre lumière brille devant tous »… Y aurait-il contradiction ? En fait, il faut plutôt voir que les deux paroles s'expliquent l'une par l'autre.

 

Dans les deux cas Jésus invite à prendre au sérieux le message de la Bible. En commençant par ce que dit le Psaume 119, v. 11 : « Je serre ta promesse / ta parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi ». Et alors seulement ce qu’il attend de nous se produira, et se verra, sans qu’on le sache ou qu’on le veuille.

Autrement dit, il ne s’agit pas de faire voir une pratique religieuse particulière, qui au fond ne change rien à la situation du monde. Là s'explique la question du sel qui perd sa saveur, en fait qui est « devenu fou », dans le texte grec — et la question de la lampe cachée.

 

La lampe et le sel sont deux illustrations que donne Jésus pour expliquer ce qu’il veut dire : une lampe et faite pour éclairer. Le sel pour empêcher la corruption (en un temps où on ne pratique pas la réfrigération) et pour donner du goût…

 

Une lampe est faite pour éclairer, la chose est claire. On ne la cache pas. Et la lumière vient de l’intérieur de la lampe. Comme la lumière de la parole de Dieu rayonne depuis le cœur qui la reçoit : « Je serre ta parole dans mon cœur ».

 

Quant au sel, il ne sert pas s’il est « devenu fou », littéralement : qu’est-ce à dire ? — « devenu fou » ? Je vois une seule façon pour le sel de « devenir fou » : se prendre pour une fin en soi. Cela peut se faire de deux façons : soit le sel s’imagine qu’il est le plat à lui tout seul, la chose la plus importante, et que du coup il faut en mettre beaucoup (ce qui, en fait, gâte le plat), soit s’imaginant toujours qu’il est une fin en soi, il s’imagine qu’il n’a qu’à rester dans la salière pour servir par exemple, tout seul, à être goûté en entrée ou au dessert…

 

Dans les deux cas le sel est de venu fou parce qu’il se prend pour autre chose que du sel. Il n’a pas perdu de goût comme on l’imagine (le sel ne perd pas son goût !). Mais il s’est pris la tête dans la salière.

 

 

En fait le sel est peu de chose (et à l’époque en Israël, il ne coûtait pas très cher — pensez : la mer morte est à côté), mais il a une fonction bien précise : assaisonner le reste de la nourriture : c’est tout et c’est essentiel, outre son usage anti-corruption. C’est le rôle de Jérusalem, c’est le rôle des disciples, notre rôle si nous avons entendu cet appel. Et c’est de la sorte que nous serons lumière du monde. C’est ainsi que le rôle de Jérusalem, ville sur la montagne, ou bien de l’Eglise, est d'être comme un grain de sel dans les rouages du monde, qui tourne trop bien, mais de travers.

 

Au temps où Jésus parle, la menace de se voir foulée aux pieds par les hommes, par les nations, comme le sel « devenu fou », est proche. Le jour de la destruction du Temple approche... Le jour où on abandonne des pratiques devenues par trop manifestement inutiles, voire corrompues, est proche. Le jour où, au lieu d'être des témoins de la lumière du Christ, on devient une partie, négligeable et méprisée, d’un vécu de vanité, est proche : c'est le jour de l'exil loin de Dieu, le jour de l'amertume et de l'engloutissement de la Vérité dans la nostalgie des jours où le soleil était lumière, des jours où le sel donnait du goût — relevait les plats (entendez les encéphalogrammes plats, signe de décomposition).

 

Il est ici question de vivre la foi, il est question d’une nourriture de l'être intérieur par les exigences d'une Loi qui dérange visiblement — et point une pratique qui s’affiche et dont personne n'a que faire ; ou plutôt dont tous se frottent les mains : celle de chrétiens qui ne dérangent personne — ne risquant pas d'être persécutés : chacun ses manies, quoi ! — les chrétiens comme les autres.

 

Tout semble aller bien, personne ne dérange ni ne prend trop de risques. Chacun se fait remarquer par telle ou telle pratique traditionnelle, fût-elle « ostentatoire ». Tout le monde a certes bien repéré qui est qui par la différence des rites. Mais ce n’est pas là ce que Dieu attend de nous. Il attend de nous que nous écoutions sa Parole, ses commandements, ses promesses, pour que l’image du Christ, la Lumière du monde et le sel de la terre, apparaisse en nous, qu’une vraie différence se fasse jour.

 

Le disciple du Christ ne se différencie pas par ses rites — Jésus avait les mêmes que les autres en Israël de son temps —, il se différencie par son écoute de la Parole de Dieu et tout ce qui en découle, tout ce qui s’en suit : depuis le refus des petites combines religieuses jusqu’à l’acceptation d’être critiqué pour les avoir refusées, ou calomnié comme Jésus par quiconque serait déçu de ne pas nous voir encourager des situations confortables mais pas claires, c’est-à-dire toutes les attitudes qui visent à s’arranger avec la Loi de Dieu et ses exigences, à en arrondir les angles qui nous gênent — à ne plus rien saler ni préserver, comme du mauvais sel.

R.P.
 

 

 


 

Prière pour l'unité

Par Rolpoup :: mardi 18 janvier 2011 à 12:24 :: KT Ados

Dans la cadre de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens,

Une journée oecuménique est organisée le samedi 22 janvier à Villeneuve-Loubet, église St-Christophe (en face de la Marina) pour les enfants de l’école biblique de 10h00 à 16h00.

Pas de catéchisme ados à Antibes

Le soir aura lieu, pour tous, une célébration oecuménique à la cathédrale de Vence à 18h00.

 

KT ados - Séance du 8 janvier 2011

Par Rolpoup :: mardi 04 janvier 2011 à 12:25 :: KT Ados

 

 

 

 

 

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

VII )   8 janvier 2011

— L’enseignement et les faits et miracles de Jésus

 

 

1) La tentation au désert

 

 

 

Matthieu 4, 1-11
1  Alors Jésus fut conduit par l’Esprit au désert, pour être tenté par le diable.
2  Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il finit par avoir faim.
3  Le tentateur s’approcha et lui dit: "Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains."
4  Mais il répliqua: "Il est écrit: Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu."
5  Alors le diable l’emmène dans la Ville Sainte, le place sur le faîte du temple
6  et lui dit: "Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit: Il donnera pour toi des ordres à ses anges et ils te porteront sur leurs mains pour t’éviter de heurter du pied quelque pierre."
7 Jésus lui dit: "Il est aussi écrit: Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu."
8  Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne; il lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire
9  et lui dit: "Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m’adores."
10  Alors Jésus lui dit: "Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte."
11 Alors le diable le laisse, et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.


 

*

 

Le désert apparaît comme le lieu de la tentation, le lieu du déchaînement du souffle de la destruction, le diable.

 

La tentation prenant pour chacun de nous la figure de ce que nous sommes, pour Jésus, comme Messie, sa tentation sera dans la question : de quelle façon devenir dans les faits le Messie qu’il est. Par des raccourcis injustes pour s’imposer ?

 

Quant à chacun de nous aussi, la tentation nous assaille par ce qui nous concerne. Pas être le Messie bien sûr. Savoir qui nous sommes, pour savoir où sont nos tentations, les façons de vouloir tout, tout de suite…

 

*

 

Au cœur de nos tentations, de celle de Jésus comme de toute tentation, est la suggestion d'être tout par-soi-même, d’avoir tout, tout de suite, de nier toute faiblesse, d’être définitivement et immédiatement satisfait …

 

*

 

Pour Jésus, cela se manifeste en premier lieu par la tentation du changement des pierres en pains : n'avoir plus de manque, être comblé et le montrer. Avec en écho, la référence à la manne au désert au temps de Moïse, le pain qui tombe du ciel : « montre que tu en es le maître et le dispensateur ! » suggère le souffle tentateur…

La tentation pour Jésus, est alors de se croire complet par soi et au fond sans Dieu. Mais l'homme vrai est humble.

 

Jésus ne s'y trompe pas : pour lui qui est pourtant irréprochable, point question d'être un homme complet par soi, ni de se faire passer pour tel : l'homme vit de la parole de Dieu, extérieure à lui ; pour Jésus la parole de sa vocation de sa Messie. Et être le Messie passe par l'humilité ; jusqu’à la crucifixion. Jésus ne deviendra pas roi, Messie, par sa propre force. Là, déjà, il a vaincu, il a surmonté l'essentiel de sa tentation.

 

Les deux tentations inverses suivantes ; être le Messie par un coup d’éclat ou par la soumission au diable sont deux voies que Jésus refusera. « C'est par mon Esprit, pas par la force », dit le Seigneur — ni coup d’éclat, ni par un raccourci diabolique.

 

 

 

 

Coup d’éclat : car c’est ce que Jésus se voit proposer par le souffle tentateur : il y avait alors un courant populaire qui attendait la descente du Messie depuis le ciel dans le Temple. La tentation est forte : saute dans le Temple, depuis son sommet. Force le destin. Force les choses. Messie que tu es, les anges te porteront, et tout le peuple te reconnaîtra et sera avec toi pour te porter au pouvoir, en place des dirigeants corrompus et de l’occupant romain.

 

La tentation de s'imaginer chasser les Romains ! Comme si, au-delà des Romains, le problème n’était pas plus profond. Forcer les choses… Ce qui était vrai il y a deux mille ans l'est aussi aujourd'hui.

 

Pour Jésus pas question de tenter Dieu. Pas question de succomber à une tentation si évidemment suicidaire, pour le peuple et pour lui, figurée ici par l'idée de se jeter du haut du Temple.

 

 

 

 

Le diable invite donc à présent Jésus à l'adorer. Là, il s'agit d'idolâtrie, d'abandon du culte de Dieu (rappelons-nous la réponse de Jésus : « tu adoreras Dieu seul ») ; idolâtrie donc, et à l'époque, il s'agit par là indirectement d'alliance avec l'idolâtrie au pouvoir, avec la divinité qu'est César, et donc de collaboration avec les Romains. L’inverse du coup de force, mais qui revient au même.

 

Le satan est — l'illusoire — prétendu propriétaire des royaumes de ce monde : c'est, en effet, que l'Empire romain domine le monde entier d'alors. Il suffirait à Jésus de s'allier à l'Empire par un simple compromis religieux pour s'assurer le règne sur Israël, un compromis qui tout de même revient à adorer le diable, sous la figure de César — Jésus ne s’y trompe pas.

 

Mais me direz-vous, quel sens cela a-t-il aujourd'hui : les idoles romaines n'ont-elles pas disparu, à commencer par César lui-même ? Sous cette forme, bien sûr ! Mais ne nous y trompons pas, l'idole centrale selon le Nouveau testament, idole que tous adorent, n'a pas pour temple les lieux de culte officiels. Elle a un nom, rappelé plus tard par Jésus : Mammon. L’argent qui promet tout, tout de suite. Et pour laquelle se commettent toutes les violences.

 

C'est la figure de la tentation la plus terrible par laquelle le diable réclame l'adoration. Par elle, il a un pouvoir mondial, représenté à l'époque par l'Empire romain, depuis longtemps écroulé, mais qui a bien des successeurs. Mais reconnaissables au fond. Dans la promesse menteuse du « toujours plus » !

 

*

 

Ici, la tentation que Jésus a surmontée pour nous se dévoile : être l'homme sans humilité, tout par soi, pouvant tout, tout de suite. Or, Jésus est Fils de Dieu justement de par sa relation, éternelle, avec Dieu par qui il est ce qu’il est.

 

Et Jésus ne succombe pas. Voulons être quelqu’un à qui tout est donné, tout est dû ? Caprice et repli boudeur : « je veux tout ». Contre cette tentation, la tentation d'être tout par soi, Jésus, le Messie selon Dieu, n'a pas succombé à la tentation d’être le Messie par soi-même ou par les puissants de ce monde. Jésus a vaincu, dans une éternité qui s'accomplira sur la croix.

 

 

 

 

Bonne Année !

Par Rolpoup :: dimanche 02 janvier 2011 à 14:23 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

Les fêtes de Noël

Par Rolpoup :: samedi 18 décembre 2010 à 12:31 :: Général

Et N'oubliez pas :

 

Veillée de Noël au temple d'Antibes 


vendredi 24 décembre à 20h00



Culte de Noël


samedi 25


à 10h15 à Antibes,


à 10h30 à Vence

 

 

 

KT ados - Séance du 18 décembre 2010

Par Rolpoup :: lundi 13 décembre 2010 à 21:31 :: KT Ados

 

 

 

 

 

 

Année 2010-2011

 

 

 

 

VI )   18 décembre 2010

 

la naissance de Jésus (2 – selon Luc)

 

 

Luc 1:26-38 :

26  […] L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth,

27  à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David; cette jeune fille s'appelait Marie. 

28 L'ange entra auprès d'elle et lui dit: "Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi."  

29  A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

30  L’ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

31  Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus.

32  Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père;

33  il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin."

34  Marie dit à l’ange: "Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme?"

35  L’ange lui répondit: "L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu.

36  Et voici que Élisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d’un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile,

37  car rien n’est impossible à Dieu."

38  Marie dit alors: "Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit!" Et l’ange la quitta.

 

*

 

 

La promesse de la présence de Dieu s’accomplit à Noël par la parole adressée à Marie, qui va représenter le peuple de la promesse : « le Seigneur est avec toi ».

 

Par cette parole, une jeune femme va devenir celle en qui la promesse s’accomplit par un renversement. Ce n’est pas un riche et puissant roi qui va la réaliser : elle va s’accomplir, par Marie, dans une famille humble et pour qui, alors, Dieu est tout : sa promesse est leur richesse.

 

Cette humble fille d’Israël devient alors, mieux qu’un grand roi, représentante du peuple, et réceptacle de la promesse.

 

Où son fils, Jésus, sera donc l’héritier de cette promesse faire à David, la même que celle faite à Marie : « le Seigneur est avec toi » qui accompagnait la parole du prophète Nathan : « le Seigneur t'annonce que le Seigneur te fera une maison », à savoir le Temple ; ce qui préfigure le Temple éternel, annoncé bientôt comme le corps du fils de Marie, le corps du Christ ressuscité.

 

Un autre roi à venir, fils de David, pour bâtir le Temple, disait le prophète Nathan : le riche et puissant Salomon dans un premier temps et, se profilant en perspective, le Messie promis.

 

2 Samuel ch. 7, 1-16 :

1  Lorsque le roi [David] fut installé dans sa maison, et que le SEIGNEUR lui eut accordé le repos alentour face à tous ses ennemis,

2  le roi dit au prophète Nathan: "Tu vois, je suis installé dans une maison de cèdre, tandis que l'arche de Dieu est installée au milieu d'une tente de toile."

3  Nathan dit au roi: "Tout ce que tu as l'intention de faire, va le faire, car le SEIGNEUR est avec toi."

4  Or, cette nuit-là, la parole du SEIGNEUR fut adressée à Nathan en ces termes : [...]

8  Maintenant donc, tu parleras ainsi à mon serviteur David: Ainsi parle le SEIGNEUR le tout-puissant : […]

11  […] le SEIGNEUR t'annonce que le SEIGNEUR te fera une maison.

12  Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j'établirai fermement sa royauté.

13  C'est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j'établirai à jamais son trône royal.

14  Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. […]

16  Devant toi, ta maison et ta royauté seront à jamais stables, ton trône à jamais affermi."

 

Le constructeur du Temple : ce sera à la fois « ton fils », selon la promesse de Nathan à David et « le Seigneur » selon le même texte.

 

Le nouveau roi à venir est dévoilé comme étant fils de David et comme le Seigneur.

 

Et voilà auprès d’une humble fille d’Israël, la promesse qui retentit à nouveau dans l’évangile ; annonçant un roi — « il régnera » —, humble ô combien : on est loin de ses ancêtres royaux David et Salomon !

 

Jésus humble fils d’une humble femme, annoncé comme l’auteur du Temple, en deux sens : comme fils de David — dans lignée de Joseph —, et comme le Seigneur, le Fils de Dieu !

 

*

 

« Qui donc posséderait la force de lui bâtir une Maison, alors que les cieux et les cieux des cieux ne peuvent le contenir ? Et qui serais-je, moi, pour lui bâtir une Maison ? » demandait Salomon (2 Chroniques 2:6). « Est-ce que vraiment Dieu pourrait habiter avec les hommes sur la terre ? Les cieux eux-mêmes et les cieux des cieux ne peuvent te contenir ! Combien moins cette Maison que j'ai bâtie ! », disait Salomon (1 Rois 8:27 ; 2 Chroniques 6:18).

 

Alors se dévoile une réalité inouïe : la résurrection dévoile en Jésus le Temple de Dieu. Jésus ressuscité comme lieu du dévoilement de la présence de Dieu, ce qui du coup, est vrai dès sa naissance, comme le révèlera la transfiguration. Parole de Dieu, réceptacle de la parole de Dieu, Jésus dévoile le Temple de Dieu de toute éternité, et dans son humanité, dès sa naissance, dès sa conception. Marie elle-même figure donc le Temple de Dieu ; en ce qu’elle a reçu en son sein la Parole de Dieu. Ainsi la naissance virginale de Jésus, présentée ici, dans l’Évangile de Luc, se trouve tout simplement parler de l’éternité de son fils, relever du monde de la Résurrection, qui dévoile Jésus comme manifestation de la présence de Dieu, qui dévoile le Temple nouveau.

 

Alors la promesse des origines s’ouvre à la dimension qui est la sienne : le Temple de Dieu est tout le peuple de Dieu, à l’image de Marie, pourvu simplement que comme elle il garde la parole de Dieu : « une femme éleva la voix du milieu de la foule, écrit Luc un peu plus loin (Luc 11:27-28) et dit à Jésus : "Heureuse celle qui t'a porté et allaité !". Mais lui, il dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l'observent !" ».

 

Voilà où nous conduit l’Annonciation, réalisant tout à nouveau la promesse faite à David.

 

 

 

 

 

 

KT ados - Séance du 4 décembre 2010

Par Rolpoup :: lundi 29 novembre 2010 à 12:28 :: KT Ados

 


 

 

 

Année 2010-2011

 


 

 

V )   4 décembre 2010
la naissance de Jésus (1 – selon Matthieu)

 


Matthieu 1, 18-25
18  Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit saint.
19  Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement.
20  Il avait formé ce projet, et voici que l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit saint,
21  et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés."
22  Tout cela arriva pour que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit par le prophète :
23  Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : "Dieu avec nous".
24  À son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse,
25  mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

 

*

 

Nous célébrons à Noël celui qui s'est bâti dans le sein de la Vierge Marie, un Temple, un Tabernacle, par lequel sa lumière demeure perpétuellement au milieu de nous (Jean 1). Rappelons-nous la promesse à David : c’est moi qui te ferai un Temple ; ce temple là n’est pas fait de main d’homme. C’est le signe qui nous est donné à travers Joseph.

Comme l’on sait, Matthieu et Luc sont les deux seuls auteurs du Nouveau Testament à donner un récit de la naissance de Jésus. Si Luc nous place pour cela dans la proximité de Marie, Matthieu s'intéresse plus particulièrement à Joseph. À travers cet homme — comme père adoptif de Jésus — transparaît que Dieu seul a l'initiative.

 

*

 

Dieu s'est bâti un Temple, le corps du Ressuscité. Sa parole de salut germe comme petit enfant — parole engendrée dans le sein de la Vierge Marie, sans l'intervention de l'homme. Cela pour que sa lumière demeure perpétuellement au milieu de nous.

 


Le problème de Joseph

 

Pour comprendre ce récit, il faut ne pas buter sur ce qu’il a d’inexplicable (comme celui de Luc). Évidemment que c’est incompréhensible et inexplicable ! Mais précisément, c’est le Dieu de l’inexplicable que Jésus nous fait rencontrer…

Le texte ne nous dit pas comment Joseph savait que Marie était enceinte par l'action du Saint Esprit ; on imagine qu’il suggère qu'à un certain point de la grossesse, Joseph commençait à se poser des questions sur l'embonpoint croissant de sa fiancée.

Passant sur ces questions, le texte nous présente Joseph au moment où il envisage de prendre des résolutions : rompre secrètement — car « il était un homme de bien », nous dit l'Évangile.

Pour signaler la gravité de ce qui se passe, il faut savoir qu'à l'époque, les fiançailles étaient un contrat que normalement on ne rompait pas. C'était déjà un mariage, en quelque sorte ; une rupture était donc comme un divorce. Et il était inconcevable qu'avant le mariage proprement dit, le fiancé s’approche de sa promise. On restait à une distance relative, on était simplement promis l’un à l’autre, et cela ne se rompait pas.

D'où le problème qui se pose à Joseph : s'il ne rompt pas, on va le soupçonner lui d’avoir manqué de respect à sa promise ; et naturellement, de plus, il n'était peut-être pas non plus forcément enthousiaste à l'idée d'épouser une femme qui apparemment l’avait trompé. Mais s'il rompt, il expose Marie à l'humiliation publique, et par là-même à un avenir des plus sombres : ce qu'il veut lui épargner.

Joseph envisage donc une voie moyenne : la rupture secrète.

C'est un ange, perçu en songe, qui le retient de mettre son projet de rupture à exécution et le rassure sur la probité de Marie. (Joseph nous sera souvent montré dans son sommeil — trois fois — rencontrant des anges.) Le songe est le lieu de communication entre notre monde et les mondes supérieurs. Et Joseph doute d'autant moins de la parole angélique qu'il est vraisemblablement prêt à faire confiance à Marie.

 

 

 


L'initiative divine

 

Et cela rejoint son espérance de la venue prochaine d'un Messie, sauveur du peuple. Et voilà que c'est à lui qu'il est confié, selon la vision qu’il a en songe.

Ainsi Joseph, à son réveil, obéit à la vision angélique. Joseph adoptera donc Jésus.

Et là nous sommes directement concernés. Mais quel rapport entre l’adoption de Jésus par Joseph et nous ? me direz-vous. En quoi cette naissance me concerne-elle ? Qu’en est-il pour moi au-delà de la simple histoire de cette jeune fille, Marie, qui a un enfant sans que son fiancé n’y soit pour rien ?

Ce qui me concerne est là : Qu’est-ce que Joseph reçoit ? Joseph adopte Jésus comme son enfant. Comme le nom même de Jésus l’indique (1, 21), il porte le salut du Seigneur ; le nom Jésus signifiant « le Seigneur sauve » ; il est lui-même en sa chair, la lumière et la Parole de Dieu, notre vie éternelle, le projet de Dieu pour nous.

Eh bien, c’est cela qu’il s’agit pour nous aussi d’adopter : le salut de Dieu, son projet pour nous — pour que s’accomplisse la promesse selon laquelle Dieu sera avec nous : Emmanuel.

Où se résout le fameux dilemme, savoir si l’enfant s’appelle Jésus ou Emmanuel. Le Seigneur sauve, selon le nom « Jésus » — et ce salut est sa présence avec nous — Emmanuel, Dieu avec nous ; selon la promesse de la bénédiction : « le Seigneur est avec toi ». Jésus présence de Dieu parmi nous, demeure de Dieu, son Temple, ce qu’il nous faut être à notre tour.

Recevoir, comme Joseph l’a reçu, le don miraculeux de Dieu, c’est cela être sauvé.

 

 

 

 

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